Le président du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), Zied Dabbar, a vivement critiqué le blocage parlementaire de l’initiative visant à réviser le décret-loi 54. Il a accusé la présidence et le bureau du Parlement de freiner délibérément le processus, estimant que « le président du Parlement agit comme un ministre de la législation au service du pouvoir exécutif ». Dabbar a rappelé que le décret 54 « contredit la Constitution, les conventions internationales et le discours officiel de l’État » et qu’il a conduit à l’emprisonnement de journalistes, d’avocats et de citoyens.
S’exprimant lors d’une déclaration accordée aux médias en marge de la journée de réflexion organisée à l’occasion de la Journée internationale pour mettre fin à l’impunité des crimes commis contre les journalistes, Zied Dabbar a également plaidé pour une éducation aux médias afin de créer « une génération consciente de ses droits numériques, capable de distinguer entre information vérifiée et manipulation », face à la montée de la désinformation amplifiée par les technologies.
Selon le SNJT, 149 agressions contre des journalistes ont été recensées entre novembre 2024 et novembre 2025. Si leur nombre baisse légèrement, leur gravité s’accentue : « Nous parlons désormais d’emprisonnement de journalistes sous des prétextes juridiques variés », a-t-il déploré.
Zied Dabbar a par ailleurs dénoncé une justice à deux vitesses et une peur généralisée dans les institutions publiques. « Nous ne demandons pas de privilèges, seulement le respect du droit. Le rôle du journaliste est d’informer et de déranger le pouvoir, quel qu’il soit. Nous ne rentrerons pas dans le carré de l’obéissance », a-t-il conclu.