Dans une intervention publiée sur sa page facebook le samedi 28 mars, le professeur de droit constitutionnel Amine Mahfoudh livre une analyse rigoureuse de la présence des migrants subsahariens en Tunisie. D’emblée, l’universitaire récuse toute dérive vers le racisme, la violence ou l’inhumanité, qu’il juge inefficaces pour résoudre une crise de cette ampleur. Selon lui, la réponse doit impérativement s’inscrire dans un cadre responsable et démocratique, où le gouvernement consulte les citoyens, s’appuie sur des expertises solides et définit une stratégie transparente.
Le professeur pointe du doigt ce qu’il qualifie de défaillance de la gouvernance actuelle, marquée par une incapacité à gérer les flux migratoires et une absence de clarté sur les engagements internationaux. Il dénonce notamment le manque de transparence entourant les accords conclus avec l’Italie et l’Union européenne, souvent signés à l’insu du peuple tunisien. Pour Amine Mahfoudh, cette situation fragilise la souveraineté nationale et laisse la porte ouverte à des pratiques qui ne servent pas les intérêts du pays.
L’analyse souligne un paradoxe où les migrants subsahariens et les citoyens tunisiens se retrouvent logés à la même enseigne de la vulnérabilité. Mahfoudh estime que les partenaires européens tirent profit de “l’absence de processus démocratique en Tunisie” pour imposer des solutions qui leur sont favorables. Amine Mahfoudh suggère que tandis que le pouvoir en place se focalise sur sa propre pérennité, les intérêts européens priment, laissant les aspirations démocratiques de la Tunisie au second plan des préoccupations internationales.
191