La hausse des prix des billets d’avion s’installe dans la durée, portée par la guerre en Iran et les perturbations du détroit d’Ormuz, qui font flamber les prix du pétrole.
Les perturbations maritimes dans le détroit d’Ormuz, à la suite de l’attaque israélo-américaine du 28 février dernier, ont provoqué une hausse rapide des cours du pétrole brut sur les marchés internationaux. Cette augmentation s’est répercutée directement sur le coût du kérosène, contraignant certaines compagnies à ajuster leurs tarifs à la hausse.
Hausse des prix, réduction de l’offre et annulation de vols
Aujourd’hui, ce sont les voyageurs qui supportent les conséquences de la flambée des prix du kérosène. Selon une étude du groupe Transport & Environnement relayée par Tunisie Numérique, les passagers au départ d’Europe peuvent désormais payer plus de 100 dollars supplémentaires sur certains vols long-courriers par rapport à la période d’avant-conflit. Cette hausse est amenée à durer et un retour à la normale ne devrait pas intervenir avant plusieurs mois, selon l’Association internationale du transport aérien. En effet, les prix baissent beaucoup plus lentement qu’ils n’augmentent. Comme l’explique un professeur de marketing et de stratégie, le secteur fonctionne selon une logique de « fusée et de plume » : les prix grimpent très vite lorsque le carburant augmente, mais redescendent beaucoup plus lentement lorsqu’il baisse. Malgré une accalmie liée à la réouverture temporaire du détroit d’Ormuz, les cours du pétrole restent à des niveaux supérieurs aux prévisions budgétaires des compagnies.
Les compagnies aériennes craignent également des pénuries qui pourraient les pousser à annuler des vols. Pour éviter cette éventualité, l’Union européenne envisage d’imposer aux États membres des réserves minimales de kérosène, qui pourraient être utilisées en cas d’urgence. La Commission européenne doit également présenter une série de mesures visant à sécuriser l’approvisionnement, dont la création d’un nouvel observatoire des carburants chargé de surveiller les niveaux de stocks et les flux, en commençant par le kérosène.
Les compagnies aériennes diminuent également leur offre globale : moins de destinations, moins de fréquences sur certaines lignes… Pour le mois de mai, des baisses allant de 0 à 5 % de leurs programmes de vols sont déjà prévues. Certaines envisagent même d’aller plus loin : Ryanair évoque par exemple une réduction pouvant atteindre 5 à 10 % si les prix du carburant restent élevés.
Des incertitudes persistantes
Alors que la haute saison du transport aérien s’apprête à commencer, l’évolution des prix et la stabilité des routes d’approvisionnement restent difficiles à prévoir. Dan Jørgensen, commissaire européen à l’énergie, a averti que l’été serait « difficile, même dans le meilleur des cas ». Le transport aérien mondial se retrouve dans une situation délicate, contrainte d’absorber un choc énergétique majeur.
*Photo d’illustration générée par l’IA
R.L