{"id":3829,"date":"2013-05-16T07:26:28","date_gmt":"2013-05-16T06:26:28","guid":{"rendered":"http:\/\/www.realites.com.tn\/demo\/?p=3829"},"modified":"2013-05-16T07:26:28","modified_gmt":"2013-05-16T06:26:28","slug":"de-kechiche-a-goha-entre-fierte-et-nostalgie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/realites.com.tn\/fr\/de-kechiche-a-goha-entre-fierte-et-nostalgie\/","title":{"rendered":"De Kechiche \u00e0 \u00ab Goha \u00bb : Entre fiert\u00e9 et nostalgie"},"content":{"rendered":"<p class=\"p1\">\n\t<b style=\"line-height: 1.6em;\"><i>Par F&eacute;rid Boughedir<\/i><\/b>\n<\/p>\n<p class=\"p2\">\n\t<span style=\"line-height: 1.6em;\">La s&eacute;lection du 66e festival international du film de Cannes de cette ann&eacute;e (15 au 26 mai 2013), o&ugrave; figure enfin&nbsp; un r&eacute;alisateur tunisien s&eacute;lectionn&eacute; (Abdellatif Kechiche avec &laquo; La vie d&rsquo;Adele &raquo;), ce qui n&rsquo;&eacute;tait plus arriv&eacute; depuis 2001, ne peut nous emp&ecirc;cher de songer au pass&eacute; r&eacute;cent de notre cin&eacute;ma avec une pointe de regret: Dans les ann&eacute;es 80 et 90, il ne se passait en effet gu&egrave;re de session sans que la Tunisie ne soit s&eacute;lectionn&eacute;e dans l&rsquo;une ou l&rsquo;autre section du festival. Pas un film d&rsquo;une qualit&eacute; artistique digne du niveau international : cela a v&eacute;ritablement commenc&eacute; avec la section &laquo; Quinzaine des r&eacute;alisateurs &raquo; s&eacute;lectionnant&nbsp; &laquo; Soleil des hy&egrave;nes &raquo; de Ridha B&eacute;hi en 1977, suivi par &laquo; Aziza &raquo; d&rsquo;Abdellatif Ben Ammar en 1980; la section &laquo; la semaine de la critique &raquo; s&eacute;lectionnant &laquo; l&rsquo;ombre de la Terre de Taieb Louhichi en1982, puis la section &laquo; un certain regard &raquo;&nbsp; choisissant le film de l&rsquo;auteur de ces lignes &laquo; cam&eacute;ra d&rsquo;Afrique &raquo;&nbsp; en1983. Suivirent : &laquo; Les anges &raquo; de Ridha &nbsp; Behi (Quinzaine, 1985), &laquo;L&rsquo;homme de cendres &raquo; de Nouri Bouzid (un certain regard, 1986), &laquo; Cam&eacute;ra arabe &raquo; portant ma propre signature (un certain regard, 1987), avec m&ecirc;me un &laquo;&nbsp; Pic &raquo;&nbsp; des deux films tunisiens s&eacute;lectionn&eacute;s la m&ecirc;me ann&eacute;e en 1989 : &laquo; les sabots en or &raquo; de Nouri Bouzid (un certain regard) et &laquo; Arab &raquo; de Fadhel Jaibi et Fadhel Jaziri (Semaine de la critique). Suivirent mon film &laquo; Halfaouine &raquo; (Asfour Stah) (Quinzaine, 1990), &laquo; Chich-Khan&raquo; de Mahmoud ben Mahmoud et Fadhel Jaibi (quinzaine, 1991) &laquo; Bezness &raquo; de nouri Bouzid (quinzaine, 1992), et l&rsquo;apoth&eacute;ose avec &laquo; les silences du palais &raquo; de moufida Tlatli, (quinzaine, 1994, mention sp&eacute;ciale &laquo; cam&eacute;ra d&rsquo;or &raquo;) ;<\/span>\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\tEnsuite &ccedil;a se rar&eacute;fie : il faut attendre six ans pour &laquo; La saison des hommes &raquo; de moufida Tlatli&nbsp; s&eacute;lectionn&eacute; &agrave; &laquo; un certain regard &raquo; en 2000, et &ccedil;a s&rsquo;arr&ecirc;te avec &laquo; Fatma &raquo; de Khaled Ghorbal (s&eacute;lectionn&eacute; &agrave; la quinzaine en 2001).\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\tDepuis, plus aucun film Tunisien n&rsquo;a &eacute;t&eacute; s&eacute;lectionn&eacute; &agrave; Cannes dans une des sections &laquo;normales&raquo; du festival, sinon des pr&eacute;sentations &eacute;pisodiques dans des &eacute;v&eacute;nements sp&eacute;ciaux,&nbsp; ou&nbsp; dans le cadre non comp&eacute;titif du &laquo; march&eacute; du film &raquo; et du &laquo; Short film corner &raquo; ou encore &agrave;&nbsp; l&rsquo;int&eacute;rieur du stand de la Tunisie &agrave; Cannes.\n<\/p>\n<p class=\"p2\">\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\t<b>Les raisons de la p&eacute;nurie actuelle :<\/b>\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\tJ&rsquo;&eacute;num&egrave;re volontairement cette liste des films qui n&rsquo;a jamais &eacute;t&eacute; publi&eacute;e ainsi, sinon aujourd&rsquo;hui dans R&eacute;alit&eacute;s, &agrave; dessein , pour les lecteurs, et surtout pour les jeunes g&eacute;n&eacute;rations de cin&eacute;astes qui sortent au rythme de 300 par an de nos tr&egrave;s nombreuses &eacute;coles de cin&eacute;ma, et qui ne r&eacute;alisent sans doute pas que pendant pr&egrave;s d&#39;un quart de si&egrave;cle,&nbsp; de 1977 &agrave; 2001, le cin&eacute;ma tunisien a &eacute;t&eacute; consid&eacute;r&eacute; dans les plus grands festivals du monde comme &eacute;tant &agrave; l&#39;avant-garde&nbsp; du cin&eacute;ma arabe, en &eacute;tant &agrave; la pointe de l&#39;inventivit&eacute;, de l&rsquo;originalit&eacute; du point de vue artistique, de l&rsquo;audace, et de la libert&eacute; d&rsquo;expression, par rapport &agrave; tous les cin&eacute;mas de la r&eacute;gion, dont beaucoup moins de films de qualit&eacute; furent quantitativement, s&eacute;lectionn&eacute;s durant cette p&eacute;riode&nbsp;\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\tPourquoi donc, et pour s&rsquo;en tenir au festival de Cannes, apr&egrave;s cet &laquo; &acirc;ge d&rsquo;or &raquo; de la cr&eacute;ativit&eacute;, le cin&eacute;ma tunisien a-t-il&nbsp; totalement disparu depuis 12 ans des diff&eacute;rentes s&eacute;lections du festival ?\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\tLa raison principale est la non &eacute;volution ni transformation des lois&nbsp; encadrant le cin&eacute;ma dans notre pays.\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\tEn effet, le cin&eacute;ma tunisien doit ce succ&egrave;s et son financement au fait que la Tunisie a &eacute;t&eacute; le premier pays africain a d&eacute;cr&eacute;ter d&egrave;s 1981 que &laquo;l&rsquo;audiovisuel financerait l&rsquo;audiovisuel &raquo;, et cela en cr&eacute;ant, &agrave; l&rsquo;instar des meilleurs syst&egrave;mes de soutien mondiaux, une taxe de 11 % sur les tickets de cin&eacute;ma, taxe revers&eacute;e aux fonds de soutien &agrave; la production cin&eacute;matographique nationale, g&eacute;r&eacute;s par le minist&egrave;re de la Culture, et qui ont servi &agrave; soutenir la production de la presque totalit&eacute; des films cit&eacute;s plus haut.\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\tCependant, avec le d&eacute;veloppement des cha&icirc;nes de TV satellitaires et des DVD pirat&eacute;s, cette source s&rsquo;est tarie, et la plupart des salles ont ferm&eacute; leurs portes. celles d&rsquo;autres pays africains ont suivi l&rsquo;&eacute;volution des syst&egrave;mes de soutien mondiaux qui pr&eacute;l&egrave;vent &agrave; pr&eacute;sent sur les recettes des nouvelles formes de diffusion de l&rsquo;image, telles que les recettes publicitaires des t&eacute;l&eacute;visions, les b&eacute;n&eacute;fices des fournisseurs d&rsquo;Internet et de t&eacute;l&eacute;phonie mobile. &nbsp;\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\tTout d&rsquo;abord le Maroc, qui est parvenu &agrave; d&eacute;cupler sa production de films par rapport &agrave; la Tunisie par un simple ajout &agrave; sa loi des finances en 1997, en pr&eacute;levant 5 % des recettes des TV au profit du cin&eacute;ma. Si bien qu&rsquo;offrant plus de productions de qualit&eacute;,&nbsp; le Maroc a en toute logique remplac&eacute; la Tunisie, d&egrave;s les&nbsp; ann&eacute;es 2000, dans les diff&eacute;rentes sections cannoises, notamment avec les films de Nabil Ayouch, Faouzi ben Saidi, Le&iuml;la Kilani ou Le&iuml;la Marrakchi . Le Tchad, &agrave; la cin&eacute;matographie jusque-l&agrave; balbutiante, est all&eacute; encore plus loin en d&eacute;cr&eacute;tant que 10 % des revenus de la t&eacute;l&eacute;phonie mobile irait au soutien au cin&eacute;ma. R&eacute;sultats : le Tchad et depuis plus de 15 ans le seul pays d&rsquo;Afrique noire &agrave; avoir &eacute;t&eacute; s&eacute;lectionn&eacute; en comp&eacute;tition officielle &agrave; Cannes, avec &laquo; Un homme qui criait &raquo; de Mahamat Saleh Haroun en 2010, et qui r&eacute;cidive cette ann&eacute;e avec &laquo; Grigris &raquo; de nouveau &nbsp; s&eacute;lectionn&eacute; en comp&eacute;tition officielle, en 2013, apr&egrave;s avoir &eacute;t&eacute; membre du jury officiel en 2011 .\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\tLa Tunisie (qui avait r&eacute;ussi l&rsquo;exploit de faire partie du jury officiel trois fois durant son &laquo; &acirc;ge d&rsquo;or &raquo;, ce qui en fait le seul pays africain et arabe dans ce cas) n&rsquo;a jusqu&rsquo;&agrave; pr&eacute;sent fait que la moiti&eacute; du chemin pour la modernisation des ses lois d&rsquo;encadrement cin&eacute;matographique.&nbsp;\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\tApr&egrave;s trois ans de r&eacute;unions fructueuses des associations et syndicats cin&eacute;matographiques tunisiens (dont j&#39;ai eu la lourde t&acirc;che et l&rsquo;honneur d&rsquo;en &ecirc;tre le coordinateur g&eacute;n&eacute;ral, de 2009 &agrave; 2011), les cin&eacute;astes tunisiens ont obtenu en ao&ucirc;t 2011 une premi&egrave;re victoire avec le d&eacute;cret-loi cr&eacute;ant enfin un &laquo; Centre national du cin&eacute;ma et de l&rsquo;Image &raquo; (CNCI). Un organisme professionnel fonctionnant avec des commissions compos&eacute;es de professionnels, et surtout, disposant de l&rsquo;autonomie financi&egrave;re pour percevoir des pr&eacute;l&egrave;vements&nbsp; et pouvoir les r&eacute;partir, ce qui n&rsquo;&eacute;tait pas le cas du service cin&eacute;ma du minist&egrave;re de la culture.\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\tCependant le CNC y est rest&eacute; jusqu&rsquo;&agrave; pr&eacute;sent une coquille vide faute de lois pouvant l&rsquo;alimenter financi&egrave;rement, telles celles du Tchad ou du Maroc.\n<\/p>\n<p class=\"p2\">\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\t<b>La Tunisie, l&rsquo;Afrique et le Monde arabe&nbsp;<\/b>\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\t<b>&Agrave; Cannes 2013<\/b>\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\tCe recadrage historique et &eacute;conomique d&eacute;taill&eacute;, que je fais pour la premi&egrave;re fois, nous a sembl&eacute; indispensable pour le lecteur de &laquo; R&eacute;alit&eacute;s &raquo; afin d&rsquo;expliquer pourquoi le retour tant attendu du cin&eacute;ma tunisien qui se produit &agrave; Cannes 2013 est &agrave; la fois empreint de fiert&eacute; et de nostalgie.\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\tUne fiert&eacute; de voir le cin&eacute;aste tunisien r&eacute;sidant &agrave; Paris Abdellatif&nbsp; Kechiche, s&eacute;lectionn&eacute; pour la premi&egrave;re fois en comp&eacute;tition officielle, et donc concourir pour la &laquo; Palme d&rsquo;or &raquo; avec son nouveau film &laquo; la vie d&rsquo;Ad&egrave;le &raquo;. Pour ceux qui ne le savent pas, Kechiche, qui &eacute;tait auparavant acteur en France ( notamment dans &laquo; le th&eacute; &agrave; la menthe &raquo; de l&rsquo;Alg&eacute;rien Abdelkrim Barnaul, &laquo;Les innocents&raquo; du Fran&ccedil;ais Andr&eacute; T&eacute;chin&eacute; et en Tunisie (il &eacute;tait l&rsquo;acteur principal de &laquo; Bezness &raquo; de Nouri Bouzid, et de &laquo; La bo&icirc;te magique &raquo; de Ridha Behi) est devenu, depuis qu&rsquo;il est pass&eacute; &agrave; la r&eacute;alisation, un des plus grands cin&eacute;astes reconnus en France et l&rsquo;un des plus prim&eacute;s : Prix de la premi&egrave;re&nbsp; &oelig;uvre &agrave; Venise pour &laquo;C&rsquo;est la faute &agrave; Voltaire&raquo;,&nbsp; interpr&eacute;t&eacute; par le tunisien Sami Bouajila, puis 5 c&eacute;sars (dont le meilleur film de l&rsquo;ann&eacute;e) pour &laquo;L&rsquo;esquive&raquo; et enfin de nouveau 5 c&eacute;sars et meilleur film de l&rsquo;ann&eacute;e pour &laquo; La graine et le mulet &raquo;, dont l&rsquo;acteur principal est notre regrett&eacute; Mustapha Adouani, (d&eacute;c&eacute;d&eacute; au d&eacute;but du tournage et a du &ecirc;tre remplac&eacute;). Le film r&eacute;v&eacute;lant &eacute;galement son actrice principale, la tunisienne Hafsia Herzi sacr&eacute;e meilleur espoir f&eacute;minin de l&rsquo;ann&eacute;e.\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\tDepuis, K&eacute;chiche s&rsquo;est un peu &eacute;loign&eacute; de ses t&eacute;moignages sur les maghr&eacute;bins de France, pour s&rsquo;attaquer au racisme colonial de l&rsquo;&eacute;poque (avec &laquo;V&eacute;nus Noire&raquo;) et, de fa&ccedil;on plus surprenante, &agrave; une autre cat&eacute;gorie de r&eacute;prouv&eacute;s par la soci&eacute;t&eacute; : les couples homosexuels f&eacute;minins. A l&rsquo;heure du grand d&eacute;bat fran&ccedil;ais sur &laquo; l&#39;&eacute;galit&eacute; pour tous dans le mariage, les droits sociaux et l&#39;h&eacute;ritage&raquo; Kechiche a choisi d&rsquo;adapter au cin&eacute;ma&nbsp; la bande dessin&eacute;e d&rsquo;une jeune dessinatrice fran&ccedil;aise sur une histoire d&rsquo;amour entre deux filles, intitul&eacute;e &laquo;Le bleu est une couleur chaude&raquo;, et cela pour un film &agrave; la dur&eacute;e record de 3 heures comme la plupart des films de Kechiche, dont la monteuse et co-sc&eacute;nariste n&rsquo;est autre que son &eacute;pouse Ghalia Lacroix, l&rsquo;actrice tunisienne d&rsquo; &laquo; El Hadhra &raquo; de Moncef Dhouib, des &laquo; Zazous de la vague &raquo; de Mohamed Ali Okby, et de &laquo; Bezness &raquo; de Nouri Bouzid !\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\t&nbsp;L&rsquo;autre Africain de la comp&eacute;tition, Mahamat -Saleh Haroun, qui avait fait l&rsquo;ouverture des JCC 2010 avec &laquo; Un homme qui crie &raquo;, a choisi pour son nouvel opus &laquo; Grigris &raquo; une structure de film policier. Alors que sa jambe paralys&eacute;e devrait l&#39;exclure de tout, Grigris, 25 ans, se r&ecirc;ve en danseur. Un d&eacute;fi. Mais son r&ecirc;ve se brise lorsque son beau-p&egrave;re tombe gravement malade. Pour le sauver, il d&eacute;cide de travailler pour des trafiquants d&#39;essence&hellip;\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\tDans la comp&eacute;tition officielle, on note la pr&eacute;sence, pour la premi&egrave;re fois, du r&eacute;alisateur iranien a Asghar Farhadi, dont le film pr&eacute;c&eacute;dent&nbsp; &laquo;Une s&eacute;paration&raquo; avait remport&eacute; &agrave; la fois le C&eacute;sar et l&rsquo;Oscar du meilleur film &eacute;tranger, et dont le nouveau film, de production fran&ccedil;aise, &laquo;Le pass&eacute; &raquo;, r&eacute;unit &agrave; la fois Tahar Rahim, la r&eacute;v&eacute;lation de &laquo;un Proph&egrave;te&raquo; et Berenice B&eacute;jo, la r&eacute;v&eacute;lation de &laquo;The Artist &raquo;.\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\t&nbsp;Dans&nbsp; la comp&eacute;tition pour la &laquo; Palme d&rsquo;or &raquo; des courts-m&eacute;trages, la Palestine a &eacute;t&eacute; s&eacute;lectionn&eacute;e pour la premi&egrave;re fois avec le court-m&eacute;trage &laquo;Condom Lead &raquo;&nbsp; r&eacute;alis&eacute;&nbsp; &agrave; Gaza par les fr&egrave;res Mohamed et Ahmad Abunasser.\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\tLa Palestine est &eacute;galement s&eacute;lectionn&eacute;e dans la section officielle non comp&eacute;titive &laquo;Un certain regard &raquo; avec&nbsp; le nouveau film de&nbsp; Hany&nbsp; Abu- Assad, le r&eacute;alisateur de &laquo; Paradise Now &raquo; et du &laquo;Mariage de Rania &raquo; film intitul&eacute; simplement &laquo;&nbsp; Omar &raquo;, o&ugrave; trois amis d&#39;enfance et une jeune femme se d&eacute;chirent au cours de leur combat pour la libert&eacute;. C&rsquo;est le premier film enti&egrave;rement financ&eacute; par la jeune industrie du cin&eacute;ma palestinien. L&#39;acteur am&eacute;ricano-palestinien Waleed Zuaiter de la s&eacute;rie &quot;Homeland&quot; y tient l&#39;un des r&ocirc;les principaux.&nbsp;\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\tLe Monde arabe est &eacute;galement repr&eacute;sent&eacute; dans la section &laquo; Un certain regard &raquo; par le nouveau film du r&eacute;alisateur Irakien exil&eacute; en France, Hineer Saleem, &laquo; My sweet Peperland &raquo;. &nbsp;\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\tToujours dans &laquo;&nbsp; Un certain regard &raquo; il faut noter la pr&eacute;sence d&rsquo;un film iranien de r&eacute;sistance &laquo; Les manuscrits ne br&ucirc;lent pas &raquo; tourn&eacute; clandestinement par Mohamed Rassoulof, l&rsquo;assistant&nbsp; du grand r&eacute;alisateur iranien Jaafar Panahi,&nbsp; lequel est sous le coup d&rsquo;une interdiction de tourner pendant 20 ans&nbsp; pour avoir soutenu un parti d&rsquo;opposition lors des derni&egrave;res &eacute;lections pr&eacute;sidentielles en Iran.\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\tDans les sections parall&egrave;les du festival, &laquo;La quinzaine des r&eacute;alisateurs &raquo; et &laquo; La semaine de la critique &raquo;, le film Tunisien &laquo;Bastardo&raquo;, premier long-m&eacute;trage de fiction de Nejib Belkadhi, (un des cin&eacute;astes les plus originaux de la jeune vague tunisienne, auteur du documentaire &laquo; VHS- Kahloucha&nbsp; &raquo;), est une fable o&ugrave; r&egrave;gne l&rsquo;humour noir. Il relate l&rsquo;histoire d&rsquo;un enfant trouv&eacute; qui passe de l&rsquo;humiliation au contr&ocirc;le d&rsquo;un quartier des bas-fonds de la r&eacute;gion de Tunis dont il devient le &laquo; ca&iuml;d &raquo;. Malheureusement, il n&rsquo;a pas pu avoir son remontage compl&egrave;tement accompli &agrave; temps pour cette s&eacute;lection.\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\tPar contre, la Tunisie est &eacute;galement &agrave; l&rsquo;honneur &agrave; Cannes 2013 gr&acirc;ce&hellip; au premier film qu&rsquo;elle ait produit apr&egrave;s son ind&eacute;pendance : le magnifique &laquo;Goha &raquo; tourn&eacute; en 1957&nbsp; par le r&eacute;alisateur fran&ccedil;ais anticolonialiste Jacques Baratier, et produit par le minist&egrave;re de l&#39;Information, dont le ministre, (le plus jeune du gouvernement de l&rsquo;&eacute;poque, 26 ans) n&rsquo;&eacute;tait autre que B&eacute;chir Ben Yahmed, le futur fondateur de l&rsquo;hebdomadaire &laquo; Jeune Afrique&raquo;!\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\t&laquo; Goha &raquo;, qui&nbsp; est un hommage &agrave; la beaut&eacute; et au raffinement de la culture et de la tradition tunisiennes, avait pour h&eacute;ros le tout jeune Omar Sharif,&nbsp; aux c&ocirc;t&eacute;s de Zina Bouzaiane&nbsp; (la danseuse du c&eacute;l&egrave;bre duo Zina wa Aziza), de Zohra Faiza (Ommi Traki), et dans un petit r&ocirc;le, une des premi&egrave;res apparitions &agrave; l&rsquo;&eacute;cran de Claudia Cardinale !\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\t&laquo; Goha &raquo; qui avait &eacute;t&eacute; pr&eacute;sent&eacute; et prim&eacute; sous pavillon tunisien&nbsp; au festival de Cannes 1958, est la premi&egrave;re restauration num&eacute;rique d&#39;un film en couleur par les &laquo;&nbsp; archives fran&ccedil;aises du film&raquo;, auquel la Tunisie a bien voulu pr&ecirc;ter le n&eacute;gatif original.\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\tAutre restauration d&rsquo;envergure pr&eacute;sent&eacute;e dans la m&ecirc;me section &laquo;Cannes Classics &raquo; : Celle&nbsp; de &laquo;Borom Sarrett&raquo;, le tout premier court-m&eacute;trage du grand r&eacute;alisateur s&eacute;n&eacute;galais Sembene Ousmane, (laur&eacute;at du &laquo; Tanit d&rsquo;Or &raquo; des premi&egrave;res JCC en 1966), court m&eacute;trage qui avait marqu&eacute; v&eacute;ritablement les d&eacute;buts du cin&eacute;ma d&rsquo;Afrique noire en 1963.\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\tEst-ce un hasard ? Cannes 2013 semble ainsi pr&eacute;senter dans la m&ecirc;me session, &agrave; la fois la naissance et l&rsquo;aboutissement actuel aussi bien du cin&eacute;ma tunisien que du cin&eacute;ma d&rsquo;Afrique noire ! Esp&eacute;rons seulement qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit pas de tourner la page, une fois ce devoir accompli !\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\tIl ne nous reste plus &agrave; pr&eacute;sent que de nous payer le luxe de faire le contraire de ce que font la plupart des m&eacute;dias occidentaux qui parlent d&rsquo;abord essentiellement des &laquo; Stars &raquo; et des cin&eacute;astes du &laquo;Nord&raquo;, avant de consacrer quelques lignes en bas de page &agrave; nos films du &laquo; Sud &raquo; : Dans une prochaine livraison, nous vous parlerons donc des autres films de la comp&eacute;tition officielle de Cannes 2013, o&ugrave; figurent d&rsquo;anciens laur&eacute;ats de la Palme d&rsquo;or ayant tous tourn&eacute; &agrave; Hollywood dans leur carri&egrave;re, des inconnus nomm&eacute;s Roman Polanski, Joel et Ethan Coen, ou encore Steven Soderbergh, et qui seront jug&eacute;s par un jury pr&eacute;sid&eacute; par un certain Stephen Spielberg !\n<\/p>\n<p class=\"p3\">\n\t<b><i>F. B.<\/i><\/b>\n<\/p>\n<p class=\"p2\">\n\t&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La s\u00e9lection du 66e festival international du film de Cannes de cette ann\u00e9e (15 au 26 mai 2013), o\u00f9 figure enfin  un r\u00e9alisateur tunisien s\u00e9lectionn\u00e9 (Abdellatif Kechiche avec \u00ab La vie d\u2019Adele \u00bb), ce qui n\u2019\u00e9tait plus arriv\u00e9 depuis 2001, ne peut nous emp\u00eacher de songer au pass\u00e9 r\u00e9cent de notre cin\u00e9ma avec une pointe de regret<\/p>\n","protected":false},"author":60,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_lmt_disableupdate":"","_lmt_disable":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[8],"tags":[],"class_list":["post-3829","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-culture"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v26.3 - https:\/\/yoast.com\/wordpress\/plugins\/seo\/ -->\n<title>De Kechiche \u00e0 \u00ab Goha \u00bb : Entre fiert\u00e9 et nostalgie - 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