Un appel fort vient d’être lancé au sommet de l’État marocain. Le collectif GenZ 212, mouvement citoyen né sur les réseaux sociaux et regroupant plus de 150 000 jeunes, a demandé dans la nuit du 2 au 3 octobre la démission du gouvernement. Cette annonce survient après une sixième soirée de manifestations consécutives dans plusieurs grandes villes, notamment Rabat, Casablanca, Marrakech et Agadir.
Les protestations, menées par une jeunesse sans affiliation politique déclarée, dénoncent les défaillances du système de santé et d’éducation. Le mouvement a émergé mi-septembre, après la mort tragique de huit femmes enceintes à l’hôpital public d’Agadir, faute de prise en charge adéquate. Depuis, la contestation prend de l’ampleur, portée par le slogan : « Le peuple veut la santé et l’éducation ».
Dans un communiqué adressé au roi Mohammed VI, GenZ 212 accuse le gouvernement d’« échec à protéger les droits constitutionnels des Marocains » et réclame l’ouverture de procès équitables contre les responsables de corruption. Le collectif insiste toutefois sur le caractère pacifique du mouvement et appelle ses membres à éviter toute forme de violence.
Face à cette mobilisation inédite, le Premier ministre Aziz Akhannouch a réaffirmé la volonté de son gouvernement de « dialoguer » et de « répondre aux revendications sociales ». Le ministre de la Santé, Amine Tehraoui, a lui-même reconnu devant le Parlement que les réformes engagées restaient « insuffisantes ».
Si les autorités ont récemment autorisé les rassemblements, des incidents graves ont éclaté dans certaines villes, notamment à Salé et Lqliaâ, où des affrontements ont fait trois morts selon le ministère de l’Intérieur.