Cette vidéo réalisée ce lundi 9 février 2026 est une accusation implacable contre l’abandon . Elle expose un paysage dégradé, révoltant, indigne d’une capitale et révélateur d’un manquement grave et prolongé au devoir le plus élémentaire de gestion de l’espace public.
Le scandale est d’autant plus insupportable que la voie concernée n’est autre que l’avenue de la République. Un nom lourd de sens, qui renvoie aux valeurs fondatrices de la République : responsabilité, respect du citoyen, protection de l’intérêt général et primauté du bien commun. Or, ce qui est donné à voir ici est l’exact opposé de ces principes. Cette avenue, censée incarner l’autorité de l’État et la dignité de la chose publique, est aujourd’hui livrée aux eaux stagnantes, à la saleté et à l’indifférence.
Il est proprement incohérent, pour ne pas dire hypocrite, de célébrer à l’international une capitale classée à la fin de l’année 2024 par le magazine américain AOL parmi les trois destinations les plus spectaculaires et méconnues au monde — deuxième derrière Vienne et devant Port Douglas — tout en laissant l’une de ses artères les plus symboliques sombrer dans un état de délabrement avancé. Ce contraste violent révèle le gouffre entre les discours officiels et la réalité quotidienne imposée aux citoyens.
Depuis plus de dix jours, l’avenue de la République est envahie par des eaux croupissantes en provenance de l’ancien port de Tunis à la suite de fortes intempéries que Tunis avait connues, sans qu’aucune action efficace ne soit engagée. Dix jours d’inaction qui constituent une faute administrative caractérisée. Car laisser perdurer une telle situation, en pleine capitale, sur une voie stratégique, ne relève plus de l’imprévu mais bien d’une négligence délibérée.
Les odeurs pestilentielles, la circulation paralysée, les risques sanitaires et l’humiliation quotidienne subie par les habitants, les commerçants dont les activités sont de fait condamnées et les usagers de cette avenue sont le prix direct de cette défaillance. Ce n’est plus seulement un problème d’infrastructures, c’est une atteinte frontale à la dignité du citoyen.
Que l’avenue porte le nom de la République rend cette situation encore plus accablante : une République qui laisse son nom associé à l’abandon et au mépris de l’intérêt général trahit ses propres principes. Les autorités ne peuvent plus se réfugier dans le silence ou l’inaction. Elles doivent répondre de ce manquement, assumer leurs responsabilités et agir sans délai.