L’Université de Sfax a organisé, samedi 29 novembre 2025, la première édition du Sfax Innovation Day, en partenariat avec le Centre de recherche en numérique, à l’Institut supérieur de gestion industrielle de Sfax (ISGI). Un rendez-vous qui se veut fondateur, dans un contexte où l’intelligence artificielle n’est plus un luxe académique, mais un levier stratégique incontournable.
En marge de cette rencontre, le président de l’Université de Sfax, Ahmed Haj Kacem, a déclaré à Réalités Online que cette initiative s’inscrit dans une série de rencontres baptisées “Journées de l’innovation”, destinées à rapprocher l’université des grandes mutations technologiques mondiales. L’objectif est clair : imposer l’intelligence artificielle comme un pilier central des formations et de la recherche, et non comme un simple thème conjoncturel.
Le responsable a souligné que l’Université de Sfax travaille actuellement à l’élaboration de nouveaux programmes intégrant l’intelligence artificielle dans plusieurs disciplines, au sein de ses différentes structures pédagogiques. Une orientation qui traduit, enfin, une prise de conscience institutionnelle face à l’ampleur des transformations numériques. Il a également annoncé l’achèvement d’un centre spécialisé à la Faculté des sciences de Sfax, doté des équipements techniques nécessaires au développement des applications liées à l’IA.
L’ancien ministre des Finances, l’économiste et ingénieur Nizar Yaïche, a animé une conférence de fond sur le thème : « Intelligence artificielle, géopolitique et finance internationale : la nouvelle équation de la puissance mondiale ». Une analyse sans complaisance des rapports de force internationaux à l’ère des algorithmes, où la donnée devient une arme et l’innovation un facteur de souveraineté.
Au-delà des discours, le Sfax Innovation Day a surtout ouvert un débat de fond entre universitaires, chercheurs et experts sur les mutations profondes que l’intelligence artificielle impose à l’enseignement, à l’économie et à la société. Une première édition prometteuse, certes, mais qui pose une question de fond : la Tunisie saura-t-elle transformer ces intentions en véritables politiques d’innovation, durables et audacieuses ?