Le président du Syndicat tunisien des propriétaires de pharmacies privées, Mohamed Zoubeir Guiga, a affirmé dans une déclaration à Mosaïque que le communiqué publié par le syndicat ne constitue pas une décision soudaine, mais résulte d’un long processus d’alertes et d’avertissements qui a duré des mois. Cette situation intervient dans un contexte de persistance de la crise financière de la Caisse nationale d’assurance maladie et de son incapacité à honorer ses engagements envers les pharmaciens et les autres prestataires de services de santé.
Le Syndicat tunisien des propriétaires de pharmacies privées avait annoncé la fin de la convention régissant les relations entre celui-ci et la Caisse nationale d’assurance maladie, à compter du 31 décembre 2025, tenant les autorités publiques responsables de l’état dans lequel se trouve le système du médicament et de la santé en Tunisie.
Guiga a souligné que la convention avec les pharmaciens est intervenue après des accords similaires conclus avec les médecins privés, insistant sur le devoir du syndicat d’informer ses membres et l’opinion publique des évolutions de la situation. Il a rappelé que les pharmaciens sont la première partie lésée et les exécutants directs de la convention sur le terrain.
Le président du syndicat a expliqué que le problème n’est plus technique ou administratif, mais est devenu éminemment politique. Il estime que la solution ne relève plus uniquement de la Caisse, mais nécessite une intervention urgente de la présidence du gouvernement, avec la participation de quatre ministères directement concernés par le dossier : les ministères de la Santé, des Affaires sociales, des Finances et du Commerce.
Il a précisé qu’aucune réforme réelle du système d’assurance maladie ou du secteur pharmaceutique ne peut être réalisée sans une coordination directe entre ces ministères, notamment en ce qui concerne la garantie du financement nécessaire à la Caisse nationale d’assurance maladie et à la Pharmacie centrale. Il a mis en garde contre le fait que l’absence de mesures immédiates entraînerait la situation sur une trajectoire dangereuse, qui ne servirait ni les pharmaciens ni les patients.
MBY
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