L’atmosphère était particulièrement électrique ce dimanche matin à Sfax. Un groupe de citoyens s’est rassemblé devant le siège de la municipalité pour réclamer la « purification » de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), brandissant des pancartes et lançant des slogans hostiles à la direction syndicale, et en particulier à son secrétaire général Noureddine Taboubi. Les manifestants ont accusé certains dirigeants syndicaux de corruption et exigé des réformes en profondeur au sein de la centrale syndicale.
En réaction, les partisans de l’UGTT se sont massés devant le siège de l’Union régionale tunisienne du travail (URTT) pour exprimer leur soutien à l’organisation et défendre ce qu’ils considèrent comme un pilier historique du mouvement social tunisien.
Dans une déclaration aux médias, Mohamed Abbas, secrétaire général adjoint de l’URTT à Sfax, a dénoncé une « mobilisation menée par une quarantaine de mercenaires », selon ses termes, qui a nécessité une présence policière exceptionnelle afin d’éviter tout dérapage. Abbas a souligné que, malgré les désaccords internes qui traversent aujourd’hui la Centrale syndicale, l’UGTT « reste solide et ne cédera pas face aux conspirations ».
Cet épisode s’inscrit dans un contexte de fortes tensions politiques et sociales en Tunisie. Le 7 août 2025, le siège national de l’UGTT à Tunis avait été la cible d’une attaque menée par des groupes organisés qui avaient tenté de forcer l’entrée, allant jusqu’à mobiliser des mineurs. La centrale syndicale avait alors dénoncé une tentative d’intimidation et de provocation, rappelant les méthodes utilisées par les Ligues de protection de la révolution il y a quelques années.
En signe de riposte, le 21 août, des milliers de militants syndicaux et de citoyens se sont rassemblés sur l’avenue Habib Bourguiba à Tunis pour défendre les libertés syndicales et dénoncer les campagnes de dénigrement visant l’organisation.
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