La France a retiré l’invitation adressée à l’Afrique du Sud pour participer au prochain sommet du G7, dont elle assure la présidence. Cette décision fait suite à des pressions exercées par les États-Unis, selon une information exclusive de l’AFP publiée jeudi.
Le porte-parole de la présidence sud-africaine, Vincent Magwenya, a indiqué à l’AFP que son pays avait été informé du retrait de l’invitation en raison de « pressions continues ». « On nous dit que les Américains ont menacé de boycotter le sommet du G7 si l’Afrique du Sud était invitée », a-t-il déclaré. Par conséquent, l’Afrique du Sud ne participera pas à cette rencontre prévue en juin dans la ville française d’Évian.
De son côté, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a affirmé devant la presse que la France n’avait « cédé à aucune pression ». Il a justifié la décision par la volonté de son pays de tenir « un G7 resserré ».
Les relations entre l’Afrique du Sud et les États-Unis se sont dégradées depuis le retour de Donald Trump à la présidence américaine. L’administration américaine critique la politique foncière menée par Pretoria, qu’elle considère comme une forme de discrimination raciale à l’encontre de la population blanche du pays. En plus de ce différend, l’Afrique du Sud a accusé Israël de génocide dans la bande de Gaza devant la Cour internationale de justice, une position qui a également irrité Washington.
Le G7 réunit chaque année les dirigeants des sept principales économies industrialisées : Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni. La France assure cette année la présidence du groupe et organise le sommet qui se tiendra en juin à Évian. L’invitation de pays extérieurs au groupe est une pratique courante lors de ces rencontres, mais elle peut donner lieu à des arbitrages diplomatiques. Le retrait de l’invitation sud-africaine illustre les tensions qui traversent les relations transatlantiques depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche.