La ministre des Finances, Michket Slama Khaldi, a brusquement quitté la séance plénière ce jeudi, alors que se déroulait le débat sur le projet de loi de finances 2026, suite à une intervention de la députée Héla Jaballah. Quelques minutes plus tard, elle est réapparue dans l’hémicycle, marquant un retour après un départ spectaculaire.
Ce geste — inhabituel — a provoqué un véritable émoi parmi les parlementaires. La députée Jaballah a formulé des critiques particulièrement virulentes envers la ministre, suscitant une tension palpable. Faute de pouvoir répondre dans l’immédiat, Michket Slama Khaldi aurait choisi de se lever et de quitter la salle, accompagnée des membres de son cabinet : un signe fort de désapprobation et de refus de poursuivre le débat dans ces conditions.
Face à ce surcroît de tension, le président du parlement, Brahim Bouderbala, a estimé qu’il n’était pas possible de continuer dans de bonnes conditions. Il a donc décidé de lever la séance, renvoyant la poursuite des travaux à une date ultérieure. L’atmosphère dans l’hémicycle est restée électrique — l’événement témoigne d’un malaise profond, d’un climat de méfiance et d’une fragilité certaine du dialogue politique.
Au-delà de l’incident en lui-même, ce moment met en lumière plusieurs enjeux : l’intensité des critiques formulées contre le gouvernement, la difficulté de débattre sereinement des questions financières, et les tensions grandissantes entre pouvoir exécutif et assemblée. Ce départ — puis retour — de la ministre pourrait être perçu comme un avertissement symbolique, mais aussi comme une illustration de la fragilité du climat parlementaire. Il pose enfin la question de la qualité du débat démocratique : dans quelles conditions un ministre peut-il défendre des choix budgétaires face à une opposition virulente, tout en conservant le respect des institutions et la sérénité des échanges ?