Dans le cadre de la journée mondiale sans tabac (31 mai), la plateforme numérique med.tn a organisé une table ronde informative sur le sujet du tabagisme, le mercredi 28 mai, à La Marsa. Intitulée « distinguer le vrai du faux », elle a pu compter sur la présence du docteur Dhaker Lahidheb, spécialiste en cardiologie et ancien professeur à la faculté de médecine de Tunis ainsi qu’à l’hôpital militaire, et sur celle d’Anas Laouini, sexologue, clinicien, psychothérapeute ainsi qu’enseignant à la faculté des sciences humaines et sociales de Tunis.
Les interventions conjointes des deux professionnels ont permis d’évoquer à la fois les risques cardiologiques du tabagisme, et les problématiques d’addiction à la cigarette, avec un volet focalisé sur les comportements des fumeurs.
« Les patients se posent énormément de questions : comment lutter contre le tabagisme et la cigarette ? Quelles alternatives existent à la cigarette ? Sont-elles viables ? C’est pour cela que cette table ronde est importante : partager l’information, expliquer, sensibiliser. A la fois sur les dangers du tabagisme, mais aussi sur les effets psychologiques d’une telle pratique », a précisé Emna Jalouli, co-fondatrice de la plateforme med.tn, au micro de Réalités Online.
Le tabagisme, un fléau mondial et tunisien
« Nous avons tout d’abord évoqué les chiffres alarmants, en matière de cardiologie et de mortalité cardiovasculaire », a quant à lui indiqué le docteur Dhaker Lahidheb. Selon lui, 60% des accidents vasculaires cérébraux sont causés par cette habitude. La prévalence du tabagisme causerait la Tunisie parmi les pays à haut risques pour les AVC et les crises cardiaques. Selon l’OMS, ce phénomène est responsable de 8 millions de décès chaque année dans le monde. Pour ce qui est de la Tunisie, le chiffre s’élève à 13 200 morts par an, ce qui en fait la première cause de décès prématuré dans le pays. En ce qui concerne le pourcentage de fumeurs, la Tunisie est le troisième pays du monde arabe avec le plus haut, et le 49ème à l’échelle planétaire.
Une étude de l’INS, publiée en 2024 et réalisée en 2023, avait indiqué que plus de 50% des hommes tunisiens présentaient une addiction à la cigarette. Tout aussi préoccupant, une enquête plus récente, menée en 2024, livre des résultats inquiétants. Selon cette dernière, un adolescent tunisien sur trois a déjà fumé une cigarette.
Des solutions existantes, qu’il faut connaître
« Il existe des alternatives, mais malheureusement, il ne sont que peu disponibles en Tunisie, en particulier les substituts nicotiniques, à l’instar des gums, des patchs, ou des snus [poudre de tabac, ndlr] », a regretté le Docteur Dhaker Lahidheb, au micro de Réalités Online.
Le spécialiste en cardiologie a également tenu à éclaircir certains points concernant les alternatives : « Il y a une différence énorme, le vapotage c’est un liquide, on ne connaît pas exactement sa composition, on ne connaît pas sa fabrication. Contrairement au tabac chauffé qui est agréé par le ministère de la Santé et qui a eu des études cliniques d’efficacité et des études cliniques sur les effets indésirables qui sont moindres que le tabac classique. »