{"id":3981,"date":"2013-04-24T08:59:31","date_gmt":"2013-04-24T07:59:31","guid":{"rendered":"http:\/\/www.realites.com.tn\/demo\/?p=3981"},"modified":"2013-04-24T08:59:31","modified_gmt":"2013-04-24T07:59:31","slug":"un-pas-en-arriere-deux-pas-en-avant","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/realites.com.tn\/fr\/un-pas-en-arriere-deux-pas-en-avant\/","title":{"rendered":"Un pas en arri\u00e8re, deux pas en avant"},"content":{"rendered":"<p class=\"p1\">\n\t<b style=\"line-height: 1.6em;\"><i>Le 23 octobre 2011, la victoire &eacute;lectorale du mouvement Ennahdha a peu surpris les observateurs de la sc&egrave;ne politique tunisienne. En choisissant le parti islamiste, l&rsquo;&eacute;lecteur tunisien a consacr&eacute; l&rsquo;anti-mod&egrave;le Ben Ali, ou du moins celui qu&rsquo;il percevait comme tel. Les islamistes poss&egrave;dent &laquo;la l&eacute;gitimit&eacute; militante&raquo; et en bon croyants ils ne peuvent qu&rsquo; &laquo;&oelig;uvrer en faveur de la bonne gouvernance et contre la corruption&raquo;, ces deux principaux maux ayant conduit &agrave; la R&eacute;volution. Toutefois, en poussant la rupture &agrave; son paroxysme, le mouvement&nbsp; Ennahdha se trouve en porte-&agrave;-faux. En effet, l&rsquo;&eacute;lecteur du 23 octobre est aujourd&rsquo;hui un citoyen d&eacute;sorient&eacute; qui s&rsquo;est repli&eacute; sur ses valeurs s&ucirc;res. Analyse<\/i><\/b>\n<\/p>\n<p class=\"p2\">\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\tAujourd&rsquo;hui, une formation a le vent en poupe&hellip; Quel que soit son avenir, Nida Tounes a su grimper dans les sondages en se positionnant avec succ&egrave;s sur&nbsp; le cr&eacute;neau de la tunisianit&eacute;. Son leader, B&eacute;ji Ca&iuml;d Essebsi, t&eacute;moin du mouvement national et de la lutte pour l&rsquo;ind&eacute;pendance, tout comme ses t&eacute;nors, usent sans limite des caract&eacute;ristiques et des codes de l&rsquo;exception tunisienne. Et le discours fonctionne, parle &agrave; de nombreux Tunisiens en perte de rep&egrave;res. Plus de deux ans apr&egrave;s la r&eacute;volution, l&rsquo;euphorie est oubli&eacute;e. Le Tunisien, berc&eacute; par l&rsquo;espoir et port&eacute; aux nues en 2011 pour l&rsquo; &laquo;accomplissement d&rsquo;un miracle&raquo;, assiste impuissant &agrave; l&rsquo;aggravation de la situation &eacute;conomique et sociale (souvent normale en p&eacute;riode de transition et dans un contexte de crise internationale). La rupture politique souhait&eacute;e et exig&eacute;e ne fait pas l&rsquo;ombre d&rsquo;un doute. Toutefois, en p&eacute;riode de crise, le repli sur les valeurs s&ucirc;res va lui aussi de soi. Dans ce contexte, l&rsquo;erreur commise par Ennahdha a &eacute;t&eacute; d&rsquo;&eacute;tendre la rupture au syst&egrave;me culturel.&nbsp; Davantage que le bilan gouvernemental mitig&eacute; ou le rendement du groupe parlementaire, la principale erreur du parti au pouvoir a &eacute;t&eacute;&nbsp; son incapacit&eacute; pour la tr&egrave;s grande majorit&eacute; de ses cadres &agrave; endosser cette tunisianit&eacute; et &agrave; s&rsquo;inscrire dans l&rsquo;Histoire et la m&eacute;moire de ce pays. Cette distanciation, au d&eacute;but peu perceptible et compr&eacute;hensible au regard du v&eacute;cu de certains militants, n&rsquo;est plus acceptable pour de nombreux Tunisiens&hellip; pour qui la p&eacute;riode de gr&acirc;ce est pass&eacute;e. En effet, Ennahdha a perdu son statut de parti de militants. Il est devenu un parti confront&eacute; &agrave; l&rsquo;&eacute;preuve du pouvoir.\n<\/p>\n<p class=\"p2\">\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\t<b>D&eacute;ni de m&eacute;moire<\/b>\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\tLa sc&egrave;ne relay&eacute;e par les m&eacute;dias a provoqu&eacute; le ressentiment d&rsquo;une grande partie des Tunisiens. Le 20 mars dernier, &agrave; l&rsquo;occasion de la f&ecirc;te de l&rsquo;Ind&eacute;pendance, &eacute;tait inaugur&eacute;&nbsp; dans le&nbsp; 7e arrondissement &agrave; Paris une place d&eacute;di&eacute;e &agrave; Habib Bourguiba &laquo;Fondateur et premier Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique tunisienne&raquo;. De nombreux ressortissants &eacute;taient pr&eacute;sents. Le m&ecirc;me jour, en Tunisie, quelques partis politiques ont d&eacute;fil&eacute; en ordre dispers&eacute;. Occult&eacute;e une fois de plus depuis le 14 janvier, notamment afin de se d&eacute;marquer de &laquo;l&rsquo;image de Ben Ali&raquo;, l&rsquo;Ind&eacute;pendance (dont il s&rsquo;agissait du cinquante-septi&egrave;me anniversaire)&nbsp; n&rsquo;a donc pas &eacute;t&eacute; c&eacute;l&eacute;br&eacute;e. Cet &eacute;ni&egrave;me &eacute;pisode de f&ecirc;te nationale non comm&eacute;mor&eacute;e intervient dans un contexte particulier. Touch&eacute;e par la violence politique et frapp&eacute;e de plein fouet par la crise &eacute;conomique, la population a le moral au plus bas. De&nbsp; telles occasions, objet de consensus, sont g&eacute;n&eacute;ralement saisies pour afficher l&rsquo;unit&eacute; des Tunisiens. Mais ces &laquo;rat&eacute;s&raquo; s&rsquo;inscrivent dans un processus de d&eacute;ni de l&rsquo;Histoire ; la Tro&iuml;ka et le mouvement Ennahdha en particulier consid&eacute;rant que l&rsquo;Histoire de la Tunisie a d&eacute;but&eacute; un certain 23 octobre. Ainsi, aux exc&egrave;s &eacute;logieux de certains sur la personnalit&eacute; d&rsquo;un Bourguiba d&eacute;crit comme parfait, Ennahdha r&eacute;pond par l&rsquo;autre extr&ecirc;me : la haine. L&rsquo;ancien pr&eacute;sident se voit ainsi d&eacute;nigr&eacute; : son bilan est associ&eacute; &agrave; celui de Ben Ali.&nbsp; Or, s&rsquo;il est certain qu&rsquo;Habib Bourguiba&nbsp; a pos&eacute; les jalons de l&rsquo;autoritarisme, il n&rsquo;en demeure pas moins qu&rsquo;il a pos&eacute; les bases d&#39;un &Eacute;tat moderne avec peu de moyens mat&eacute;riels&nbsp; et en misant sur les ressources humaines. Un acc&egrave;s g&eacute;n&eacute;ralis&eacute; &agrave; la sant&eacute; et &agrave; l&rsquo;enseignement, le planning familial ou encore le fameux Code du statut personnel (CSP), l&rsquo;ancien &laquo;dictateur &eacute;clair&eacute;&raquo; a tout de m&ecirc;me &agrave; son actif un bilan soci&eacute;tal qu&rsquo;il aurait &eacute;t&eacute; n&eacute;cessaire de distinguer de son bilan politique. En effet, le bilan soci&eacute;tal qu&rsquo;il incarne, mais dont il n&rsquo;est pas le d&eacute;positaire, s&rsquo;inscrit dans le courant r&eacute;formiste tunisien. Consid&eacute;rer les dictatures Bourguiba-Ben Ali comme une et une seule est un fait&hellip; Politiser des plaies de l&rsquo;Histoire est une autre erreur. C&rsquo;est du moins l&rsquo;&eacute;pisode de la remise au go&ucirc;t du jour du conflit Ben Youssef\/Bourguiba ; le mouvement Ennahdha s&rsquo;&eacute;tant soudainement positionn&eacute; dans la lign&eacute;e de Ben Youssef. Outre la relecture de l&rsquo;histoire, sous le r&egrave;gne du mouvement, les Tunisiens ont &eacute;t&eacute; attaqu&eacute;s dans leurs symboles &laquo;sacr&eacute;s&raquo; en temps de crise. Les critiques adress&eacute;es au&nbsp; bureau ex&eacute;cutif &laquo;politis&eacute;&raquo; de l&rsquo;Union g&eacute;n&eacute;rale tunisienne du travail (UGTT) ont vir&eacute; &agrave; la confusion des genres le 4 d&eacute;cembre dernier. Alors qu&rsquo;ils s&rsquo;appr&ecirc;taient &agrave; comm&eacute;morer le cinquantenaire du d&eacute;c&egrave;s de Farhat Hached, son fondateur et grande figure du mouvement national, les syndicalistes ont &eacute;t&eacute; attaqu&eacute; place Mohammed Ali par les Ligues nationale de protection de la R&eacute;volution (LPR). &Agrave; ce jour, les responsabilit&eacute;s n&rsquo;ont pas &eacute;t&eacute; officiellement d&eacute;termin&eacute;es par la Commission d&rsquo;enqu&ecirc;te mixte en raison du refus du groupe gouvernemental d&rsquo;accuser les membres de la LPR.&nbsp; Dans le m&ecirc;me temps, et alors que les Tunisiens se sentent menac&eacute;s dans leur identit&eacute;, le mouvement d&eacute;nonce la campagne de d&eacute;nigrement men&eacute;e contre le Qatar. &nbsp;\n<\/p>\n<p class=\"p2\">\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\t<b>D&eacute;ni de traditions<\/b>\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\tLa situation de la femme tunisienne est exceptionnelle dans le monde arabe. Bien qu&rsquo;imparfait, le Code du statut personnel constitue l&rsquo;un des dispositifs l&eacute;gislatifs les plus avanc&eacute;s en la mati&egrave;re. Certes, la &laquo;femme&raquo; &eacute;tait la vitrine de r&eacute;gime autoritaire, la carte joker jou&eacute;e pour assurer sa sauvegarde. Il n&rsquo;en fallait pas davantage pour que dans le cadre de la rupture, le mouvement cible par des d&eacute;clarations ce consensus soci&eacute;tal. Pourtant, lors d&rsquo;une interview accord&eacute;e &agrave; France 24, l&rsquo;ancien Premier ministre Hamadi Jebali d&eacute;clarait &laquo;soutenir le CSP et l&rsquo;am&eacute;liorer en appliquant le principe de l&rsquo;&eacute;galit&eacute; entre tous les citoyens&raquo;. C&rsquo;&eacute;tait sans compter sur les autres cadres du parti&hellip; Les hostilit&eacute;s &agrave; l&rsquo;encontre de la femme ont d&eacute;but&eacute; apr&egrave;s les &eacute;lections du 23 octobre. Invit&eacute;e sur la Radio Monte-Carlo Internationale, Souad Abderrahim, la seule &laquo;d&eacute;put&eacute;e non voil&eacute;e d&rsquo;Ennadha&raquo;, estime que &laquo;les m&egrave;res c&eacute;libataires sont une infamie pour la soci&eacute;t&eacute; tunisienne&raquo;. Les maux de la&nbsp; Tunisie sont d&egrave;s lors d&eacute;sign&eacute;s : le c&eacute;libat et les d&eacute;rives morales. Sous la Tro&iuml;ka est cr&eacute;&eacute;e, dans le cadre de libert&eacute; d&rsquo;association, &laquo;El Amr Bil Ma&acirc;rouf Wa Nahye Ala El Monkar&raquo; (la promotion de la vertu et la pr&eacute;vention du vice). L&rsquo;association, pr&eacute;sid&eacute;e par Adel Almi, un&nbsp; bon client m&eacute;diatique ayant plusieurs &laquo;succ&egrave;s&raquo; &agrave; son actif, dont l&rsquo;&eacute;viction d&rsquo;Iqbal Gharbi de la radio Zitouna. Sous la Tro&iuml;ka, Habib Ellouze, un des plus radicaux leaders du parti estime que &laquo;l&rsquo;excision des filles s&rsquo;apparente davantage &agrave; une op&eacute;ration esth&eacute;tique&raquo;&hellip; Le mouvement Ennahdha se d&eacute;marque aussit&ocirc;t de ses d&eacute;clarations. Sous la Tro&iuml;ka, le mariage &laquo;orfi&raquo; (coutumier) explose, notamment dans le milieu estudiantin. Enfin, sous la Tro&iuml;ka, la femme a failli devenir le &laquo;compl&eacute;mentaire de l&rsquo;homme&raquo; en vertu de l&rsquo;ex-article 28 de la Constitution au terme duquel&nbsp; &laquo;L&rsquo;&Eacute;tat assure la protection des droits de la femme et de ses acquis, sous le principe de compl&eacute;mentarit&eacute; avec l&rsquo;homme au sein de la famille (&hellip;)&raquo;. Ces entailles, r&eacute;guli&egrave;rement port&eacute;e &agrave; des acquis, ne sont pas le fruit du hasard. Derri&egrave;re le &laquo;mod&egrave;le f&eacute;minin tunisien&raquo; se cache un mod&egrave;le soci&eacute;tal&nbsp; qui puise ses origines dans le mouvement r&eacute;formiste. Or, depuis l&rsquo;acc&egrave;s au pouvoir du mouvement et avec la b&eacute;n&eacute;diction de ses leaders, les Tunisiens assistent &agrave; l&rsquo;arriv&eacute;e de pr&eacute;dicateurs wahhabites venus &laquo;apprendre l&rsquo;islam&raquo; aux &laquo;Tunisiens la&iuml;cs&raquo;. Dans un pays qui se targue d&rsquo;avoir un puissant savoir zeitounien &nbsp; ultra moderniste, le choc et l&rsquo;humiliation sont de taille.&nbsp;\n<\/p>\n<p class=\"p2\">\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\t<b>Maladresse politique<\/b>\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\tLes Tunisiens ont voulu la rupture politique. Dans ce domaine aussi, elle a &eacute;t&eacute; maladroitement men&eacute;e. R&eacute;guli&egrave;rement, au sein de l&rsquo;Assembl&eacute;e nationale constituante (ANC), le d&eacute;bat s&rsquo;envenime en raison de la majorit&eacute; bloquante d&rsquo;Ennahdha&hellip; sur des questions qui font pourtant consensus partout ailleurs. Rapidement, la Tro&iuml;ka a renonc&eacute; &agrave; l&rsquo;engagement &eacute;crit et sign&eacute; pour une limite d&rsquo;un an de la mission des &eacute;lus. Dans le m&ecirc;me temps, les institutions phares de la transition d&eacute;mocratique (HAICA, ISIE et IPSM) se mettent difficilement en place. Alors que le mouvement se d&eacute;clarait pour un &Eacute;tat civil lors de la campagne, il d&eacute;clare vouloir int&eacute;grer un article selon lequel &laquo;la charia islamique est une source essentielle pour l&rsquo;&eacute;laboration des lois&raquo; dans la Constitution. Puis, est venu le tour de contester l&rsquo;article premier de la constitution de 1959, objet de consensus. Apr&egrave;s des semaines de d&eacute;bats, le mouvement&nbsp; s&rsquo;est prononc&eacute; en sa&nbsp; faveur &laquo;t&eacute;moignant de sa mod&eacute;ration&raquo;. Mais le moment de r&eacute;pit dure un temps. Quelques semaines plus tard, les d&eacute;put&eacute;s reviennent &agrave; la charge avec la constitutionnalisation&nbsp; d&rsquo;un Conseil sup&eacute;rieur islamique, &eacute;galement abandonn&eacute; apr&egrave;s une pol&eacute;mique. Aucun chapitre n&rsquo;a &eacute;chapp&eacute; aux blocages d&rsquo;Ennahdha. Si la r&eacute;volution a &eacute;t&eacute; men&eacute;e au nom de la libert&eacute;, elle se trouve limit&eacute;e par &laquo;la criminalisation de l&rsquo;atteinte au sacr&eacute;&raquo; dans la Constitution. La r&eacute;f&eacute;rence aux conventions internationales est simplement &ocirc;t&eacute;e. Le mouvement se montre intransigeant sur la question du r&eacute;gime. (Seul) Adepte du r&eacute;gime parlementaire pur, il s&rsquo;oppose &agrave; l&rsquo;octroi de pr&eacute;rogatives au pr&eacute;sident de la R&eacute;publique. Apr&egrave;s des semaines de d&eacute;bat, la question devrait (&eacute;galement) &ecirc;tre tranch&eacute;e cette semaine en dehors de l&rsquo;Assembl&eacute;e au Quartier g&eacute;n&eacute;ral d&rsquo;Ennahdha, seul habilit&eacute; &agrave; trancher en la mati&egrave;re.&nbsp;\n<\/p>\n<p class=\"p3\">\n\t<b><i>Azza Turki<\/i><\/b>\n<\/p>\n<p class=\"p2\">\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\t<span class=\"s1\"><b>Ennahdha\/communication<\/b><\/span>\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\t<span class=\"s1\"><b>Le parti majoritaire dans ses retranchements<\/b><\/span>\n<\/p>\n<p class=\"p2\">\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\tDans cette p&eacute;riode d&rsquo;apprentissage &laquo; politique &raquo;, il est difficile de parler de communication politique proprement dit. Toutefois, force est de constater. Les ministres du nouveau gouvernement comme les cadres d&rsquo;Ennahdha se font rare dans les m&eacute;dias, et notamment sur les plateaux t&eacute;l&eacute;vis&eacute;s. Adopt&eacute;e par strat&eacute;gie ou par d&eacute;faut, la politique de la chaise vide porte pour le moment ses fruits en raison d&rsquo;une surm&eacute;diatisation d&rsquo;un Congr&egrave;s pour la R&eacute;publique (CPR). Eclairage &nbsp;\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\tSelon Assabah News, d&egrave;s&nbsp; sa prise de fonction, Ali Laarayedh aurait conseill&eacute; &agrave; ses ministres d&rsquo;&eacute;viter au maximum les m&eacute;dias et de &laquo; se contenter des d&eacute;clarations relatives au rendement de leurs minist&egrave;res &raquo;. Ses &laquo; consignes &raquo; ont &eacute;t&eacute; entendues. Depuis lors, quel que soit le sujet et quelle que soit la chaine, les ministres sont aux abonn&eacute;s absents. Toutefois, le mot d&rsquo;ordre qui s&rsquo;est limit&eacute; aux d&eacute;tenteurs d&rsquo;un portefeuille du c&ocirc;t&eacute; du CPR et d&rsquo;Ettakatol, s&rsquo;est &eacute;tendu aux cadres, d&eacute;put&eacute;s et membres du Bureau ex&eacute;cutif du c&ocirc;t&eacute; d&rsquo;Ennahdha. La majorit&eacute; ne participe plus aux d&eacute;bats t&eacute;l&eacute;vis&eacute;s. Ali Larayedh est le premier &agrave; suivre le conseil. Depuis sa nomination, le Chef du gouvernement ne s&rsquo;exprime pas et n&rsquo;organise aucune rencontre p&eacute;riodique avec les t&eacute;l&eacute;visions nationales comme le faisait Hamadi Jebali. Sa derni&egrave;re conf&eacute;rence de presse remonte au 26 f&eacute;vrier. S&rsquo;exprimant en tant que ministre de l&rsquo;Int&eacute;rieur, il avait annonc&eacute; l&rsquo;arrestation de quatre suspects arr&ecirc;t&eacute;s dans l&rsquo;affaire de l&rsquo;assassinat de Chokri Bela&iuml;d, la fuite (temporaire) de l&rsquo;auteur du meurtre. Ce jour-l&agrave;, parall&egrave;lement &agrave; sa sortie m&eacute;diatique &eacute;tait organis&eacute;e une reconstitution du crime. Le 26 mars dernier, l&rsquo;ancien ministre de l&rsquo;Int&eacute;rieur accorde son unique interview au quotidien fran&ccedil;ais &laquo; le Monde &raquo;. Le contexte s&rsquo;y pr&ecirc;te. Les relations avec la France &eacute;taient tendues depuis la manifestation organis&eacute;e par le mouvement Ennahdha &laquo; contre la violence &raquo; et &laquo; pour &laquo; d&eacute;noncer les propos de Manuel Valls (NDLR\/ministre Fran&ccedil;ais de l&rsquo;Int&eacute;rieur)&raquo; qui avait appel&eacute; sur Europe 1 &agrave; &laquo;&nbsp; la victoire des forces d&eacute;mocratiques et la&iuml;ques qui portent les espoirs de la R&eacute;volution du jasmin [&hellip;] lors des prochaines &eacute;lections &raquo;.\n<\/p>\n<p class=\"p2\">\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\t<b>Ennahdha\/m&eacute;dias : le d&eacute;samour<\/b>\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\tLes faits parlent d&rsquo;eux-m&ecirc;mes. Entre le mouvement Ennahdha et les m&eacute;dias tunisiens, la relation est compliqu&eacute;e. Discours offensif contre &laquo; les m&eacute;dias de la honte &raquo;, chantage de la liste noire, non application des d&eacute;crets 115 et 116 et nominations en fonction abusives, le rapport de force et la confrontation a culmin&eacute; le 17 octobre dernier avec la gr&egrave;ve (largement suivie) des journalistes. Depuis les m&eacute;dias pro-r&eacute;gime nouvellement cr&eacute;&eacute;s peinent &agrave; avoir une audience malgr&eacute; les moyens mis &agrave; leur disposition. Le clash m&eacute;dia\/gouvernement s&rsquo;est traduit depuis un certain temps ; les premiers tendant &agrave; braquer les feux sur le verre &agrave; moiti&eacute; vide alors que les seconds optent pour la diabolisation. La m&eacute;diatisation d&rsquo;Ennahdha jouait en sa d&eacute;faveur d&rsquo;autant plus que leur communicant num&eacute;ro un a choisi de se retirer.&nbsp; La disparition de Samir Dilou des plateaux de t&eacute;l&eacute;vision, l&rsquo;un des rares hommes du mouvement enti&egrave;rement immerg&eacute; dans la sc&egrave;ne politique et soci&eacute;tale tunisienne maitrisant l&rsquo;art du d&eacute;bat, a mis en &eacute;vidence l&rsquo;&eacute;mergence d&rsquo;autres cadres &laquo; plus maladroits et agressifs &raquo; en termes de communication.&nbsp;\n<\/p>\n<p class=\"p2\">\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\t<b>Jusqu&rsquo;&agrave; quand ?&nbsp;<\/b>\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\tL&rsquo;absence actuelle d&rsquo;Ennahdha est compens&eacute;e par la surm&eacute;diatisation du CPR et de son pr&eacute;sident honorifique. En effet, l&rsquo;actualit&eacute; est riche&hellip;entre un&nbsp; Moncef Marzouki qui brille par ses d&eacute;clarations &agrave; l&rsquo;emporte-pi&egrave;ce, une Sihem Badi multipliant les faux-pas ou&nbsp; simplement des cadres du parti endossant malgr&eacute; eux le bilan de la Tro&iuml;ka sur les plateaux de t&eacute;l&eacute;vision. En d&eacute;finitif, l&rsquo;absence actuelle d&rsquo;Ennahdha signe la mise &agrave; mort du CPR, auparavant un parti de militants de Droits de l&rsquo;Homme, aujourd&rsquo;hui &eacute;cras&eacute; par l&rsquo;&eacute;preuve du pouvoir. Mais jusqu&rsquo;&agrave; quand cette ligne de conduite peut-elle porter ses fruits ? Car la politique de la chaise vide n&rsquo;a jamais port&eacute; ses fruits en mati&egrave;re de communication sur long terme ; une chaise vide &eacute;tant occup&eacute;e par l&rsquo;adversaire politique. Toutefois, selon les sondages, Ennahdha oscille aujourd&rsquo;hui entre les 15 et 20% sur l&rsquo;ensemble du pays. Apr&egrave;s avoir enregistr&eacute; une baisse cons&eacute;cutive pendant des mois (baisse qui a profit&eacute; aux partis d&rsquo;opposition), le mouvement&nbsp; se retranche aujourd&rsquo;hui sur son noyau dur, &eacute;lectoralement garanti et mobilisable.&nbsp;\n<\/p>\n<p class=\"p3\">\n\t<b><i>A.T<\/i><\/b>\n<\/p>\n<p class=\"p2\">\n\t&nbsp;\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\t<span class=\"s1\"><b>Jebali pr&eacute;sidentiable ?<\/b><\/span>\n<\/p>\n<p class=\"p1\">\n\tEst-ce que Hamadi Jebali va se jeter &agrave; l&rsquo;eau et cr&eacute;er sa formation&nbsp; ou &eacute;vitera-t-il la fitna? La question l&eacute;gitime agite les observateurs de la sc&egrave;ne politique pour qui, un tel &eacute;v&egrave;nement serait historique et d&eacute;terminant&nbsp; s&rsquo;il avait lieu. D&rsquo;abord il chancellerait la masse suppos&eacute;e compacte des partisans d&rsquo;Ennahdha entre pros et antis Jebali et obligerait les deux tendances (faucons et mod&eacute;r&eacute;s) &agrave; se repositionner. Elle d&eacute;gagerait clairement l&rsquo;ancien Chef de gouvernement&hellip;car Hamadi Jebali a fait mouche. Depuis son initiative personnelle et exclusive de former un gouvernement de technocrates, le Secr&eacute;taire G&eacute;n&eacute;ral d&rsquo;Ennahdha a r&eacute;ussi &agrave; se distinguer. Quelles que soient les rumeurs actuelles, les sondages sont unanimes, l&rsquo;ancien Premier ministre se &laquo; d&eacute;gage &raquo; et est m&ecirc;me devenu pr&eacute;sidentiable. Pourtant, il y a quelques mois, les critiques &eacute;taient acerbes. Les Tunisiens avaient notamment en t&ecirc;te cette vid&eacute;o dans laquelle il expliquait&nbsp; aux sympathisants d&rsquo;Ennahdha, avoir re&ccedil;u des &laquo;signaux divins&raquo; et annon&ccedil;ait qu&rsquo;il allait &laquo;instaurer le 6&egrave;me&nbsp; Califat&raquo;! Ce temps est fini. Hamadi Jebali est sorti par la grande porte&hellip;non sans s&rsquo;&ecirc;tre affich&eacute; avec l&rsquo;opposition et l&rsquo;&eacute;lite du pays (qu&rsquo;ils consid&eacute;raient comme le probl&egrave;me) afin de mettre en place le gouvernement de technocrates.&nbsp;\n<\/p>\n<p class=\"p2\">\n\t&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le 23 octobre 2011, la victoire \u00e9lectorale du mouvement Ennahdha a peu surpris les observateurs de la sc\u00e8ne politique tunisienne. 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