Des centaines d’habitants de Gabès sont descendus dans les rues ce mercredi 17 décembre pour réclamer le démantèlement des unités polluantes du Groupe chimique tunisien, dans une mobilisation d’ampleur qui témoigne d’un ras-le-bol profondément enraciné. Cette manifestation, organisée à l’occasion de l’anniversaire de la Révolution, s’est voulue à la fois un acte de protestation sociale et un cri d’alarme environnemental.
Tout au long du cortège, les manifestants ont dénoncé les graves répercussions sanitaires et écologiques de l’activité industrielle du complexe chimique, pointant la pollution de l’air, de la mer et des sols, ainsi que la dégradation continue des conditions de vie dans la région. Les slogans scandés ont insisté sur le droit à un environnement sain, à la santé et à la dignité, accusant les autorités successives d’avoir ignoré, pendant des décennies, les revendications des habitants de Gabès.
La colère exprimée dans la rue s’appuie sur une réalité largement partagée par la population locale, confrontée à une augmentation des maladies respiratoires, à la raréfaction des ressources halieutiques et à l’impact négatif de la pollution sur la santé des habitants. Pour les protestataires qui réclament une révolution environnementale, le maintien des unités industrielles dans leur forme actuelle est incompatible avec toute perspective de développement durable de la région.
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