Le paysage de la richesse en Afrique présente une évolution contrastée en cette mi-2025. Selon le dernier Africa Wealth Report, le continent compte désormais 25 milliardaires, soit une augmentation de quatre par rapport à l’année précédente. Paradoxalement, le nombre de millionnaires a diminué de 12 700 personnes pour s’établir à 122 500, représentant une baisse de 9,40%. Cette contraction s’explique principalement par des mouvements migratoires de capitaux et les effets de variation des taux de change face au dollar américain.
La répartition des fortunes africaines révèle une concentration extrême dans quelques pays seulement. Sur les 54 nations du continent, les dix principales regroupent 75,43% des millionnaires, 79,02% des centi-millionnaires et 92% des milliardaires. L’Afrique du Sud maintient sa position dominante avec 41 100 millionnaires, ce qui équivaut à 34% du total continental. Ce chiffre correspond au nombre combiné de millionnaires de l’Égypte, du Maroc, du Nigeria, du Kenya et de Maurice. Malgré un solde migratoire négatif de 250 millionnaires, le pays a malgré tout enregistré une croissance de 9,9% de sa population de millionnaires.
Certaines nations émergent comme destinations privilégiées pour les fortunes mobiles. Le Maroc a ainsi gagné deux places au classement régional, attirant un solde net de plus de 100 millionnaires dont la richesse collective est estimée à 0,9 milliard de dollars. Maurice présente une attractivité comparable avec un afflux net de 100 millionnaires supplémentaires. Les Seychelles, avec seulement 130 000 habitants, figurent désormais dans le top 20 africain grâce à l’arrivée de 50 millionnaires supplémentaires. Ces mouvements s’effectuent parallèlement à une migration vers des destinations extra-africaines, notamment Dubaï qui continue d’attirer les capitaux continentaux.
Le rapport indique par ailleurs que le nombre de centi-millionnaires a légèrement progressé pour atteindre 348 individus. Les perspectives à long terme restent positives puisque les experts anticipent une augmentation de 65% du nombre de millionnaires africains au cours de la prochaine décennie. Cette projection suggère que les dynamiques actuelles de recomposition spatiale des richesses pourraient se poursuivre tout en s’accompagnant d’une création de valeur substantielle sur l’ensemble du continent.