Voitures électriques en Tunisie : un cap ambitieux pour 2035 malgré un démarrage timide

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La Tunisie amorce progressivement sa transition vers la mobilité électrique, mais le chemin reste encore long. À ce jour, le pays ne compte que 570 voitures électriques en circulation, selon Abdelhamid Kanouni, directeur de l’efficacité énergétique dans le secteur du transport à l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME). Ce chiffre, bien qu’en hausse par rapport aux 250 véhicules recensés en 2024, reste modeste face aux objectifs ambitieux fixés pour 2035.

Un objectif clair : 125 000 véhicules électriques d’ici 2035

La vision des autorités est pourtant claire : faire passer le parc électrique à 125 000 véhicules, accompagnés de 12 000 bornes de recharge publiques à l’horizon 2035. Mais cette transformation ne peut se limiter à une simple substitution technologique. Pour être réellement bénéfique sur le plan environnemental, l’électricité alimentant ces véhicules devra provenir des énergies renouvelables, et non des sources fossiles.

Invité à s’exprimer sur les ondes de la Radio nationale, Abdelhamid Kanouni a souligné que cette transition énergétique ne vise pas uniquement la modernisation du parc automobile, mais aussi la réduction significative des émissions polluantes et une meilleure qualité de vie dans les villes.

Des mesures incitatives pour lever les freins

Pour encourager l’adoption des voitures électriques, l’État a mis en place un arsenal de mesures fiscales. Parmi celles-ci :

  • l’exonération des droits de douane à l’importation,

  • la réduction de la TVA de 19 % à 7 %,

  • une baisse de 50 % sur les frais d’immatriculation,

  • et une réduction équivalente sur la taxe de circulation annuelle.

Ces allègements ont permis de rapprocher les prix des véhicules électriques de ceux des modèles thermiques, levant ainsi l’un des principaux obstacles à leur adoption.

Des projets concrets sur le terrain

Au-delà des incitations financières, l’ANME déploie plusieurs initiatives sur le terrain. Des municipalités comme Djerba, Sfax et Bizerte participent à des projets pilotes visant à remplacer une partie de leur flotte par des véhicules électriques. D’autres programmes ciblent les établissements publics, avec pour objectif de créer un effet d’entraînement dans l’ensemble de la société.

Un marché encore trop restreint

Mais malgré ces efforts, le marché reste embryonnaire. Sur une cinquantaine de concessionnaires automobiles en Tunisie, seuls neuf proposent aujourd’hui des modèles électriques. Un déséquilibre que déplore Abdelhamid Kanouni, appelant à une implication plus large des acteurs économiques et institutionnels.

La mobilité électrique ne se résume pas à une tendance mondiale que la Tunisie suivrait par mimétisme. C’est une nécessité environnementale et économique. Si le rythme actuel reste timide, la dynamique engagée pourrait s’accélérer, à condition de renforcer l’offre, les infrastructures… et de convaincre les Tunisiens que le changement est non seulement possible, mais souhaitable.

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