{"id":3006,"date":"2012-07-25T21:53:45","date_gmt":"2012-07-25T20:53:45","guid":{"rendered":"http:\/\/www.realites.com.tn\/demo\/?p=3006"},"modified":"2012-07-25T21:53:45","modified_gmt":"2012-07-25T20:53:45","slug":"ces-menaces-qui-nous-guettent-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/realites.com.tn\/fr\/ces-menaces-qui-nous-guettent-2\/","title":{"rendered":"Ces  menaces qui nous guettent"},"content":{"rendered":"<p class=\"p1\">\n\t<b style=\"line-height: 1.6em;\"><i>Depuis des mois, le respect du &laquo;sacr&eacute;&raquo; ou des &laquo;m&oelig;urs&raquo; est le pr&eacute;texte &agrave; de nombreuses atteintes commises. Il n&rsquo;en fallait pas davantage pour que les associations de d&eacute;fense de droits de l&rsquo;Homme tirent la sonnette d&rsquo;alarme. Eclairage<\/i><\/b>\n<\/p>\n<p class=\"p2\">\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\t&laquo;Ghazi B&eacute;ji, l&rsquo;un des jeunes impliqu&eacute;s dans l&rsquo;Affaire des caricatures (&hellip;) vient d&rsquo;obtenir l&rsquo;asile en Roumanie. Il est ainsi le premier r&eacute;fugi&eacute; politique tunisien de l&rsquo;apr&egrave;s r&eacute;volution. Jabeur son ami est quant &agrave; lui encore en prison.&raquo;Tout est dit. Nous sommes le lundi 16 juillet, Olfa Riahi, journaliste et bloggeuse qui suit l&rsquo;affaire dite des &laquo;deux caricaturistes de Mahdia&raquo; depuis le d&eacute;but annonce&nbsp; la nouvelle sur Facebook. Malgr&eacute; son entr&eacute;e ill&eacute;gale dans le territoire roumain, pour laquelle il risquait l&rsquo;expulsion,&nbsp; Ghazi a finalement obtenu l&rsquo;asile. Facilement. Les autorit&eacute;s roumaines devaient le lui accorder le plus rapidement possible. Sa vie &eacute;tait en danger dans les camps o&ugrave; il s&rsquo;&eacute;tait r&eacute;fugi&eacute;. L&agrave; bas, un Palestinien l&rsquo;avait &laquo;agress&eacute;, arrach&eacute; un bout de chair, avant de lui l&eacute;cher la plaie&raquo;. Il avait eu vent de ses troubles en Tunisie et notamment de son (absence de conviction&raquo;. Rapidement et facilement, Human Rights Watch (section Tunis) qui suit l&rsquo;affaire de pr&egrave;s, a envoy&eacute; une lettre d&rsquo;appui. Et les arguments ne manquent pas. &laquo;Nous avons expliqu&eacute; que si Ghazi &eacute;tait renvoy&eacute; en Tunisie, il risquerait la prison et la pers&eacute;cution en raison de ses opinions. Sa m&egrave;re a d&rsquo;ailleurs &eacute;t&eacute; agress&eacute;e&raquo;, nous a confirm&eacute; Amna Guellali, chef de la section HRW. Et les arguments sont malheureusement bien multiples. Car Ghazi n&rsquo;est pas seul. Jabeur , le co-accus&eacute;, toujours en Tunisie a &eacute;t&eacute; condamn&eacute; &agrave; sept ans et demi de prison au terme d&rsquo;un proc&egrave;s exp&eacute;ditif o&ugrave; tout lui sera refus&eacute; dont l&rsquo;expertise m&eacute;dicale. Il purge en ce moment sa peine dans des conditions difficiles. &laquo;Etre condamn&eacute; pour ath&eacute;isme &eacute;quivaut &agrave; &ecirc;tre condamn&eacute; &agrave; mort dans les prisons&raquo;, nous confie-t-on &agrave; son propos.&nbsp; Ath&eacute;isme&nbsp;? Le mot&nbsp; pourtant n&rsquo;appara&icirc;t nulle part dans l&rsquo;arr&ecirc;t de la Cour d&rsquo;appel de Monastir. Pire, le juge reconna&icirc;t m&ecirc;me la libert&eacute; du coupable&hellip;tout en&nbsp; usant du fameux article 121 paragraphe 3 du code p&eacute;nal relatif &laquo;aux troubles &agrave; l&rsquo;ordre public&raquo;. &laquo;Le juge tout en consid&eacute;rant qu&rsquo;il est libre le condamne. Il lui fait porter la responsabilit&eacute; de sa libert&eacute;. Soit on est libre, soit on ne l&rsquo;est pas&nbsp;!&raquo;, s&rsquo;indigne l&rsquo;avocate Bochra Belhaj Hmida.&nbsp;\n<\/p>\n<p class=\"p2\">\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\t<b>La multiplication de faits troublants<\/b>\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\tLa Tunisie postr&eacute;volutionnaire vient donc d&rsquo;avoir son premier exil&eacute; d&rsquo;opinion&hellip;Est-ce un signe, un indice r&eacute;v&eacute;lateur&nbsp;? Car depuis des mois, l&rsquo;&eacute;tau se resserre autour des libert&eacute;s individuelles (voir encadr&eacute;). Deux mots notamment, inspirent les pires craintes aux associations&nbsp;: les m&oelig;urs et le sacr&eacute;. Le 5 juillet, Raafa Ayadi, enseignante de son &eacute;tat, sort d&rsquo;un restaurant de la capitale au terme d&rsquo;une soir&eacute;e entre amis.&nbsp; Arr&ecirc;t&eacute;e par la police, la jeune femme pense tout d&rsquo;abord &agrave; un simple &laquo;contr&ocirc;le de routine&raquo;. Mais de fil en aiguille, et parce qu&rsquo;elle a demand&eacute; les &laquo;raisons de la lenteur du contr&ocirc;le&raquo;,&nbsp; elle vit une soir&eacute;e &laquo;difficile&raquo;. &laquo;Trait&eacute;e &nbsp;comme un criminel&raquo;, &laquo;insult&eacute;e&raquo;, &laquo;menac&eacute;e&raquo;, elle s&rsquo;entend dire par l&rsquo;un des policiers que &laquo;s&rsquo;il avait une s&oelig;ur habill&eacute;e comme &ccedil;a il l&rsquo;aurait tu&eacute;e&raquo;.&nbsp; Apr&egrave;s une nuit de terreur, elle est forc&eacute;e d&rsquo;apposer sa signature en bas d&rsquo;un document, une main courante&hellip;selon laquelle elle &laquo;a refus&eacute; de pr&eacute;senter ses papiers au moment du contr&ocirc;le&raquo;, &laquo;sentait l&rsquo;alcool&raquo; et&nbsp; &laquo;insultait la police&raquo;. Traumatis&eacute;e, la jeune femme a d&eacute;cid&eacute; de porter plainte. Le procureur a renvoy&eacute; l&rsquo;enqu&ecirc;te aupr&egrave;s de la police dont un bon nombre &laquo;se sont d&eacute;j&agrave; d&eacute;solidaris&eacute;s des agissements de leurs coll&egrave;gues&raquo;. Aussi grave soit-il, le cas de Raafa Ayadi n&rsquo;est pas isol&eacute;&nbsp;? Il y a les cas connus, ceux qui &agrave; l&rsquo;instar de Raafa ou de Rim El Benna ont fait un tapage m&eacute;diatique ou\/et sur les r&eacute;seaux sociaux. Et puis il y a les autres. En l&rsquo;espace d&rsquo;un mois, Bochra Bel Hadj Hamida s&rsquo;est charg&eacute;e de deux dossiers. Sa cliente, propri&eacute;taire d&rsquo;une agence de voyages &eacute;tait all&eacute;e chercher un client &agrave; l&rsquo;a&eacute;roport et s&rsquo;appr&ecirc;tait &agrave; l&rsquo;accompagner &agrave; son h&ocirc;tel. Une patrouille l&rsquo;arr&ecirc;te sur la route qui les m&egrave;ne &agrave; La Goulette pour un &laquo;contr&ocirc;le de routine&raquo;. Insult&eacute;e, agress&eacute;e verbalement, elle est humili&eacute;e devant son client qui assiste impuissant. &laquo;Pourquoi prendre celle-l&agrave;, nous avons beaucoup de p****&raquo;, aurait m&ecirc;me d&eacute;clar&eacute; l&rsquo;un des officiers. Elle passe la nuit au poste avant d&rsquo;&ecirc;tre d&eacute;f&eacute;r&eacute;e directement devant le tribunal&#8230;pour &eacute;coper de deux mois de prison pour agression verbale &agrave; l&rsquo;encontre d&rsquo;un fonctionnaire.&nbsp; Mais &agrave; la suite d&rsquo;une plainte qu&rsquo;elle a d&eacute;pos&eacute;e, son dossier est actuellement &agrave; l&rsquo;&eacute;tude et une enqu&ecirc;te est en cours.&nbsp; &laquo;G&eacute;n&eacute;ralement, lorsque sept cas arrivent &agrave; la cellule d&rsquo;&eacute;coute de l&rsquo;association, cela signifie qu&rsquo;il y en a une vingtaine non d&eacute;clar&eacute;s&raquo;, souligne Ahlem Belhaj. La pr&eacute;sidente de l&rsquo;ATFD (Association Tunisienne des Femmes D&eacute;mocrates est d&rsquo;autant plus pr&eacute;occup&eacute;e que selon elle, cette violence ciblant en particulier les femmes,&nbsp; n&rsquo;est pas nouvelle, &laquo;simplement&raquo; exacerb&eacute;e.&nbsp; Car faut-il le rappeler, selon une enqu&ecirc;te publi&eacute;e par l&rsquo;ONFP 47,6% des femmes &acirc;g&eacute;es de 18 &agrave; 64 ans ont d&eacute;clar&eacute; avoir subi au moins une forme de violence dans leur vie. &laquo;Apr&egrave;s la R&eacute;volution, nous avons assist&eacute; &agrave; une violence politique exerc&eacute;e par des groupes qui ont pris la femme pour cible. Car quand on parle de morale en Tunisie, on parle de femme qui ne respecte pas la morale. Et on s&rsquo;acharne &agrave; les culpabiliser&raquo;. Avant de poursuivre&nbsp;:&nbsp;&laquo;Historiquement, les politiques ont toujours d&eacute;cid&eacute; comment les femmes doivent s&rsquo;habiller. Bourguiba a enlev&eacute; le safsari, le MTI (ndlr&nbsp;: mouvement de tendance islamique) a voulu impos&eacute; le voile puis Ben Ali l&rsquo;a interdit. Il est inacceptable que les politiques d&eacute;cident pour les femmes. Le corps des femmes leur appartient. Nous sommes des citoyennes avant tout&raquo;, conclut-elle.&nbsp;\n<\/p>\n<p class=\"p2\">\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\t<b>L&rsquo;alcool, le paradoxe tunisien<\/b>\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\tSacr&eacute;, corps des femmes&hellip;et alcool. Le triptyque de l&rsquo;interdit est ainsi form&eacute;. Car depuis des mois, une guerre sans merci est livr&eacute;e &agrave; l&rsquo;alcool, notamment dans certaines r&eacute;gions de l&rsquo;int&eacute;rieur. H&eacute;di Ben Romdhane, le pr&eacute;sident de la section de la LTDH de Jendouba s&rsquo;en souvient encore lorsqu&rsquo;en mai dernier, les habitants de la ville ont &eacute;t&eacute; les t&eacute;moins d&rsquo;une attaque en r&egrave;gle, men&eacute;e apr&egrave;s mise en garde et intimidation, d&rsquo;un groupe de salafistes contre deux bars et un h&ocirc;tel de la ville.&nbsp; &laquo;Vous avez trois mois saints pendant lesquels vous n&rsquo;allez pas travailler&raquo;, auraient-ils d&eacute;clar&eacute; aux propri&eacute;taires. Les salafistes qui s&rsquo;attaquent &agrave; des d&eacute;bits de boissons for&ccedil;ant r&eacute;guli&egrave;rement les maitres des lieux &agrave; renforcer la s&eacute;curit&eacute;&hellip;quasi habituelle ou du moins normal. Mais un t&eacute;moignage d&rsquo;une citoyenne fran&ccedil;aise pour le moins troublant a &eacute;t&eacute; relay&eacute; sur Facebook par Lina Ben Mhenni dans son blog &laquo;The Tunisian Girl&raquo;.&nbsp; Un fait particuli&egrave;rement troublant a &eacute;t&eacute; relay&eacute; &laquo;Je rentrais de Paris, comme d&rsquo;habitude j&rsquo;ai achet&eacute; deux bouteilles d&rsquo;alcool de la duty, les bouteilles &eacute;taient emball&eacute;es dans un sac en plastique transparent. &Agrave; la sortie de l&rsquo;a&eacute;roport Tunis Carthage juste apr&egrave;s le passage de la police je gagne la sortie l&agrave; ou il y a le contr&ocirc;le des douanes. En sortant, un agent de la douane m&rsquo;appelle et m&rsquo;oblige de cacher les bouteilles dans un sac opaque, autrement il ne me permettra pas de sortir&raquo;, &eacute;crit Liliane Van Mol Chekir. Policiers, douaniers, magistrats &laquo;moralisateurs&raquo;&hellip;Et si l&rsquo;appareil de l&rsquo;Etat &eacute;tait au service d&rsquo;un projet d&eacute;termin&eacute;&nbsp;?\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\tLe spectre de 2004\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\tEn 1985 et en 2004 avaient eu lieu des campagnes de respect des m&oelig;urs. La premi&egrave;re, sous un Bourguiba vieillissant, &eacute;tait &laquo;une man&oelig;uvre politicienne pour contrer les islamistes,&nbsp;men&eacute;e par le ministre de l&rsquo;Int&eacute;rieur&raquo;, dixit Ahlem Belhaj.&nbsp;\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\tLa deuxi&egrave;me avait &eacute;t&eacute; nettement plus &laquo;sanglante&raquo;. Arrestations, intimidations, femmes malmen&eacute;es, elle restera dans les annales et se soldera par un lourd bilan&nbsp;: pr&egrave;s de 300 arrestations p&ecirc;le-m&ecirc;le de &laquo;couples&raquo; automatiquement d&eacute;f&eacute;r&eacute;s devant le tribunal. Et les craintes et pr&eacute;occupations sont d&rsquo;autant plus pr&eacute;sentes que la campagne des m&oelig;urs de 2004 avait pr&eacute;par&eacute; le terrain &agrave; une campagne contre la loi sur le harc&egrave;lement sexuel. Elle&nbsp; avait permis d&rsquo;ins&eacute;rer un cheval de Troie&nbsp;: le&nbsp; fameux article 226 bis&nbsp; relatif &agrave; l&rsquo;atteinte aux bonnes m&oelig;urs ou &agrave; la morale publique en vertu duquel le citoyen risque 6 mois de prison. D&eacute;passements, exc&egrave;s de z&egrave;le de fonctionnaires ou campagne de m&oelig;urs orchestr&eacute;es&nbsp;? Les organisations de droits de l&rsquo;Homme ne veulent pas se prononcer&nbsp; pour &laquo;manque d&rsquo;&eacute;l&eacute;ments&raquo;. Et les autorit&eacute;s rassurent. Rencontr&eacute; par les associations f&eacute;ministes pour la constitutionnalisation des droits des femmes, Mustapha Ben Jaafar &laquo;avoue son &eacute;tonnement et promet de diligenter une enqu&ecirc;te et de r&eacute;pertorier les cas&raquo;.&nbsp; &laquo;Ce qui nous d&eacute;range est que pendant une longue p&eacute;riode,&nbsp; l&rsquo;Etat n&rsquo;a pas assum&eacute; son r&ocirc;le de protecteur des citoyens. Il n&rsquo;y a pas eu suffisamment de fermet&eacute; dans la lutte contre ces pratiques&raquo;, a indiqu&eacute; Ahlem Belhaj qui tout en pr&eacute;voyant d&rsquo;adresser dans les prochains jours une lettre au ministre de l&rsquo;Int&eacute;rieur s&rsquo;interdit de tirer les moindres conclusions.&nbsp; &laquo;Les d&eacute;passements comme la campagne m&rsquo;inqui&egrave;tent. Mais je suis davantage inqui&eacute;t&eacute; par ceux qui sont derri&egrave;re tout cela&raquo;, conclut&nbsp; pour sa part Abdessater Ben Moussa, le pr&eacute;sident de la LTDH.&nbsp;\n<\/p>\n<p class=\"p3\">\n\t<b><i>Azza Turki<\/i><\/b>\n<\/p>\n<p class=\"p2\">\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p class=\"p2\">\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\t<span class=\"s1\"><b>Quelques dates marquantes<\/b><\/span>\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\t-3\/01\/2012&nbsp;: Cas des magazines Le Point et l&rsquo;Express censur&eacute;s par la Sotupress qui a d&eacute;cid&eacute; de ne pas les distribuer &ldquo;par respect pour les valeurs sacr&eacute;es de l&rsquo;Islam et du peuple tunisien.&rdquo; L&rsquo;un portant sur les r&eacute;volutions arabes, l&rsquo;autre sur l&rsquo;existence de Dieu,&nbsp;\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\t&#8211; f&eacute;vrier 2012&nbsp;: L&eacute;galisation de l&rsquo;association centriste de sensibilisation et de r&eacute;forme (AL Amr Bilma&acirc;rouf Wa Nahy Ala Almonkar), Adel Almi son pr&eacute;sident d&eacute;clare que &laquo;la non voil&eacute;e ira en enfer&raquo;.&nbsp;\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\t&#8211; f&eacute;vrier 2012&nbsp;: Affaire Attounnissia&nbsp;: le directeur du journal est arr&ecirc;t&eacute; puis poursuivi en raison d&rsquo;une photo publi&eacute;e en couverture montant le joueur tunisien Sami Khedira, de nationalit&eacute; allemande, entourant sa petite amie, un mannequin d&eacute;nud&eacute;. Il sera condamn&eacute; &agrave; verser 1.000 dinars d&rsquo;amende.&nbsp;\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\t-18 mars&nbsp;: Abdelfattah Mourou est contraint de quitter une mosqu&eacute;e &agrave; Kala&acirc; K&eacute;bira. La raison&nbsp;? Il avait eu un comportement contraire &agrave; la religion et aux bonnes m&oelig;urs car il avait chant&eacute; sur Hannibal TV.\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\t-25 mars&nbsp;: Attaque des artistes avenue Habib Bourguiba par des salafistes appelant &agrave; l&rsquo;application de la Chari&acirc;a\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\t-d&eacute;but avril&nbsp;: Les lieux de culte non-musulmans&nbsp; (&eacute;glise orthodoxe de l&rsquo;avenue Mohamed V,&nbsp; cimeti&egrave;re chr&eacute;tien de Montplaisir&hellip;) sont pris pour cible.&nbsp;\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\t-21\/04\/2012&nbsp;: Jaouhar Ben Mbarek se fait violemment agresser &agrave; Douz par un groupe de salafistes. Bilan&nbsp;: un traumatisme cr&acirc;nien et une blessure au genou.&nbsp;\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\t-26 avril&nbsp;: alors qu&rsquo;il s&rsquo;appr&ecirc;tait &agrave; prendre part &agrave; une rencontre-d&eacute;bat, avec Rached Ghannouchi et Abdelfattah Mourou, Youssef Seddik est&nbsp; &laquo;d&eacute;gag&eacute;&raquo; pour la deuxi&egrave;me fois en une semaine et a &eacute;t&eacute; trait&eacute; de &laquo;m&eacute;cr&eacute;ant&raquo;.\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\t-mai 2012&nbsp;: Des groupes salafistes effectuent une op&eacute;ration de ratissage visant la fermeture des points de vente de boissons alcoolis&eacute;s dans plusieurs r&eacute;gions du pays, notamment Sidi Bouzid, B&eacute;ja et Jendouba.&nbsp;\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\t-3 mai : verdict concernant l&rsquo;affaire dite &ldquo;Persepolis&rdquo; et relative &agrave; la diffusion de ce film sur la cha&icirc;ne NessmaTV&nbsp;: amende de 2.400 dinars. La chaine se pourvoit en cassation.&nbsp;\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\t-semaine du 11 juin&nbsp;: affaire El Abdelliya. A la suite d&rsquo;une exposition, les artistes sont pris pour cible et une vague de violence s&eacute;vit dans le pays. En cause, des &oelig;uvres jug&eacute;es comme &eacute;tant une atteinte au sacr&eacute;.&nbsp;\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\t&nbsp;-14 juin&nbsp;: l&rsquo;imam de la mosqu&eacute;e Zitouna, Houcine La&acirc;bidi, accuse les artistes auteurs d&rsquo;&oelig;uvres jug&eacute;es blasph&eacute;matoires et les qualifie de &laquo;m&eacute;cr&eacute;ants&raquo; ils devraient &laquo;&ecirc;tre tu&eacute;s, et leur sang vers&eacute;&raquo;.\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\t&#8211; 25 juin: Jabeur Mejri et Ghazi B&eacute;ji sont condamn&eacute;s &agrave; 7 ans et demi de prison par la Cour d&rsquo;Appel de Monastir pour trouble &agrave; l&rsquo;ordre public. Il leur est notamment reproch&eacute; d&rsquo;&ecirc;tre ath&eacute;es et d&rsquo;avoir officiellement fait &eacute;tat&nbsp; de leur conviction sur le Net.&nbsp;\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\t&nbsp;&#8211; 2 juillet&nbsp;: L&rsquo;artiste Rym El Bana agress&eacute;e par les forces de l&rsquo;ordre pour sa tenue l&eacute;g&egrave;re port&eacute;e sur l&rsquo;avenue Habib Bourguiba.\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\t-12 juillet: Le ministre de la Culture d&eacute;clare &agrave; l&rsquo;occasion d&rsquo;une conf&eacute;rence de presse des festivals de Hammamet et Carthage que les films tunisiens passent d&eacute;sormais par une &laquo;commission de censure religieuse&raquo;\n<\/p>\n<p class=\"p2\">\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\t<span class=\"s1\"><b>L&rsquo;avis du psychiatre, Dr Sofiane Zribi:<\/b><\/span>\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\t<span class=\"s1\"><b>&laquo;La perte de la loi bourguibienne a cr&eacute;&eacute; un retour vers le conservatisme&raquo;<\/b><\/span>\n<\/p>\n<p class=\"p2\">\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\tLa question du licite et de l&rsquo;interdit n&rsquo;est pas dissociable du contexte historique tunisien selon le psychiatre Sofiane Zribi. &laquo;La question de la loi est au centre de tout. En Tunisie, il n&rsquo;y a pas eu un r&eacute;el processus d&rsquo;int&eacute;riorisation de la loi en tant que telle. Elle &eacute;mane avant tout de la figure paternelle et a &eacute;t&eacute; personnalis&eacute;e dans la politique. L&rsquo;autorit&eacute; du Bey bien que durement &eacute;branl&eacute;e par la d&eacute;colonisation, s&rsquo;est poursuivie avec celle de Bourguiba. Mais de 1956 &agrave; 1987, le Tunisien est rest&eacute; plong&eacute; dans un certain infantilisme.&raquo; Le probl&egrave;me commence sous Ben Ali, qui peine &agrave; faire perdurer cette autorit&eacute; paternelle bienveillante et s&eacute;v&egrave;re. Il instaure une autre loi qui est celle du plus fort et du plus riche. Les gens ont donc commenc&eacute; &agrave; se tourner vers un id&eacute;al plus pur que l&rsquo;Etat de Ben Ali et le mouvement commun est all&eacute; vers les valeurs morales et la religion. &laquo;Avec la R&eacute;volution, les tabous et les barri&egrave;res ont saut&eacute; et les identit&eacute;s extr&ecirc;mes se sont affirm&eacute;es. On ne peut pas dire qu&rsquo;il y a un regain de conservatisme dans les comportements, puisque la consommation d&rsquo;alcool a augment&eacute; apr&egrave;s la R&eacute;volution. Les gens ne sont pas particuli&egrave;rement plus religieux qu&rsquo;avant. Les gens sont plus libres et ont une attitude lib&eacute;rale. C&rsquo;est l&rsquo;absence de loi qui cr&eacute;e les deux extr&ecirc;mes, extr&ecirc;me lib&eacute;ration d&rsquo;un c&ocirc;t&eacute;, conservatisme extr&ecirc;me de l&rsquo;autre.&nbsp;Ce n&rsquo;est par hasard, que certains se r&eacute;clament d&rsquo;un retour aux formes premi&egrave;res de l&rsquo;Islam.&raquo; Le probl&egrave;me tiendrait donc plut&ocirc;t d&rsquo;une permissivit&eacute; &agrave; tout va dans un Etat qui peine &agrave; r&eacute;instaurer son autorit&eacute;. Le Tunisien serait ainsi plus dans la d&eacute;marche d&rsquo;une attente, celle de retrouver une autorit&eacute; &eacute;tatique que dans un repli conservateur.\n<\/p>\n<p class=\"p3\">\n\t<b><i>L.B<\/i><\/b>\n<\/p>\n<p class=\"p2\">\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\t<span class=\"s1\"><b>L&rsquo;avis du sociologue Mohamed Kerrou :<\/b><\/span>\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\t<span class=\"s1\"><b>&laquo;Il ne faut pas tomber dans l&rsquo;alarmisme&raquo;<\/b><\/span>\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\tDifficult&eacute; de parler d&rsquo;un retour du conservatisme pour le sociologue Mohamed Kerrou qui voit une double probl&eacute;matique dans la question&nbsp;: &laquo;Si l&rsquo;on parle des nouveaux interdits apr&egrave;s la R&eacute;volution, il faut d&eacute;finir d&eacute;j&agrave; si la R&eacute;volution a mis &agrave; bas un syst&egrave;me. En Tunisie, il y a toujours eu du conservatisme et ce n&rsquo;est pas la R&eacute;volution qui change la donne&raquo;. Pour le sociologue, la tendance est aujourd&rsquo;hui &agrave; &laquo;l&rsquo;exaltation&raquo; ou &laquo;l&rsquo;alarmisme&raquo; qui alimenterait une inqui&eacute;tude d&rsquo;un retour &agrave; un certain conservatisme. &laquo;C&rsquo;est comme pour le ph&eacute;nom&egrave;ne salafiste, on tend &agrave; dire qu&rsquo;il est nouveau, alors qu&rsquo;il y a d&eacute;j&agrave; eu des cas en Tunisie, l&rsquo;attentat contre la synagogue de Djerba en 2002, mais aussi le cas de l&rsquo;affaire Soliman en 2007.&nbsp;Les salafistes les plus radicaux n&rsquo;existent que par la violence et la visibilit&eacute;. Aujourd&rsquo;hui, ils ont une grande visibilit&eacute; en Tunisie.&raquo; Selon le sociologue, les interdits et les transgressions ont toujours exist&eacute; dans la soci&eacute;t&eacute; tunisienne et c&rsquo;est cette &laquo;surexposition&raquo; de certains interdits comme le sexe ou l&rsquo;alcool, li&eacute;s &agrave; la religion, qui peuvent donner lieu &agrave; un regain de conservatisme. Par contre, pour ce qui serait d&rsquo;un conservatisme agressif et impuni o&ugrave; le gouvernement serait passif, le sociologue voit dans le cas des comportements abusifs de la police, un ph&eacute;nom&egrave;ne int&eacute;ressant&nbsp;: &laquo;Le corps policier essaye de retrouver une autorit&eacute; perdue depuis Ben Ali sur le citoyen. Il est pass&eacute; d&rsquo;une omnipr&eacute;sence dans l&rsquo;espace public &agrave; une disparition apr&egrave;s le 14 Janvier.&nbsp; Il pense qu&rsquo;en contr&ocirc;lant les tenues vestimentaires, c&rsquo;est d&rsquo;une certaine fa&ccedil;on s&rsquo;assurer l&rsquo;approbation du gouvernement islamiste. Je ne pense pas que cela &eacute;mane de directives explicites. Ces exc&egrave;s sont les m&ecirc;mes que sous Ben Ali, sauf qu&rsquo;ils sont orient&eacute;s vers une autre cible.&raquo; L&rsquo;exc&egrave;s vient ainsi du c&ocirc;t&eacute; du citoyen qui ne respecte plus l&rsquo;Etat et la loi comme en t&eacute;moigne la conduite hors-la-loi de nombreux Tunisiens ou le refus d&rsquo;ob&eacute;ir aux r&egrave;gles sous pr&eacute;texte qu&rsquo;il est &laquo;libre&raquo;. Le vrai danger r&eacute;side selon Mohamed Kerrou dans les strates de la soci&eacute;t&eacute; civile qui fournissent en masse des sc&eacute;narii chaotiques. Il vise ainsi certaines associations &agrave; tendance islamiste qui montent de toutes pi&egrave;ces des incidents&nbsp;: &laquo;Le cas du Palais Abdellia est un montage grotesque qui a &eacute;chou&eacute; contrairement &agrave; l&rsquo;Affaire Nessma TV.&raquo; Visibilit&eacute; et mise en sc&egrave;ne, le regain de conservatisme serait donc orchestr&eacute; et aliment&eacute;, selon le sociologue qui refuse la th&egrave;se d&rsquo;un changement radical au niveau des mentalit&eacute;s.\n<\/p>\n<p class=\"p3\">\n\t<b><i>L.B<\/i><\/b><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis des mois, le respect du \u00absacr\u00e9\u00bb ou des \u00abm\u0153urs\u00bb est le pr\u00e9texte \u00e0 de nombreuses atteintes commises. Il n\u2019en fallait pas davantage pour que les associations de d\u00e9fense de droits de l\u2019Homme tirent la sonnette d\u2019alarme. 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