Il aura fallu attendre la 90+9e minute pour que le rideau tombe sur l’une des finales les plus intenses et les plus disputées de l’histoire récente de la Coupe de Tunisie. Ce dimanche au stade olympique Hammadi-Agrebi de Radès, l’Espérance Sportive de Tunis s’est finalement imposée face à l’Espérance Sportive de Zarzis sur le score d’un but à zéro, au terme d’un match accroché, riche en rebondissements et en émotions, qui a tenu les 23000 spectateurs en haleine jusqu’au coup de sifflet final.
Une première période à couteaux tirés
Dès l’entame, les Zarzisiens ont affiché leurs intentions en refusant de subir. La première occasion du match est d’ailleurs à mettre à leur crédit : dès la première minute, Achraf Ben Dhiaf, profitant d’une erreur de relance dans la défense espérantiste, voyait sa frappe passer à quelques centimètres du poteau de Memmiche. Un avertissement sans frais qui annonçait la couleur.
Les Sang et Or tentaient de réagir, mais se heurtaient à un rempart de taille : le gardien zarzisien Seif Charfi, auteur d’une prestation magistrale. A la 29e minute, il repoussait sans trembler la tentative de Momen Rahmani, avant de s’interposer brillamment face à Jack Diarra à la 41e minute, puis de dévier encore une frappe dangereuse de Florian Danho à la 43e minute. En face, Rahmani manquait lui aussi le cadre de la cage de Memmiche d’une frappe trop écartée.
Le coup de génie de Rafia, le drame de Charfi
La reprise confirmait les attentes. A la 54e minute, la frappe d’Adepoju Oluwaseun, entré en cours de jeu, passait à côté, avant qu’une nouvelle parade de Charfi sur une tentative de Danho ne maintienne le suspense à la 61e minute.
C’est alors que le match basculait. A la 62e minute, Hamza Rafia prenait ses responsabilités et décochait une frappe limpide des 25 mètres qui trompait Charfi et s’enfonçait dans les filets : 1-0 pour l’EST. Un but somptueux qui ouvrait enfin le score, mais qui allait immédiatement être au cœur d’une vive controverse.
Les joueurs zarzisiens se ruaient sur l’arbitre, réclamant l’intervention de la VAR pour une prétendue faute sur leur gardien lors de l’action du but. Après consultation, l’arbitre Nidhal Ben Letaief confirmait sa décision et validait le but, à la 63e minute. Le drame prenait une tournure encore plus sombre pour Zarzis deux minutes plus tard : à la 67e minute, Seif Charfi, visiblement blessé lors de l’action du but, était contraint de quitter le terrain, devenant le troisième joueur zarzissien à sortir sur blessure après Yousri Dhiflaoui et David Nyengue, remplacés dès la 18e minute par Adepoju et Tajouri.
Diminuée et privée de son portier titulaire, l’ES Zarzis ne baissait pourtant pas les bras et poussait en fin de match pour arracher l’égalisation. Mais la défense espérantiste tenait bon, et le but salvateur tombait finalement en toute fin de temps additionnel, à la 90+9e minute, pour sceller définitivement le score et offrir à l’EST un 17e titre en Coupe de Tunisie.
Au coup de sifflet final, c’est un soulagement immense qui se lisait sur les visages espérantistes. Après une saison marquée par la perte du championnat au profit du Club Africain et une élimination prématurée en Ligue des champions d’Afrique, les hommes de Christian Bracconi raccrochaient in extremis leur saison à ce trophée tant convoité.
Pour l’ES Zarzis, la défaite est cruelle, mais le parcours force le respect. Portés par un Seïf Charfi héroïque jusqu’à sa blessure, les Sudistes ont livré une finale digne des plus grands, confirmant que le football tunisien peut compter sur un club du Sud capable de bousculer la hiérarchie établie. Vingt-et-un ans après leur exploit de 2005, ils repartent sans trophée, mais avec les honneurs.