Violence en milieu scolaire : Près d’un élève sur trois concerné par des violences physiques

A teacher speaks to pupils in a primary school class at the Pierre Mendes France school in Clermont-Ferrand at the start of the new school year on September 4, 2017. - As part of reforms to the Education system, many primary school classes have been halved in size. (Photo by Thierry Zoccolan / AFP)

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Une enquête menée par l’UNICEF pour le ministère de l’Éducation révèle que le taux d’exposition des élèves à la violence physique est de 28,4 %. Ce chiffre se décompose entre les élèves victimes une seule fois, qui représentent 12,5 %, et ceux subissant des violences à plusieurs reprises, qui constituent 15,9 % de l’ensemble. Par ailleurs, les garçons sont globalement plus exposés à ce type de violence que les filles.

Les données indiquent que près de 40 % des violences physiques sont commises par les élèves eux-mêmes. Qui plus est, la majorité de ces actes se produisent dans l’enceinte des établissements scolaires, avec un taux de 57 %. En effet, 25,8 % des violences ont lieu dans les cours de récréation et 19,7 % dans les salles de classe. Cette tendance s’accentue pendant les temps libres, qui concentrent 16,8 % des cas. D’autre part, le chemin de l’école est aussi un lieu à risque, puisqu’il représente 19,6 % des violences physiques déclarées. En parallèle, la violence verbale est très répandue, car 61,4 % des élèves interrogés affirment avoir été victimes de moqueries ou d’insultes. Dans ce domaine spécifique, les filles sont plus touchées que les garçons, avec des taux respectifs de 76,8 % et 58,5 %.
L’étude, dont la collecte des données se poursuivra jusqu’en 2025, montre des écarts entre les gouvernorats. Ainsi, plus d’un élève sur trois est concerné par la violence physique à Ariana, Kasserine, Kef et Gabès. À l’inverse, les gouvernorats de Tozeur, Gafsa et Tunis affichent des taux plus bas, avec moins d’un élève victime sur quatre. Cette enquête nationale s’appuie sur trois volets principaux. Le premier a concerné 3 098 élèves âgés de 12 à 18 ans, interrogés dans 40 établissements répartis sur 11 gouvernorats. Le deuxième volet s’est intéressé à 487 adolescents ayant quitté le système scolaire, afin d’examiner un lien potentiel avec la violence. Enfin, 751 personnels de l’éducation ont été interrogés pour évaluer la préparation des institutions face à ces situations.

Ces résultats ont été présentés lors d’une conférence nationale réunissant le ministre de l’Éducation, des représentants de plusieurs ministères, de l’UNICEF et de la société civile. L’objectif de cette démarche est d’élaborer un plan national précisant les rôles de chacun dans la prévention et la lutte contre la violence en milieu scolaire. Par conséquent, la stratégie vise à impliquer l’ensemble des acteurs directs et indirects du système éducatif, depuis les élèves et les enseignants jusqu’aux familles et aux autorités locales. La prochaine étape consistera à traduire ces diagnostics chiffrés en mesures opérationnelles pour sécuriser les espaces scolaires.

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