{"id":15548,"date":"2014-08-17T12:00:17","date_gmt":"2014-08-17T11:00:17","guid":{"rendered":"http:\/\/www.realites.com.tn\/?p=15548"},"modified":"2014-08-17T12:00:17","modified_gmt":"2014-08-17T11:00:17","slug":"de-linjustice-fiscale-de-linjustice-tout-court","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/realites.com.tn\/fr\/de-linjustice-fiscale-de-linjustice-tout-court\/","title":{"rendered":"De l\u2019injustice fiscale, de l\u2019injustice tout court"},"content":{"rendered":"<p>\n\t<a href=\"http:\/\/www.realites.com.tn\/wp-content\/uploads\/comptable.jpg\" data-rel=\"penci-gallery-image-content\" ><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" alt=\"comptable\" class=\"aligncenter size-full wp-image-15549\" height=\"350\" src=\"http:\/\/www.realites.com.tn\/wp-content\/uploads\/comptable.jpg\" width=\"620\" \/><\/a>\n<\/p>\n<p>\n\t<span style=\"line-height: 1.6em;\">Depuis des mois, tout le monde en parle : responsables politiques, experts &eacute;conomiques, presse et citoyens ordinaires, mais nul n&rsquo;a &eacute;t&eacute; &agrave; m&ecirc;me de d&eacute;finir le sens de l&rsquo;iniquit&eacute; fiscale qui r&egrave;gne en Tunisie. R&eacute;gime forfaitaire, r&eacute;gime r&eacute;el, imp&ocirc;t sur le revenu des personnes physiques, comptabilit&eacute; simplifi&eacute;e, comptabilit&eacute; r&eacute;guli&egrave;re, tranche d&rsquo;imp&ocirc;t&#8230; Un langage d&rsquo;extraterrestres pour le citoyen lambda. D&eacute;codage de ce casse-t&ecirc;te dont la compr&eacute;hension est r&eacute;serv&eacute;e aux initi&eacute;s et qui cache tant d&rsquo;injustices et freine la croissance et le bien-&ecirc;tre du pays et de sa population&#8230; Focus<\/span>\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>Le r&eacute;gime fiscal en vigueur :<\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>Le r&eacute;gime forfaitaire<\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\tIl est destin&eacute; aux petits artisans et commer&ccedil;ants, mais aussi aux prestataires de services qui ne r&eacute;alisent que de petits chiffres d&rsquo;affaires (CA), d&eacute;gageant de minuscules marges b&eacute;n&eacute;ficiaires. La distinction entre les r&eacute;gimes d&eacute;pend essentiellement du chiffre d&rsquo;affaires r&eacute;alis&eacute; et accessoirement par le secteur g&eacute;ographique d&rsquo;implantation et le montant du loyer ou de l&rsquo;acquisition du si&egrave;ge de l&rsquo;activit&eacute;.\n<\/p>\n<p>\n\tPour les artisans et prestataires de services, la fourchette du chiffre d&rsquo;affaires donnant droit &agrave; l&rsquo;&eacute;ligibilit&eacute; au r&eacute;gime forfaitaire est comprise entre z&eacute;ro et 50.000 dinars. Au-del&agrave;, les artisans et prestataires de services passent syst&eacute;matiquement au r&eacute;gime r&eacute;el. Pour les commer&ccedil;ants, la fourchette est comprise entre 0 et 100.000 dinars. Au-del&agrave; de 100.000 dinars, le r&eacute;gime r&eacute;el devient syst&eacute;matique.\n<\/p>\n<p>\n\tLes artisans et prestataires de services, s&rsquo;ils sont soumis au r&eacute;gime forfaitaire, sont appel&eacute;s &agrave; payer un imp&ocirc;t &agrave; l&rsquo;&Eacute;tat de 2,5% de leur CA quel que soit le b&eacute;n&eacute;fice qu&rsquo;ils r&eacute;alisent et sont m&ecirc;me contraints de payer cet imp&ocirc;t en cas de perte. En d&rsquo;autres termes, ils payent un imp&ocirc;t de 1.250 dinars\/an.\n<\/p>\n<p>\n\tQuant aux commer&ccedil;ants, ils doivent payer 2% de leur CA r&eacute;alis&eacute; pendant l&rsquo;exercice comptable en guise d&rsquo;imp&ocirc;t dans la limite de 100.000 dinars, c&rsquo;est-&agrave;-dire que l&rsquo;imp&ocirc;t ne peut exc&eacute;der 2.000 dinars\/an.\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>Le r&eacute;gime r&eacute;el&nbsp;<\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\tIl existe deux sortes de r&eacute;gime r&eacute;el : le r&eacute;gime r&eacute;el simplifi&eacute; et le r&eacute;gime r&eacute;el &agrave; comptabilit&eacute; r&eacute;guli&egrave;re. Toujours ventil&eacute;s selon l&rsquo;importance du CA r&eacute;alis&eacute;&#8230; Le r&eacute;gime r&eacute;el simplifi&eacute; commence &agrave; partir&nbsp; de 50.001dinars de CA pour les artisans et prestataires de services et de 100.001 pour les commer&ccedil;ants, pour s&rsquo;&eacute;tendre jusqu&rsquo;&agrave; la barre des 600.000 dinars pour les commer&ccedil;ants et de 300.000 dinars pour les prestataires de services et artisans. Au-del&agrave; de ces seuils et pour chacune des cat&eacute;gories, le patent&eacute; passe du r&eacute;gime r&eacute;el simplifi&eacute; &agrave; celui de comptabilit&eacute; r&eacute;guli&egrave;re. La diff&eacute;rence entre les deux est que dans le r&eacute;gime r&eacute;el simplifi&eacute;, le patent&eacute; est tenu d&rsquo;avoir une comptabilit&eacute; simple dans un cahier ordinaire dans lequel il consigne ses recettes, d&rsquo;une part, ses d&eacute;penses et charges de l&rsquo;autre, faisant d&eacute;gager son b&eacute;n&eacute;fice par une simple op&eacute;ration de soustraction.\n<\/p>\n<p>\n\tQuant au r&eacute;gime r&eacute;el &agrave; comptabilit&eacute; r&eacute;guli&egrave;re, le patent&eacute; doit engager un professionnel comptable tenu de travailler selon les standards internationaux et de pr&eacute;senter &agrave; cet effet les documents de synth&egrave;se en vigueur, &agrave; savoir le grand journal, le bilan, l&rsquo;&eacute;tat de r&eacute;sultats, l&rsquo;&eacute;tat de la tr&eacute;sorerie, notes, fiches de stock et justificatifs.\n<\/p>\n<p>\n\tTous les r&eacute;gimes r&eacute;els paient l&rsquo;imp&ocirc;t &agrave; l&rsquo;&Eacute;tat &agrave; travers deux modes dont la distinction se fait selon la forme juridique de l&rsquo;entit&eacute; :\n<\/p>\n<p>\n\t&#8211; Si l&rsquo;entit&eacute; est une soci&eacute;t&eacute;, elle doit payer 30% de son b&eacute;n&eacute;fice d&eacute;gag&eacute; et d&eacute;clar&eacute; dans son bilan de son &eacute;tat de r&eacute;sultats&nbsp;;\n<\/p>\n<p>\n\t&#8211; Si l&rsquo;entit&eacute; est une personne physique, l&rsquo;imp&ocirc;t redevable &agrave; l&rsquo;&Eacute;tat est comptabilis&eacute; selon le b&eacute;n&eacute;fice r&eacute;alis&eacute; fragment&eacute; en tranches (l&rsquo;unit&eacute; &eacute;tant bien s&ucirc;r le dinar) :\n<\/p>\n<p>\n\t1<sup>re<\/sup> tranche&nbsp;: de 0 &agrave; 1.500 : 0%\n<\/p>\n<p>\n\t2e tranche&nbsp;: de 1.501 &agrave; 5.000: 15% &eacute;quivalent &agrave; 525&nbsp;dt\n<\/p>\n<p>\n\t3e tranche&nbsp;: de 5.001 &agrave; 10.000: 20% &eacute;quivalent &agrave; 1000 dt\n<\/p>\n<p>\n\t4e tranche&nbsp;: de 10.001 &agrave; 20.000: 25% &eacute;quivalent &agrave; 2500 dt\n<\/p>\n<p>\n\t5e tranche&nbsp;: de 20.001 &agrave; 50.000: 30% &eacute;quivalent &agrave; 9000 dt\n<\/p>\n<p>\n\t6e tranche&nbsp;: de 50.001 &agrave; l&rsquo;infini : 35%\n<\/p>\n<p>\n\tD&rsquo;apr&egrave;s ce tableau, une soci&eacute;t&eacute; qui r&eacute;alise un b&eacute;n&eacute;fice imposable de 100.000 dinars net doit payer 30.000&nbsp;dinars d&rsquo;imp&ocirc;t. Une personne physique qui r&eacute;alise le m&ecirc;me b&eacute;n&eacute;fice doit au tr&eacute;sor 30.525. D&rsquo;ores et d&eacute;j&agrave; l&rsquo;iniquit&eacute; fiscale commence &agrave; transpara&icirc;tre d&egrave;s 100.000 dinars de b&eacute;n&eacute;fices. Reprenant le m&ecirc;me exemple, mais avec un b&eacute;n&eacute;fice net d&eacute;clar&eacute; de 500.000 dinars. Dans ce cas, la soci&eacute;t&eacute; doit payer 150.000&nbsp;dinars d&rsquo;imp&ocirc;t. Pour le m&ecirc;me b&eacute;n&eacute;fice, la personne physique doit payer 170.525. Une diff&eacute;rence donc de 20.525 dt pour le m&ecirc;me b&eacute;n&eacute;fice et cette in&eacute;galit&eacute; va en s&rsquo;aggravant au fur et &agrave; mesure que les b&eacute;n&eacute;fices augmentent.\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>L&rsquo;imp&ocirc;t sur les salaires&nbsp;<\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\tAppel&eacute; dans le jargon comptable Imp&ocirc;t sur le Revenu des Personnes Physiques (IRPP), il suit le m&ecirc;me sch&eacute;ma que l&rsquo;imp&ocirc;t sur les patent&eacute;s qui s&rsquo;installent sous le r&eacute;gime r&eacute;el en personne physique. Autrement dit, les salaires sont soumis au r&eacute;gime r&eacute;el exactement comme les commer&ccedil;ants, prestataires de services, industriels et autres. L&rsquo;imp&ocirc;t est donc comptabilis&eacute; selon le salaire per&ccedil;u fragment&eacute; en tranches selon le tableau susmentionn&eacute;. &Agrave; noter que cette comptabilisation est la plus s&eacute;v&egrave;re parmi toutes les variantes de la comptabilisation de l&rsquo;imp&ocirc;t sur le revenu.\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>Les m&eacute;tiers lib&eacute;raux<\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\tIls sont accus&eacute;s d&rsquo;&ecirc;tre les plus favoris&eacute;s du syst&egrave;me fiscal tunisien et les moins tax&eacute;s de l&rsquo;ensemble des contribuables. Ils sont m&eacute;decins, architectes, avocats, huissiers de justice, huissiers-notaires, comptables, experts aupr&egrave;s des tribunaux, etc. La comptabilisation de leurs r&eacute;sultats ob&eacute;it &agrave; ce qui est appel&eacute; dans l&rsquo;administration fiscale le forfait d&rsquo;assiette selon lequel le b&eacute;n&eacute;fice doit &ecirc;tre compris, juridiquement, entre 70% et 80% du chiffre d&rsquo;affaires d&eacute;clar&eacute;. En d&rsquo;autres termes, l&rsquo;administration fiscale a le plein droit de consid&eacute;rer que le professionnel gagne 70% de ses recettes annuelles. Une fois le b&eacute;n&eacute;fice connu, il ne reste qu&rsquo;&agrave; faire passer le chiffre par le tableau progressif par paliers sur mentionn&eacute; pratiqu&eacute; pour les salaires et le r&eacute;gime r&eacute;el pour les personnes physiques.\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>Les injustices fiscales<\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;administration fiscale a un bar&egrave;me interne officieux qui n&rsquo;est &eacute;crit nulle part ! Une sorte de bar&egrave;me d&rsquo;usage acquit de l&rsquo;exp&eacute;rience accumul&eacute;e au fil des ann&eacute;es. Ce bar&egrave;me est assez fid&egrave;le &agrave; la r&eacute;alit&eacute; hormis quelques exceptions&hellip; Selon ce sch&eacute;ma, un commer&ccedil;ant qui travaille sous le r&eacute;gime forfaitaire r&eacute;alisant 100.000 dinars de chiffre d&rsquo;affaires, d&eacute;gage environ 30% du b&eacute;n&eacute;fice c&rsquo;est-&agrave;-dire 30.000 dinars. Il est donc redevable au tr&eacute;sor de 2.000. Quant aux services, l&rsquo;administration consid&egrave;re que le taux de b&eacute;n&eacute;fices repr&eacute;sente entre 60 et 70% du chiffre d&rsquo;affaires. C&rsquo;est-&agrave;-dire qu&rsquo;un prestataire de services qui r&eacute;alise un chiffre d&rsquo;affaires de 50.000 dinars, r&eacute;alise un b&eacute;n&eacute;fice de 30.000 sur lesquels il paye 1.250 dinars au tr&eacute;sor. Les deux &eacute;tant sous la coupe du r&eacute;gime forfaitaire de par leurs CA respectifs. &Agrave; comparer les b&eacute;n&eacute;fices identiques (30.000 dt), le commer&ccedil;ant paye 2.000 dinars d&rsquo;imp&ocirc;t alors que le prestataire de services en paye 1.250. C&rsquo;est d&eacute;j&agrave; assez injuste&hellip; Venons maintenant aux salari&eacute;s : un salari&eacute; qui gagne un revenu imposable de 30.000 dinars, paye un imp&ocirc;t de 7.025 dinars. Les &eacute;carts sont clairs et l&rsquo;origine de ces &eacute;carts r&eacute;side dans le syst&egrave;me de comptabilisation. Alors que le commer&ccedil;ant et le prestataire de services sont sous la coupe du r&eacute;gime forfaitaire, le salari&eacute;, lui, est en r&eacute;gime r&eacute;el en personne physique, qui est, rappelons-le, le syst&egrave;me de comptabilisation le plus s&eacute;v&egrave;re, alors que le revenu imposable pr&eacute;sent&eacute; dans les trois exemples est le m&ecirc;me (30.000). R&eacute;capitulatif&nbsp;:\n<\/p>\n<p>\n\tReprenons maintenant le m&ecirc;me exemple, mais avec des chiffres diff&eacute;rents&nbsp;:\n<\/p>\n<p>\n\tD&rsquo;apr&egrave;s les deux tableaux, on remarque qu&rsquo;&agrave; r&eacute;gime r&eacute;el (tableau 2), commer&ccedil;ants, prestataires et fonctionnaires payent le m&ecirc;me imp&ocirc;t. Alors que dans le premier tableau et suite au positionnement des chiffres d&rsquo;affaires sous le seuil du passage automatique au r&eacute;gime r&eacute;el, les commer&ccedil;ants et les prestataires jouissent de la protection du r&eacute;gime forfaitaire alors que le fonctionnaire, lui, est toujours en r&eacute;gime r&eacute;el, quel que soit son revenu imposable. Une calamit&eacute;, donc. Une autre calamit&eacute;, c&rsquo;est que dans le tableau 1 les trois cat&eacute;gories gagnent des sommes identiques alors qu&rsquo;ils ne sont pas soumis au m&ecirc;me r&eacute;gime.\n<\/p>\n<p>\n\tUne autre injustice r&eacute;side dans l&rsquo;imposition en r&eacute;gime r&eacute;el entre les soci&eacute;t&eacute;s et les personnes physiques. Comme il est indiqu&eacute; plus haut, la soci&eacute;t&eacute; paye un imp&ocirc;t unique de 30% sur son b&eacute;n&eacute;fice, quel que soit ledit b&eacute;n&eacute;fice alors que la personne physique est en imp&ocirc;t par tranches, ce qui fait que, dans la r&eacute;alit&eacute;, la personne physique se trouve redevable d&rsquo;un imp&ocirc;t sup&eacute;rieur &agrave; ce que paye une soci&eacute;t&eacute;. Pourtant les deux entit&eacute;s op&egrave;rent sous l&rsquo;&eacute;gide d&rsquo;un seul r&eacute;gime &agrave; savoir le r&eacute;gime r&eacute;el. Les diff&eacute;rences commencent &agrave; partir d&rsquo;un seuil de 100.000 dinars pour s&rsquo;&eacute;largir progressivement au fur et &agrave; mesure que le b&eacute;n&eacute;fice grimpe comme dans l&rsquo;exemple cit&eacute; plus haut.\n<\/p>\n<p>\n\tLes m&eacute;tiers lib&eacute;raux, quant &agrave; eux, ont &eacute;t&eacute; les plus mis &agrave; l&rsquo;index dans l&rsquo;&eacute;vasion et l&rsquo;injustice fiscales. Ils ont &eacute;t&eacute; accus&eacute;s, entre autres, de travailler sous le r&eacute;gime forfaitaire. Apr&egrave;s la conduite de cette enqu&ecirc;te, nous pouvons affirmer que c&rsquo;est faux. Les m&eacute;tiers lib&eacute;raux ne sont pas soumis au r&eacute;gime forfaitaire, mais bel et bien au r&eacute;gime r&eacute;el sous la variante de la personne physique. En revanche, ces m&eacute;tiers payent, effectivement, un imp&ocirc;t infime au tr&eacute;sor. Comment expliquer ce paradoxe&nbsp;? La r&eacute;ponse est simple : toute l&rsquo;astuce r&eacute;side &agrave; faire de fausses d&eacute;clarations et &agrave; r&eacute;duire de deux tiers ses recettes. La faiblesse de l&rsquo;&Eacute;tat, l&rsquo;absence de contr&ocirc;le et le manque de moyens aidant&#8230; Un cadre fiscal est all&eacute; jusqu&rsquo;&agrave; m&rsquo;avouer qu&rsquo;ils sont huit contr&ocirc;leurs &agrave; se d&eacute;partager un seul moyen de transport et qu&rsquo;il leur arrive parfois d&rsquo;organiser une collecte pour acheter une rame de papier blanc&hellip;&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\tPour les fausses d&eacute;clarations, ce ne sont pas exclusivement les m&eacute;tiers lib&eacute;raux qui en font. Selon nos investigations, presque tous les secteurs concern&eacute;s par la d&eacute;claration sur le revenu font de fausses d&eacute;clarations.\n<\/p>\n<p>\n\tLes seuls qui ne peuvent pratiquer de fausses d&eacute;clarations sur leurs revenus sont les salari&eacute;s dont l&rsquo;imp&ocirc;t est retenu &agrave; la source et d&eacute;duit du salaire brut avant versement. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;un salari&eacute; qui gagne 1.000 dinars\/mois paie un imp&ocirc;t de 2.025 dinars\/an, alors qu&rsquo;un m&eacute;decin qui gagne 500 dinars\/jour, par exemple, paie un imp&ocirc;t moyen de 500 dinars\/an. D&rsquo;apr&egrave;s une enqu&ecirc;te r&eacute;alis&eacute;e par notre confr&egrave;re<em> Al-Masder,<\/em> les salari&eacute;s en Tunisie fournissent 92% de l&rsquo;enveloppe globale de l&rsquo;imp&ocirc;t sur le revenu, soit 3,2&nbsp;milliards de dinars. Les 8% restants sont pay&eacute;s par les m&eacute;decins, avocats et autres m&eacute;tiers dits lib&eacute;raux. Bref un r&eacute;gime fiscal qualifi&eacute; de complexe, injuste, opaque, non rentable et peu attractif. Outre les salari&eacute;s, d&rsquo;autres m&eacute;tiers sont aussi l&eacute;s&eacute;s par le syst&egrave;me fiscal tunisien et surtout les commerces qui n&rsquo;ont pas b&eacute;n&eacute;fici&eacute; des pr&eacute;rogatives de la loi 1991-64 concernant la lib&eacute;ralisation des prix, c&rsquo;est-&agrave;-dire les commer&ccedil;ants qui vendent encore &agrave; prix homologu&eacute;s et dont les commer&ccedil;ants de d&eacute;tail des produits alimentaires ou &eacute;piciers sont un exemple typique. En effet, les &eacute;piciers sont soumis au r&eacute;gime forfaitaire et sont donc oblig&eacute;s de rendre des comptes &agrave; l&rsquo;administration par rapport aux recettes qu&rsquo;ils r&eacute;alisent. Or, puisque ce commerce est soumis &agrave; l&rsquo;homologation des prix et que les marges b&eacute;n&eacute;ficiaires dans ce secteur sont infimes puisque fix&eacute;es par homologation (on parle de 5, 10 et 20 millimes\/produit), le chiffre d&rsquo;affaires r&eacute;alis&eacute; ne refl&egrave;te pas le b&eacute;n&eacute;fice d&eacute;gag&eacute;. Ce qui veut dire concr&egrave;tement que l&rsquo;&eacute;picier se retrouve, injustement, redevable d&rsquo;un imp&ocirc;t de 2% de sa recette annuelle, chose qui ne refl&egrave;te pas la r&eacute;alit&eacute; de son m&eacute;tier ni de ses gains.\n<\/p>\n<p>\n\tQuant &agrave; l&rsquo;&eacute;vasion fiscale, elle trouve son origine dans les fausses d&eacute;clarations des chiffres d&rsquo;affaires de certains patent&eacute;s, pour ne pas dire de la plupart, qui r&eacute;duisent de moiti&eacute;, voire de deux tiers leurs recettes et ne paient l&rsquo;imp&ocirc;t que sur le tiers restant. Pour les autres, c&rsquo;est-&agrave;-dire les acteurs du secteur informel, secteur qui, doit-on le rappeler, repr&eacute;sente au moins 40% de l&rsquo;&eacute;conomie du pays, ils ne paient rien &agrave; l&rsquo;&Eacute;tat. Ils travaillent, encaissent et &laquo;basta&raquo;&hellip; Les seuls &laquo;paiements&raquo; qu&rsquo;ils effectuent sont les pots-de-vin que bon nombre d&rsquo;entre eux distribuent &agrave; tout bout de champ pour pouvoir perp&eacute;tuer leurs trafics&hellip;\n<\/p>\n<p>\n\tLe manque &agrave; gagner global pour les caisses de l&rsquo;&Eacute;tat r&eacute;sultant des injustices et de l&rsquo;&eacute;vasion fiscale est estim&eacute;, de source s&ucirc;re, entre 7 et 10 milliards de dinars. Largement de quoi combler le trou des finances publiques pour l&rsquo;ann&eacute;e 2014 (4,5 milliards) et le trou le d&eacute;ficit commercial ext&eacute;rieur (4,2 milliards)&hellip;\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>Position de l&rsquo;UGTT<\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\tL&rsquo;UGTT consid&egrave;re que l&rsquo;&Eacute;tat fait passer les salari&eacute;s &agrave; la trappe &agrave; chaque versement de salaires. Le bar&egrave;me de comptabilisation de l&rsquo;imp&ocirc;t sur le revenu des salari&eacute;s est exag&eacute;r&eacute; selon l&rsquo;union syndicale. En effet, la centrale ainsi que les travailleurs ne comprennent pas comment on peut comptabiliser leur imp&ocirc;t en les mettant sur le m&ecirc;me niveau que les hommes d&rsquo;affaires et patent&eacute;s, c&rsquo;est-&agrave;-dire en r&eacute;gime r&eacute;el sous la variante de la comptabilit&eacute; r&eacute;guli&egrave;re. Les taux pratiqu&eacute;s sur les b&eacute;n&eacute;fices des personnes physiques install&eacute;es &agrave; leur compte sont exag&eacute;r&eacute;s quand ils sont refl&eacute;t&eacute;s sur les salaires. La centrale syndicale voit d&rsquo;un tr&egrave;s mauvais oeil la pratique de taux aussi &eacute;lev&eacute;s. Elle demande &agrave; l&rsquo;&Eacute;tat de revoir &agrave; la baisse les taux pratiqu&eacute;s et, par cons&eacute;quent, de r&eacute;duire l&rsquo;imp&ocirc;t sur le revenu des salari&eacute;s et de les faire b&eacute;n&eacute;ficier de la diff&eacute;rence positive pour augmenter leur salaire et colmater, un tant soit peu, leur pouvoir d&rsquo;achat tant d&eacute;t&eacute;rior&eacute;.\n<\/p>\n<p>\n\tEn outre, la centrale syndicale attire l&rsquo;attention des gouvernements successifs depuis la R&eacute;volution sur l&rsquo;existence de plusieurs niches fiscales non encore exploit&eacute;es. Elle fustige le laxisme de l&rsquo;&Eacute;tat avec les plus riches et son attention excessive focalis&eacute;e sur les salaires exclusivement. Toujours selon l&rsquo;UGTT, les classes moyennes et pauvres, en Tunisie,&nbsp; financent la cagnotte fiscale alors que les nantis en sont exon&eacute;r&eacute;s. Comment ne pas le penser quand on voit que l&rsquo;&Eacute;tat pratique l&rsquo;iniquit&eacute; fiscale, qu&rsquo;il encourage, par sa passivit&eacute;, les contrebandiers et les fraudeurs, que 8.000 m&eacute;decins paient un imp&ocirc;t moyen de 500&nbsp;dinars\/an\/m&eacute;decin et que Mehdi Jomaa propose une d&eacute;duction forc&eacute;e sur les salaires d&rsquo;un &agrave; six jours alors que les propri&eacute;taires de patrimoines et fortunes immenses ne sont pas concern&eacute;s&hellip;\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>Position des employeurs<\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\tIl va de soi que la position des employeurs doit &ecirc;tre aux antipodes de celle des salari&eacute;s. Les patrons consid&egrave;rent que la question de l&rsquo;imp&ocirc;t sur le revenu brut des salari&eacute;s est un faux probl&egrave;me. Ils all&egrave;guent que, quel que soit le salaire per&ccedil;u par le travailleur et quel que soit l&rsquo;imp&ocirc;t pay&eacute; au tr&eacute;sor, la r&egrave;gle est que c&rsquo;est l&rsquo;employeur qui s&rsquo;acquitte, en r&eacute;alit&eacute;, de l&rsquo;imp&ocirc;t. Le travailleur, lui, per&ccedil;oit un salaire net d&rsquo;imp&ocirc;t &eacute;gal &agrave; ce qu&rsquo;il a exig&eacute;. Par exemple un employ&eacute; percevant un salaire net de 1.000 dinars\/mois, son patron se charge de payer les imp&ocirc;ts et la s&eacute;curit&eacute; sociale sur le salaire puis dote son employ&eacute; du salaire qu&rsquo;il a exig&eacute;. Le salari&eacute; dispose, en fin de compte, des 1.000 dinars qu&rsquo;il a exig&eacute;s. En ce qui concerne la loi des finances 2014 et la loi des finances compl&eacute;mentaires, l&rsquo;UTICA met en garde contre les risques de pression fiscale sur les entreprises, mais aussi, et c&rsquo;est in&eacute;dit, sur les individus consid&eacute;rant qu&rsquo;une forte pression fiscale a irr&eacute;m&eacute;diablement un impact n&eacute;gatif sur l&rsquo;&eacute;conomie nationale. C&rsquo;est dire que Mehdi Jom&acirc;a a peut-&ecirc;tre exag&eacute;r&eacute; dans son projet des lois des finances compl&eacute;mentaires 2014. En outre, l&rsquo;UTICA affirme sa volont&eacute; de vouloir combattre le r&eacute;gime forfaitaire, car un nombre important d&rsquo;activit&eacute;s professionnelles fructueuses en termes de b&eacute;n&eacute;fices profite du r&eacute;gime forfaitaire alors qu&rsquo;ils r&eacute;alisent de grandes plus-values. Pour ce faire, la centrale patronale a fait des propositions concernant le r&eacute;gime forfaitaire, &agrave; savoir l&rsquo;exclusion de soixante-neuf activit&eacute;s de l&rsquo;&eacute;ligibilit&eacute; au r&eacute;gime forfaitaire dans les grandes agglom&eacute;rations. La liste des activit&eacute;s &agrave; exclure du r&eacute;gime forfaitaire est en annexe (annexe 1). Le passage du r&eacute;gime forfaitaire au r&eacute;gime r&eacute;el se fera, pour ses soixante-neuf activit&eacute;s, selon les propositions de l&rsquo;UTICA, progressivement sur deux ans, o&ugrave; le patent&eacute; passera du r&eacute;gime forfaitaire ordinaire au r&eacute;gime forfaitaire de cat&eacute;gorie 1 qui sera une passerelle transitoire vers le r&eacute;gime r&eacute;el au bout des deux ann&eacute;es.\n<\/p>\n<p>\n\t<strong>De la volont&eacute; politique<\/strong>\n<\/p>\n<p>\n\tD&rsquo;apr&egrave;s les dispositions de la loi des Finances 2014 concoct&eacute;es par le gouvernement Laarayedh et celles de la loi des Finances compl&eacute;mentaire pr&eacute;par&eacute;es par le gouvernement Jom&acirc;a, on ne peut pas s&rsquo;emp&ecirc;cher de remarquer que le gouvernement Jom&acirc;a est tr&egrave;s craintif par rapport aux propri&eacute;taires de fortunes et de patrimoines et n&rsquo;entreprend rien qui puisse les faire participer &agrave; l&rsquo;effort national de la fiscalit&eacute;. En revanche, le gouvernement sait se montrer s&eacute;v&egrave;re envers les couches populaires&hellip; Il faut rappeler que Mehdi Jom&acirc;a a cautionn&eacute; la signature triumvirale de la derni&egrave;re convention-cadre sur l&rsquo;augmentation des salaires le&nbsp;17mai&nbsp;2014. Cette complicit&eacute; n&rsquo;est pas l&rsquo;effet d&rsquo;une philanthropie de la part de Jom&acirc;a &agrave; l&rsquo;&eacute;gard des salari&eacute;s, mais la r&eacute;sultante de fins calculs politiques puisque les augmentations de salaire engendrent des augmentations du volume de l&rsquo;imp&ocirc;t per&ccedil;u. Ce qui d&eacute;montre que Jom&acirc;a n&rsquo;a aucunement l&rsquo;intention de revoir le bar&egrave;me de l&rsquo;imp&ocirc;t sur le revenu concernant les salaires, croyant, &agrave; tort, que cet imp&ocirc;t est cr&eacute;ateur de richesses pour le pays. Sinon qu&rsquo;a-t-il entrepris qui puisse pr&eacute;munir&nbsp; les jeunes et les marginalis&eacute;s contre les tentations extr&ecirc;mes, surtout en ces temps o&ugrave; le terrorisme gagne du terrain? Qu&rsquo;a-t-il entrepris envers les classes moyennes pour pr&eacute;server l&rsquo;&eacute;quilibre et la p&eacute;rennit&eacute; familiale et garantir aux enfants et jeunes g&eacute;n&eacute;rations une &eacute;ducation normale ? Peu de choses, sinon rien du tout. Ses appels au sacrifice, indistinctement des positions sociales sonneront creux tant que des mesures en faveur des couches populaires et des jeunes d&eacute;s&oelig;uvr&eacute;s, v&eacute;ritables artisans de la R&eacute;volution, ne sont pas consid&eacute;r&eacute;es en toute priorit&eacute;.\n<\/p>\n<p>\n\tC&rsquo;est certainement sur ce volet socio&eacute;conomique&nbsp; que se mesureront les limites du gouvernement Jom&acirc;a. Entendu que l&rsquo;actuel cabinet se veut un &laquo;gouvernement de r&eacute;formes et de travail&raquo;, tel que son chef l&rsquo;a annonc&eacute;, qu&rsquo;attend-il pour mettre&nbsp; en chantier les r&eacute;formes qui s&rsquo;imposent&nbsp;? Si l&rsquo;on croit le sondage de Sigma pour le mois de mai 2014 sur le volet socio&eacute;conomique, les Tunisiens sont 76,8% &agrave; s&rsquo;exprimer n&eacute;gativement sur l&rsquo;action gouvernementale en mati&egrave;re de lutte contre la hausse des prix, 70,4% sur la cr&eacute;ation d&rsquo;emplois, 61,4% sur la lutte contre la corruption, 59,98% sur les cr&eacute;ations de projets de d&eacute;veloppement dans les r&eacute;gions. Dans leur ensemble, ils sont majoritaires (51,5%) &agrave; ne pas voir d&rsquo;am&eacute;lioration de l&rsquo;&eacute;conomie du pays, contre 47% qui pensent le contraire.\n<\/p>\n<p>\n\tNul besoin de &laquo;d&eacute;chiffrer&raquo; ces chiffres. Ils sont suffisamment parlants.\n<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">\n\tMoncef Chtourou\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p>\n\t&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis des mois, tout le monde en parle : responsables politiques, experts &eacute;conomiques, presse et citoyens ordinaires, mais nul n&rsquo;a &eacute;t&eacute; &agrave; m&ecirc;me de d&eacute;finir le sens de l&rsquo;iniquit&eacute; fiscale&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":60,"featured_media":15549,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[3,6],"tags":[],"class_list":["post-15548","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-a-la-une","category-economie"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v26.3 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>De l\u2019injustice fiscale, de l\u2019injustice tout court - 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