7e congrès du SNJT : Thabet El Abed appelle à la libération des journalistes détenus

Le député et président de la Commission des droits et des libertés à l’Assemblée des représentants du peuple, Thabet El Abed, a indiqué, lors de son intervention au 7e congrès du SNJT, que les journalistes devraient pouvoir se consacrer au développement de la presse, à l’amélioration des conditions de travail et aux mutations technologiques. En Tunisie, a-t-il regretté, la priorité reste pourtant de garantir au journaliste le droit d’exercer son métier sans craindre pour sa liberté.

Évoquant le slogan « Le journalisme n’est pas un crime » inscrit sur l’affiche du congrès, aux côtés des noms de Mourad Zeghidi, Mohamed Yousfi, Zied El Héni et Borhène Bsaïes, il a exprimé sa solidarité avec eux, leurs familles et tous les journalistes poursuivis ou harcelés. Il a réclamé la libération de ces journalistes détenues pour avoir exercé le journalisme ou exprimé leur opinion, ainsi que le respect de la présomption d’innocence et des garanties d’un procès équitable dans toutes les affaires.

Selon lui, le congrès se tient à un moment marqué par le recul des acquis en matière de droits, l’affaiblissement de l’indépendance des institutions, le recours accru aux arrestations et aux peines privatives de liberté, et le rétrécissement des espaces de débat et de participation. Il a estimé que toute détention doit obéir aux principes de nécessité, de garanties et de proportionnalité.

Le député a souligné que l’atteinte à la liberté de la presse dépasse la personne poursuivie : elle touche le journaliste qui hésite à poser une question, la source qui craint de livrer une information, le responsable qui s’habitue à l’absence de redevabilité et le citoyen privé de son droit de savoir. La défense de cette liberté est donc, selon lui, une responsabilité collective. Il a ajouté que les droits du journaliste ne dépendent pas de l’accord qu’on lui porte, et que tout responsable public doit accepter le droit de la presse à le critiquer.

Pour le député , ces principes exigent des institutions pour les protéger et des législations pour les consacrer. Il a appelé le Parlement à réviser les textes, écouter les personnes concernées, contrôler leurs effets et ouvrir un débat public. Il a jugé que la marginalisation de son rôle et l’entrave à ses outils affaiblissent la capacité de l’État à résoudre ses problèmes.

Il a déploré le blocage des initiatives de révision du décret-loi n° 54, de la loi organique relative à l’instance de régulation de l’audiovisuel et de celle sur l’éducation aux médias. Il a rappelé que le travail sur ces initiatives s’est fait en coopération avec le SNJT, qui avait pris contact avec les députés lorsque l’ouverture sur l’Assemblée était limitée. Cette collaboration s’est ensuite élargie à d’autres organisations et acteurs.

El Abed a aussi appelé à améliorer la situation des prisons, à garantir soins et dignité à tous les détenus et à ouvrir un traitement sérieux, fondé sur les droits, du dossier des prisonniers politiques. Il a mentionné les grèves de la faim, y compris celles de solidarité, un message qui exige, selon lui, d’être entendu pour protéger des vies, revoir les injustices et offrir des voies de recours.

Pour rappel, le congrès, qui se poursuivra demain avec l’élection du nouveau bureau exécutif, a été marqué par la participation de responsables d’organisations nationales et internationales, dont le bâtonnier des avocats, Boubaker Bethabet, et le secrétaire général de l’UGTT, Slaheddine Selmi.

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