La Cité de la culture Chedly Klibi a accueilli ce jeudi 22 octobre 2026 la quarantaine de Mohamed Garfi (1948-2026). La rencontre a permis de revenir sur les étapes de son parcours artistique et créatif, et sur la place qu’il occupe dans la musique et la culture tunisiennes.
Né à Tunis en 1948, Mohamed Garfi comptait parmi les musiciens les plus novateurs de sa génération. Dès ses débuts, il avait privilégié la recherche et l’innovation, à distance des courants dominants. Il entame sa carrière en 1969 comme altiste au sein de l’Orchestre symphonique tunisien, fonde ensuite le Groupe 71, puis prend la direction de la Troupe de la ville de Tunis pour la musique. Diplômé du Conservatoire national de musique de Tunis et de la Schola Cantorum de Paris, il était aussi titulaire d’un DEA et d’un doctorat en musicologie de l’Université Paris IV-Sorbonne.
C’est dans le rapport entre musique et scène que son empreinte est la plus forte. On lui doit l’introduction du théâtre chanté en Tunisie, dans les années 1980. Avec son ami et collègue Béchir Drissi, il a travaillé sur plusieurs œuvres théâtrales et opéras, et signé des opérettes comme « Branches rouges », « Cantate pour le Liban » et « Histoire de Carthage ». Compositeur et chef d’orchestre, il a aussi contribué à de nombreuses productions pour le théâtre, le cinéma et la télévision. Son parcours l’a conduit à collaborer avec les frères Rahbani, Marcel Khalifé, Julia Boutros et Ali El Haggar, dans le cadre du programme « Aswat Al Houria ». Il a également mis en musique des textes de grands poètes, de Mahmoud Darwich à Abou el Kacem Chebbi, en passant par Ahmed Fouad Negm, Saïd Akl et Abdelhamid Khraïef.
Musicien, Garfi était aussi un chercheur et un auteur. Il a laissé plusieurs ouvrages, dont « Les formes instrumentales dans la musique classique en Tunisie » (1996), « Pages de la musique mondiale » (1997) et « Le théâtre musical arabe » (2009).