{"id":1457,"date":"2012-06-07T02:57:12","date_gmt":"2012-06-07T01:57:12","guid":{"rendered":"http:\/\/www.realites.com.tn\/demo\/?p=1457"},"modified":"2012-06-07T02:57:12","modified_gmt":"2012-06-07T01:57:12","slug":"reportage-nord-ouest-au-bord-de-lexplosion","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/realites.com.tn\/fr\/reportage-nord-ouest-au-bord-de-lexplosion\/","title":{"rendered":"Reportage Nord Ouest : Au bord de l\u2019explosion ?"},"content":{"rendered":"<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t<strong><em>La col&egrave;re gronde dans les r&eacute;gions. En cause, un ralentissement dans la r&eacute;alisation des projets de d&eacute;veloppement et l&rsquo;ins&eacute;curit&eacute; qui prend de l&rsquo;ampleur. Une visite dans le Nord-ouest de la Tunisie, en l&rsquo;occurrence au Kef, Dahmani, Jendouba et Thala,&nbsp; le confirme. <\/em><\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\t<strong><em>Reportage<\/em><\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\tJeudi 24 mai, environ mille personnes se sont regroup&eacute;es devant le si&egrave;ge de la municipalit&eacute; du Kef pour exprimer leur m&eacute;contentement quant &agrave; l&rsquo;enveloppe d&rsquo;investissements allou&eacute;e &agrave; leur gouvernorat. A l&rsquo;origine de ce sit-in de protestation, un groupe de jeunes qui ont lanc&eacute; l&rsquo;appel sur facebook. Rapidement,&nbsp; 6000 personnes ont confirm&eacute; leur participation.&nbsp;&laquo;Nous avons voulu que cette manifestation soit la plus large possible et qu&rsquo;elle soit loin de toute appartenance partisane&raquo;, indique Houcem Charni, un des organisateurs.&nbsp; Elle avait en fait r&eacute;uni des repr&eacute;sentants des jeunes ch&ocirc;meurs, ceux des associations et des diff&eacute;rents partis pr&eacute;sents, ainsi que des syndicalistes. La population s&rsquo;est vite ralli&eacute;e &agrave; eux. &laquo;Le&nbsp;Kef a eu la plus basse enveloppe d&rsquo;investissement &agrave; l&rsquo;&eacute;chelle nationale, 0,67%&nbsp; du Budget de l&rsquo;Etat, soit 144.942MDT&raquo;, comme l&rsquo;indique le communiqu&eacute; de l&rsquo;initiative de protestation &laquo;A3tini Hakki&raquo; (Donne moi mon droit). Ce sentiment d&rsquo;injustice &agrave; l&rsquo;&eacute;gard de la r&eacute;gion est partag&eacute; par une large frange des K&eacute;ffois qui ne cessent de faire les comparaisons avec d&rsquo;autres r&eacute;gions environnantes, en estimant qu&rsquo;elles ont eu plus de chance. L&rsquo;autre point sur lequel insiste les protestataires est que les projets propos&eacute;s par le gouvernement, pr&eacute;sent&eacute;s lors d&rsquo;une visite d&rsquo;une d&eacute;l&eacute;gation minist&eacute;rielle &agrave; la ville, ne sont pas r&eacute;ellement cr&eacute;ateurs d&rsquo;emploi. Il est vrai qu&rsquo;il s&rsquo;agit de 227 projets mais, selon eux, ce sont pour la plupart des petits projets d&rsquo;infrastructure qui peuvent g&eacute;n&eacute;rer un nombre limit&eacute; de postes de travail et pour une p&eacute;riode courte, de surcroit.&nbsp; &laquo;Ce n&rsquo;est pas avec la construction de salles de classes dans une &eacute;cole ou d&rsquo;un restaurant dans un lyc&eacute;e ou encore avec les travaux d&rsquo;am&eacute;nagement d&rsquo;une route agricole&nbsp; qu&rsquo;on va r&eacute;soudre les probl&egrave;mes de d&eacute;veloppement dans la r&eacute;gion&nbsp;!&raquo;, lance Malek Guesmi de l&rsquo;association &laquo;Hor nekhdem bidi&raquo; (Libre, je travaille de mes propres mains).\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>Projets de d&eacute;veloppement au Kef&nbsp;: du r&eacute;chauff&eacute;&nbsp;!<\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\tLe Bureau r&eacute;gional de l&rsquo;UGTT au Kef va encore loin en rappelant que la majorit&eacute; de ces projets datent du 11&egrave;me Plan de Ben Ali et qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas eu r&eacute;ellement d&rsquo;effort d&rsquo;inventivit&eacute; &agrave; ce niveau. Le secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral, Ibrahim Guesmi a d&eacute;plor&eacute; un manque de concertation de la part du pouvoir, avec les forces vives de la r&eacute;gion notamment avec l&rsquo;UGTT qui avait d&eacute;j&agrave; pr&eacute;par&eacute;, depuis 2006, une vision des&nbsp; grands projets &agrave; r&eacute;aliser pour relancer le d&eacute;veloppement au Kef, parmi lesquels&nbsp;on note une usine de phosphate &agrave; Sraouartane (elle pourrait g&eacute;n&eacute;rer entre 2000&nbsp;et 3000 emplois), le rallongement de l&rsquo;autoroute, une usine de Ciment &agrave; Zouarine, les travaux d&rsquo;alimentation en gaz naturel du gouvernorat, des zones industrielles au Sers et &agrave; Sakiet Sidi Youssef et la r&eacute;ouverture des mines de fer &agrave; Kala&acirc;t Senen et du phosphate &agrave; Tajerouine, ainsi que la cr&eacute;ation d&rsquo;une soci&eacute;t&eacute; d&rsquo;environnement pour parier aux d&eacute;g&acirc;ts caus&eacute;s par la mine de phosphate de Kal&acirc;at Khasba. &laquo;Nous avons estim&eacute; les besoins en d&eacute;veloppement au Kef &agrave; 800 MDT, or l&rsquo;Etat ne lui a accord&eacute; qu&rsquo;environ 145&nbsp;MDT, sans tenir compte en plus de nos propositions&raquo;, affirme Guesmi.\n<\/p>\n<p>\n\tEn r&eacute;action &agrave; cela, le Bureau r&eacute;gional avait appel&eacute; &agrave; une gr&egrave;ve g&eacute;n&eacute;rale lundi 4 juin. Mais les n&eacute;gociations avec le gouvernement avaient abouti, la veille, &agrave; un compromis, lequel stipule la programmation du projet de Sraourtane dans le budget de 2012, l&rsquo;acc&eacute;l&eacute;ration des proc&eacute;dures administratives pour lancer les zones industrielles, le traitement des d&eacute;g&acirc;ts environnementaux de la mine de Kal&acirc;at Khasba et l&rsquo;organisation de r&eacute;unions de travail r&eacute;guli&egrave;res entre les ministres et le bureau r&eacute;gional de l&rsquo;UGTT. La gr&egrave;ve a &eacute;t&eacute; donc annul&eacute;e.\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>Jendouba&nbsp;: bras de fer entre gouvernement et UGTT<\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\tCe n&rsquo;est pas le cas &agrave; Jendouba o&ugrave; ce qui &eacute;tait pr&eacute;vu le mardi 5 juin, a &eacute;t&eacute; maintenu. Selon Slim Tissaoui, Secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral du Bureau r&eacute;gional de l&rsquo;UGTT, les n&eacute;gociations avec le gouvernement ont &eacute;chou&eacute;. En cause, un d&eacute;saccord autour des projets allou&eacute;s &agrave; la r&eacute;gion. L&rsquo;UGTT avait pr&eacute;sent&eacute; une s&eacute;rie de suggestions. Il n&rsquo;a eu de r&eacute;ponse favorable qu&rsquo;&agrave; tr&egrave;s peu d&rsquo;entre elles, &agrave; savoir la cr&eacute;ation de deux zones industrielles (or, il a demand&eacute; la cr&eacute;ation de quatre zones) et le rallongement de l&rsquo;autoroute Oued Zarga-B&eacute;ja de 15 km pour atteindre Jendouba. Tissaoui a estim&eacute; que les 180 projets (avec un co&ucirc;t total de&nbsp; 660 millions de dinars), pr&eacute;sent&eacute;s par le gouvernement, ne refl&egrave;tent pas les besoins r&eacute;els du gouvernorat. &laquo;Il s&rsquo;agit de projets d&rsquo;infrastructure que l&rsquo;Etat est appel&eacute; &agrave; r&eacute;aliser normalement et, de surcroit, ils &eacute;taient dans leur majorit&eacute; programm&eacute;s avant la r&eacute;volution&raquo; souligne t-il. Ce qu&rsquo;il faut selon lui, c&rsquo;est la cr&eacute;ation de zones industrielles, la r&eacute;ouverture des usines qui sont rest&eacute;es en stand by comme &agrave; Tabarka et l&rsquo;annulation des dettes des agriculteurs.\n<\/p>\n<p>\n\tLa situation actuelle ne peut qu&rsquo;augmenter la frustration de la jeunesse sur place, laquelle continue &agrave; attendre de voir les grands projets d&rsquo;investissement qui n&rsquo;arrivent jamais. Aymen Mejri est l&rsquo;un de ces 12&nbsp;000 dipl&ocirc;m&eacute;s ch&ocirc;meurs du gouvernorat. Il a eu une maitrise en Finances depuis 2010 et reste dans l&rsquo;expectative d&rsquo;un poste de travail. Sauf, que lui, a choisi d&rsquo;&ecirc;tre positif, en essayant de remplir son temps par l&rsquo;organisation d&rsquo;actions civiques au profit de la communaut&eacute;.&nbsp; Depuis le d&eacute;but de l&rsquo;ann&eacute;e, lui et dix autres personnes, ont lanc&eacute; une s&eacute;rie d&rsquo;actions&nbsp; d&rsquo;ordre environnemental et culturel. La derni&egrave;re en date a &eacute;t&eacute; organis&eacute;e ce dimanche, 3 juin, en pr&eacute;vision de la Journ&eacute;e mondiale de l&rsquo;Environnement, en impliquant des enfants et des jeunes. Aymen ne cache pas sa d&eacute;ception quand aux programmes pr&eacute;sent&eacute;s par l&rsquo;Etat, mais il refuse de baisser les bras.\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>Thala&nbsp;: une ville martyris&eacute;e jusqu&rsquo;au bout&nbsp;!<\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\tA Thala, la ville qui a donn&eacute; sept martyrs &agrave; la r&eacute;volution, la situation &eacute;conomique est au plus bas. Pas de projets, pas d&rsquo;investissements, pas de police (depuis le 12 janvier). Les deux seules usines de la ville ont des probl&egrave;mes. L&rsquo;une fonctionne, l&rsquo;autre non. La ville souffre de probl&egrave;mes &eacute;conomiques chroniques comme nous l&rsquo;a expliqu&eacute; la population. Pourtant, ce ne sont pas les ressources naturelles qui manquent, puisqu&rsquo;elle abrite de grandes carri&egrave;res de marbre et de ciment. Le probl&egrave;me est que ces ressources sont exploit&eacute;es ailleurs, au grand dam des habitants.&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\tDepuis toujours, les habitants demandaient &agrave; avoir plus d&rsquo;usines, pour f&eacute;d&eacute;rer de l&rsquo;emploi et emp&ecirc;cher leurs fils d&rsquo;immigrer vers le Sahel o&ugrave; la mati&egrave;re premi&egrave;re (notamment le marbre) est&nbsp; transform&eacute;e. Quel paradoxe&nbsp;! La population a m&ecirc;me mis &agrave; la disposition de l&rsquo;Etat une parcelle de terre afin de cr&eacute;er une zone industrielle&nbsp; de 21 ha, mais rien n&rsquo;a &eacute;t&eacute; fait c&ocirc;t&eacute; gouvernemental depuis.\n<\/p>\n<p>\n\tAutre exigence, c&rsquo;est de r&eacute;gler la situation des milliers d&rsquo;hectares des terres des coop&eacute;ratives&nbsp; afin de permettre aux agriculteurs qui les exploitent d&rsquo;avoir des titres fonciers, et donc de pouvoir stipuler pour des cr&eacute;dits bancaires.\n<\/p>\n<p>\n\tLa population r&eacute;clame aussi une station d&rsquo;&eacute;puration d&rsquo;eau, vu que les eaux sont contamin&eacute;es par les d&eacute;chets des usines, provoquant chez les habitants des infections graves et des maladies.\n<\/p>\n<p>\n\tUn effort est aussi demand&eacute; au niveau de l&rsquo;infrastructure, pour relier Thala au chemin de fer (loin de 7 km) et cr&eacute;er des centres de formations, des instituts d&rsquo;&eacute;tudes technologiques, un h&ocirc;pital r&eacute;gional, des filiales bancaires pour attirer l&rsquo;investissement et un centre de thermalisme &agrave; Kla&acirc;, etc.\n<\/p>\n<p>\n\tMohamed Jouini, secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral du Bureau local de l&rsquo;UGTT, estime que ces r&eacute;clamations ne repr&eacute;sentent pas un luxe pour les habitants de la r&eacute;gion, mais des demandes urgentes, si l&rsquo;on veut redonner espoir &agrave; une population qui commence d&eacute;j&agrave; &agrave; sombrer dans l&rsquo;abattement le plus complet. &laquo;J&rsquo;esp&egrave;re que le gouvernent ne se rappellera pas de nous uniquement&nbsp; chaque 14 janvier, pour nous oublier &agrave; jamais apr&egrave;s&raquo;, lance Hafedh, un dipl&ocirc;m&eacute; ch&ocirc;meur.\n<\/p>\n<p>\n\tAinsi, c&rsquo;est le bras de fer entre UGTT et gouvernement &agrave; Thala. Une gr&egrave;ve g&eacute;n&eacute;rale a &eacute;t&eacute; organis&eacute;e le 21 mai, &agrave; laquelle ont aussi pris part, les diff&eacute;rentes forces vives de la ville, notamment&nbsp; l&rsquo;Union des Dipl&ocirc;m&eacute;s Ch&ocirc;meurs (UDC). Mais pas de r&eacute;sultats. Ce qui implique que la lutte continue.\n<\/p>\n<p>\n\tMoncef Sayhi de l&rsquo;UDC,&nbsp; consid&egrave;re qu&rsquo;il y a un dialogue de sourds entre les ministres et les habitants dans la r&eacute;gion. Son organisation en a rencontr&eacute; quelques uns, m&ecirc;me de l&rsquo;&eacute;poque de B&eacute;ji Caid Essebssi, mais toujours pas d&rsquo;actions concr&egrave;tes. Ce qui le pr&eacute;occupe aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est surtout que la ville puisse avoir un quota des postes de la fonction publique. N&eacute;anmoins, il d&eacute;plore la continuation&nbsp; d&rsquo;un syst&egrave;me de complaisance dans le recrutement.\n<\/p>\n<p>\n\tA cette situation explosive, il faudra y ajouter le grand probl&egrave;me qui existe actuellement &agrave; l&rsquo;usine du marbre qui depuis environ deux mois, ne fonctionne plus, mettant pr&egrave;s 150 employ&eacute;s au ch&ocirc;mage. Ces derniers ont exig&eacute; une s&eacute;rie de mesures pour l&rsquo;am&eacute;lioration de leurs situations professionnelles,&nbsp; &agrave; savoir b&eacute;n&eacute;ficier des primes d&rsquo;encouragement et de bilan, de promotions pour les travailleurs qui sont sur le point de partir &agrave; la retraite et l&rsquo;application de la loi en ce qui concerne le tarif des heures suppl&eacute;mentaires le dimanche. &laquo;Pendant un mois, nous avons port&eacute; le brassard rouge pour protester mais la direction n&rsquo;a pas r&eacute;agi, nous avons donc d&eacute;cid&eacute; d&rsquo;emp&ecirc;cher le marbre transform&eacute; de sortir de l&rsquo;usine&raquo;, explique Mnaour Haddaoui, secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral adjoint du syndicat du l&lsquo;usine de marbre &agrave; Thala. La direction a d&eacute;cid&eacute; d&rsquo;arr&ecirc;ter l&rsquo;activit&eacute;, mais les employ&eacute;s ont continu&eacute; &agrave; venir chaque jour pour pointer. Les n&eacute;gociations vont bon train avec l&rsquo;UGTT et le minist&egrave;re des Affaires sociales. Elles ne semblent vraiment pas avancer.\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>Les salafistes font ravage&nbsp;!<\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\tComme si le tableau ne s&rsquo;&eacute;tait pas assez assombri par les protestations sociales et les frustrations, il fallait aussi l&rsquo;obscurcir davantage avec une situation s&eacute;curitaire plus qu&rsquo;alarmante surtout avec la multiplication des attaques salafistes.\n<\/p>\n<p>\n\tLes populations au Nord Ouest sont terroris&eacute;es par ces nouveaux venus, criminels pour la plupart, qui font la pluie et le beau temps chez eux, sans qu&rsquo;ils soient inqui&eacute;t&eacute;s par la police.\n<\/p>\n<p>\n\tTout le monde se rappelle ce week-end noir, il y a deux semaines, d&rsquo;attaques salafistes &agrave; Jendouba, Ghar Dimaou et le Kef. On se croyait dans une vraie guerre&nbsp;!\n<\/p>\n<p>\n\tRevenir sur les lieux, une semaine apr&egrave;s, notamment &agrave; Jendouba, o&ugrave; il y a eu le gros des attaques, est comme d&eacute;barquer dans un&nbsp; champ de bataille. Les traces des incendies dans le si&egrave;ge de la police judiciaire, du commissariat, de l&rsquo;h&ocirc;tel Simitthu et sur la fa&ccedil;ade de quelques bars sont encore bien visibles.&nbsp; Les souvenirs de cette matin&eacute;e terrible du samedi 26 ami o&ugrave; une horde d&rsquo;une cinquantaine de salafistes a fait sa tourn&eacute;e destructive, sont rest&eacute;s &agrave; jamais grav&eacute;s dans les m&eacute;moires de la population. &laquo;Nous avons &eacute;t&eacute; pris au d&eacute;pourvu, explique Hichem Ayari, responsable de l&rsquo;h&ocirc;tel Simitthu &agrave; Jendouba, ils sont venus t&ocirc;t le matin lorsqu&rsquo;il n&rsquo;y avait que trois femmes de m&eacute;nage et un employ&eacute; dans le d&eacute;p&ocirc;t. Ils se sont divis&eacute;s en trois groupes&nbsp;: un qui a mis le feu dans les d&eacute;p&ocirc;ts, autre a commenc&eacute; &agrave; casser et &agrave; d&eacute;truire ce qu&rsquo;il trouvait et l&rsquo;autre est all&eacute; piller le bureau du directeur de l&rsquo;h&ocirc;tel, en volant l&rsquo;appareil de vid&eacute;osurveillance, en plus d&rsquo;une somme d&rsquo;argent avoisinant les 15&nbsp;000 Dinars ainsi qu&rsquo;un Pc&raquo;. Venus arm&eacute;s de sabres et de couteaux, il &eacute;tait difficile, pour lui, de leur faire face. En plus, en dehors de l&rsquo;h&ocirc;tel, d&rsquo;autres &eacute;taient l&agrave; pour surveiller le premier qui utiliserait son portable pour appeler la police. &laquo;Ils ont eu le temps n&eacute;cessaire de faire ce qu&rsquo;ils voulaient. Le pire, c&rsquo;est qu&rsquo;ils ont vid&eacute;s les d&eacute;p&ocirc;ts de vin et de bi&egrave;res et ont transport&eacute; les boissons vers leurs voitures. Un peu plus tard, ce fut le tour des pilleurs de venir achever l&rsquo;&oelig;uvre des salafistes&raquo;, poursuit Hichem. En fait, les deux groupes semblent avoir fait alliance d&rsquo;apr&egrave;s la population.\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>Alliance avec les bandits<\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\tLes employ&eacute;s de l&rsquo;h&ocirc;tel &laquo;Atlas&raquo; ont, pu eux &eacute;viter de justesse ce sc&eacute;nario. Et pour cause, il y avait quatre Italiens dedans, ce qui a oblig&eacute; la police d&rsquo;intervenir in extr&eacute;mis, juste avant que les salafistes n&rsquo;attaquent le b&acirc;timent, pour les disperser en utilisant du gaz lacrymog&egrave;ne. &laquo;Nous &eacute;tions pr&ecirc;ts &agrave; prendre nous-m&ecirc;mes la d&eacute;fense de l&rsquo;h&ocirc;tel, si jamais ils se seraient aventur&eacute;s &agrave; nous agresser. On ne va pas quand m&ecirc;me les laisser faire&nbsp;!&raquo;, indique Dhahbi qui rappelle&nbsp; qu&rsquo;une semaine auparavant, le bruit a couru dans la ville que les salafistes, dont le nombre est estim&eacute; &agrave; 300 personnes, organisaient un assaut sur les bars de Jendouba. Il nie par contre avoir re&ccedil;u des menaces directes dans ce sens.\n<\/p>\n<p>\n\tToutefois, ces derniers semblent loin d&rsquo;&ecirc;tre des vrais vertueux, puisqu&rsquo;ils tol&egrave;rent les marchants clandestins de vin qui prolif&egrave;rent dans les quartiers populaires o&ugrave; ils sont install&eacute;s. Mieux, &laquo;ils font alliance avec eux puisqu&rsquo;ils arrivent tous du m&ecirc;me milieu, celui de la criminalit&eacute;&raquo;, souligne Mohamed Ali, un employ&eacute; de l&rsquo;h&ocirc;tel.\n<\/p>\n<p>\n\tApr&egrave;s cette s&eacute;rie d&rsquo;attaques et l&rsquo;impunit&eacute; avec laquelle elle a &eacute;t&eacute; affront&eacute;e, vu que la Cour de premi&egrave;re instance de Jendouba, charg&eacute;e de l&rsquo;examen de l&rsquo;affaire, a d&eacute;cid&eacute; la lib&eacute;ration des 17 suspects arr&ecirc;t&eacute;s, la population redoute actuellement le pire. Il y a un sentiment chez les Jendoubiens d&rsquo;&ecirc;tres livr&eacute;s &agrave; eux m&ecirc;mes d&eacute;sormais, et que la police ne viendra pas les secourir en cas de nouvelles agressions. La crainte s&rsquo;accro&icirc;t, d&rsquo;autant plus, que les salafistes ont d&eacute;j&agrave; lanc&eacute; des nouvelles menaces, mais cette fois contre les coiffeuses et les chanteurs du &laquo;mezoued&raquo;, &agrave; l&rsquo;approche de la saison des mariages. Ils ont aussi averti les propri&eacute;taires de caf&eacute;s de ne pas ouvrir leurs locaux, qu&rsquo;apr&egrave;s la pri&egrave;re des &laquo;traouih&raquo; pendant le Ramadan.\n<\/p>\n<p>\n\tDiscutant un peu avec les policiers &agrave; Jendouba, il s&rsquo;av&egrave;re qu&rsquo;ils sont conscients du probl&egrave;me, mais qu&rsquo;ils ne peuvent agir qu&rsquo;en ayant des instructions. Et peu importe si Ali La&acirc;rayadh, le ministre de l&rsquo;Int&eacute;rieur, leur a permis derni&egrave;rement d&rsquo;utiliser des balles r&eacute;elles pour arr&ecirc;ter les troubles (vu l&rsquo;&eacute;tat d&rsquo;urgence dans lequel se trouve le pays), ils n&rsquo;osent pas franchir le pas. &laquo;Qu&rsquo;il aille le faire lui-m&ecirc;me, si le veut&nbsp;! Nous ne prendrons pas le risque d&rsquo;&ecirc;tre sanctionn&eacute;s apr&egrave;s&raquo;, lance l&rsquo;un d&rsquo;eux.\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>A Dahmani&nbsp;: un d&eacute;but de r&eacute;sistance&nbsp;?<\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\tSi les habitants de Jendouba h&eacute;sitent encore &agrave; r&eacute;agir face &agrave; la menace des salafistes, ceux de Dahmani (gouvernorat du Kef), n&rsquo;ont pas manqu&eacute;&nbsp;de montrer de la r&eacute;sistance. Vendredi dernier, 29 mai, apr&egrave;s la tentative d&rsquo;un groupe de salafistes de changer de force l&rsquo;imam de la grande mosqu&eacute;e, la population s&rsquo;est regroup&eacute;&eacute; en grand nombre (environ 400 personnes), pour les mettre dehors. &laquo;Il a fallu l&rsquo;intervention de la police qui est venue les escorter pour emp&ecirc;cher les gens, en col&egrave;re, de les attaquer&raquo;, explique N&eacute;jib Akremi, qui &eacute;tait sur place au moment des &eacute;v&egrave;nements. Selon lui, c&rsquo;&eacute;tait la deuxi&egrave;me tentative de leur part de destituer l&rsquo;imam, pourtant un homme pieux et tr&egrave;s respect&eacute; &agrave; Dahmani. Cette fois, ils avaient ramen&eacute; du renfort de Rouhia et de Siliana, pensant r&eacute;ussir leur coup, mais c&rsquo;&eacute;tait sans compter sur la r&eacute;sistance populaire. Ils auraient m&ecirc;me amen&eacute; des sabres, des couteaux, des bombes &agrave; gaz et un cocktail molotov, mais ils n&rsquo;ont pas eu le temps de les utiliser. Ce dispositif a &eacute;t&eacute; trouv&eacute; dans une de leur voiture, gar&eacute;e devant la mosqu&eacute;e.\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>Multiplications des agressions au Kef<\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\tPas loin de Dahmani, &agrave; la ville du Kef, les salafistes multiplient les agressions contre les personnes, notamment ceux de la gauche qui ne partagent pas leurs id&eacute;es. Le dernier incident en date, la terrible attaque contre le professeur de th&eacute;&acirc;tre, Rejeb Magri, lui provoquant des traumatismes profonds.&nbsp; Ce dernier a &eacute;t&eacute; attaqu&eacute; par un groupe de six salafistes, &agrave; la t&ecirc;te desquels se trouve un nomm&eacute;, Seif Magroun,&nbsp;le pr&eacute;sum&eacute; chef du salafisme au Kef. Suite &agrave; la plainte d&eacute;pos&eacute;e par la femme de la victime, le procureur de la R&eacute;publique a ordonn&eacute; son arrestation. Chose qui n&rsquo;avait jamais &eacute;t&eacute; faite, puisqu&rsquo;il a continu&eacute; &agrave; circuler librement dans la ville. Plusieurs personnes l&rsquo;ont vu. Il n&rsquo;a jamais &eacute;t&eacute; inqui&eacute;t&eacute;.\n<\/p>\n<p>\n\tPourtant, ce n&rsquo;est pas la premi&egrave;re fois que ce dernier et sa bande agressent des personnes. Ce jeune de 22 ans, serait impliqu&eacute; dans plusieurs affaires de ce genre. Sa m&egrave;re Latifa, tout en niant la culpabilit&eacute; de son fils, avoue toutefois, qu&rsquo;il serait sous l&rsquo;influence de gens qui lui ont fait subir un lavage de cerveau. Elle est m&ecirc;me all&eacute;e &agrave; Tunis voir Abou Yadh, le chef des salafistes en Tunisie, pour lui demander de laisser son enfant tranquille.&nbsp; Que l&rsquo;on soit &agrave; Jendouba, le Kef ou Dhamani, le sc&eacute;nario est le m&ecirc;me&nbsp;: les salafistes prennent de l&rsquo;ampleur. Ils recrutent parmi les bandits et les franges marginalis&eacute;es de la soci&eacute;t&eacute; et gagnent du terrain progressivement. De l&rsquo;autre c&ocirc;t&eacute;, une police paralys&eacute;e et un gouvernent qui laisse faire.&nbsp; La population est terroris&eacute;e, mais sa col&egrave;re gronde. R&eacute;agira t-elle en prenant son autod&eacute;fense&nbsp;?&nbsp;Jusqu&rsquo;o&ugrave; abuse-t-on de sa patience&nbsp;!\n<\/p>\n<p align=\"right\">\n\t<strong><em>Han&egrave;ne Zbiss<\/em><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\n\tLa col&egrave;re gronde dans les r&eacute;gions. 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