Après deux années d’un conflit meurtrier dans la bande de Gaza, un accord de cessez-le-feu a été annoncé dans la nuit du 8 au 9 octobre 2025 entre Israël et le Hamas, sous impulsion directe du président américain Donald Trump. Cet accord, présenté comme la première phase d’un plan de paix, a été conclu après quatre jours de négociations indirectes à Charm Cheikh, en Égypte, avec la médiation du Qatar, de l’Égypte et de la Turquie. Il prévoit l’arrêt des hostilités, un échange d’otages contre prisonniers palestiniens, ainsi qu’un retrait partiel des forces israéliennes de la bande de Gaza. Mais malgré l’annonce, la trêve demeure fragile et sa mise en application incertaine, alors que les bombardements israéliens se poursuivent sur plusieurs zones de l’enclave palestinienne.
Donald Trump a revendiqué la paternité de cette avancée diplomatique, évoquant « un grand jour pour le monde arabe, Israël et les États-Unis ». Selon ses déclarations, l’accord prévoit la libération de tous les otages encore détenus à Gaza, y compris les dépouilles de certains captifs, contre la libération d’environ 2 000 prisonniers palestiniens par Israël. En parallèle, un retrait israélien partiel toucherait près de 70 % de la bande de Gaza, avec redéploiement militaire vers des zones définies conjointement. Le président américain a laissé entendre qu’il se rendrait au Proche-Orient dans les prochains jours afin de superviser personnellement la suite du processus, confirmant ainsi l’importance stratégique que son administration accorde à cette médiation.
À Tel-Aviv, le Premier ministre Benjamin Netanyahou a salué l’accord, qualifiant cette étape de « jour historique » pour Israël. Il a affirmé que son gouvernement restait déterminé à « ramener tous les otages », même si l’accord divise profondément au sein de sa coalition. Plusieurs ministres issus de l’extrême droite, dont Itamar Ben-Gvir, ont dénoncé une concession dangereuse au Hamas et menacé de retirer leur soutien au gouvernement. Israël maintient par ailleurs son exigence d’un désarmement total du Hamas, point que le mouvement palestinien refuse catégoriquement.
À Gaza, le Hamas a confirmé avoir accepté un accord-cadre, tout en exprimant de fortes réserves. Son principal négociateur, Mousa Abou Marzouk, a déclaré que ce compromis avait été accepté « sous garanties américaines » et grâce « à l’engagement personnel » de Donald Trump. Sans cela, selon lui, le Hamas n’aurait jamais pris le risque d’entrer dans un accord sans retrait militaire total d’Israël. Le mouvement prévient également que l’application de cet accord devra être strictement encadrée par les médiateurs arabes et internationaux, de peur que Tel-Aviv ne revienne sur certains engagements.
Malgré l’annonce officielle du cessez-le-feu, la situation sur le terrain reste confuse. Des frappes aériennes israéliennes ont été signalées mercredi et jeudi sur plusieurs secteurs, notamment à Gaza-Ville, Khan Younès et Rafah. Le correspondant d’Al Mayadeen sur place évoque la poursuite d’« opérations militaires intensives » menées par l’armée israélienne, en dépit des déclarations diplomatiques. Le Bureau des médias du gouvernement local a appelé la population à ne pas se déplacer dans certaines zones stratégiques avant l’entrée en vigueur réelle du cessez-le-feu, redoutant de nouvelles violations. Selon les autorités sanitaires gazaouies, le conflit a déjà fait plus de 67 000 morts en deux ans, dont en grande majorité des civils. L’ONU évoque pour sa part « une catastrophe humanitaire sans précédent » et rappelle que Gaza reste confrontée à la famine, au manque de médicaments et à l’effondrement total des infrastructures.
Cet accord intervient après deux tentatives de trêve, en novembre 2023 et janvier 2025, restées sans suite durable. Les négociateurs redoutent que l’histoire se répète, d’autant que les tensions régionales n’ont pas disparu. Au nord, le Hezbollah libanais observe attentivement les développements et avertit que « toute agression israélienne » pourrait rouvrir un front complémentaire. Au sein des pays arabes, les réactions sont prudentes : si le Qatar et l’Égypte saluent une « étape importante », d’autres capitales comme Riyad ou Amman attendent de voir si cet accord peut réellement ouvrir la voie à un processus politique sérieux.
Pour l’heure, les clauses les plus sensibles de l’accord ont été renvoyées à une seconde phase de négociation. Elles concernent notamment l’avenir politique de Gaza, la question du désarmement des factions palestiniennes, le rôle de l’Autorité palestinienne, la reconstruction de l’enclave dévastée et la présence éventuelle de forces internationales. Donald Trump semble vouloir imposer un dispositif de sécurité supervisé par les États-Unis, tout en évitant la reconnaissance immédiate d’un État palestinien, ce qui continue de constituer une ligne rouge pour Israël.
Entre pressions diplomatiques, tensions internes et chaos humanitaire, cet accord ouvre peut-être une parenthèse, mais en aucun cas une paix immédiate. Sur le terrain, la population gazaouie, éprouvée par deux ans de guerre totale, oscille entre espoir et méfiance. À Tel-Aviv, les familles d’otages espèrent enfin voir leurs proches revenir. Mais tant que les armes ne se taisent pas réellement, l’accord conclu sous l’égide américaine reste suspendu à un équilibre précaire, exposé à la moindre provocation ou violation. Plus qu’une paix durable, il marque aujourd’hui un fragile moment de répit dans une guerre dont l’issue demeure incertaine.