Par Aïssa Baccouche
Israël a frappé fort à Gaza. Tsahal n’y va pas avec le dos de la cuillère. Tonnent les canonnières. Bombardez, fracassez et rasez : tels sont les mots d’ordre que lui assène le matador Benyamin, L’émule du pyromane romain Néron (37-68) met cette enclave si convoitée à feu et à sang.
Ce forfait se déploie à visage découvert en face de l’humanité tout entière. L’Univers est témoin du déchainement des forces de la barbarie. En regardant ces images fantasques des besognes macabres que nous offre en boucle la civilisation judéo-chrétienne, on se sent fourbu eu égard à l’acharnement carnassier de cette meute de sauvages du premier quart de ce 21ème siècle.
Nos yeux sont embués par la fumée dégagée par ces « chênes » qu’on abat.
Non seulement on exhorte les vivants vers l’exode, mais du bâti on fait table rase.
N’ayons pas peur des mots : Israël commet à Gaz un urbicide.
Selon les Nations-Unies, 80% des bâtiments résidentiels y sont détruits. Exit les lieux de vie des palestiniens. Enfouies leurs histoire et identité. Dépossédés, ils sont désormais des invisibles.
C’est le but avoué de cette nouvelle guerre de cent ans qui remonte à la funeste déclaration d’Arthur Balfour (1848-1930) en 1917.
Exterminer l’autre, c’est déjà vu lors de la conquête de l’Amérique. Sur cette terre natale de l’Imam Shafï (567-820) est-ce un remake ? Attendons voir.
Bien sûr, ce racisme israëlien subira les mêmes affres qui le nazisme allemand.
C’est Reev Sternell (1935-2020) historien israélien qui a osé ce rapprochement. Dans une tribune au journal Le monde du 18 février 2018, il s’inquiétait de voir en Israël « non pas un simple racisme local mais un racisme proche du nazisme. Les va-t-en guerre de Tel-Aviv se targuent avec arrogance d’avoir l’armée la plus puissante de la région. Karoun, lui aussi, se pavanait avec ostentation en exhibant sa fortune. Or l’on sait ce que cela lui coûta.
« Karoun appartenait au peuple de Moïse. Il les écrasa de sa force et nous lui donnâmes une quantité de trésors telle que leurs clefs auraient fait ployer sous leur poids un grand nombre d’hommes. Lorsque son peuple lui dit : « Ne te réjouis point ! Dieu n’aime pas ceux qui se réjouissent »
« Le récit, verset 76 »
Il fut englouti sous terre avec sa fortune.
Ainsi, périssent les fanfarons, cruellement.
Solomon, roi d’Israël avait bien averti ses ouailles qu’« on est puni par où l’on a pêché »
Gaza aujourd’hui martyrisé renaîtra assurément de ses ruines. Tel fut le sort de Dresde en Allemagne réduite en cendres en Février 1944, Hiroshima soufflée en Août de la même année, Saigon pilonnée jusqu’en 1975.
C’est Fernand Braudel (1902-1985) qui définit l’Histoire comme « une interrogation du passé à partir du présent ».