La France s’apprête à accueillir près de 2 500 travailleurs tunisiens d’ici l’année 2029. Cette annonce a été faite par Didier Leschi, directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII), dans un entretien accordé à l’agence Tunis Afrique Presse (TAP). Ce projet s’inscrit dans le cadre de la deuxième phase du programme THAMM+, financé par l’Union européenne et mis en œuvre par l’Organisation internationale du travail (OIT). Par ailleurs, ce programme vise à renforcer l’employabilité et à faciliter des parcours de mobilité réguliers entre l’Égypte, le Maroc, la Tunisie et l’Union européenne.
Les secteurs concernés par ce dispositif sont l’agriculture, l’industrie, le transport, l’aide à la personne et la restauration. En effet, ces domaines connaissent en France des tensions de recrutement élevées. D’autre part, le programme THAMM+ entend concilier les besoins en main-d’œuvre français avec les enjeux d’employabilité en Tunisie. Qui plus est, ce dispositif repose sur une logique de « migration circulaire ». Concrètement, les travailleurs tunisiens pourront acquérir une expérience professionnelle en France avant de retourner dans leur pays d’origine avec des compétences renforcées. Par conséquent, l’objectif est d’éviter une fuite durable des talents et de promouvoir une coopération équilibrée entre les deux nations.
La première phase du programme, menée entre 2022 et 2025, a donné des résultats jugés positifs. Ainsi, 500 contrats de travail ont été conclus en France et plus de 1 000 personnes ont été formées. Pour la deuxième phase, Didier Leschi souhaiterait renforcer le dispositif en augmentant les volumes, en diversifiant les secteurs et en améliorant la fluidité des procédures administratives grâce à la digitalisation.
Ce programme intervient dans un contexte économique tendu pour la Tunisie. Selon les données de l’Institut national de la statistique (INS), le taux de chômage des jeunes âgés de 15 à 24 ans atteignait 40,1 % au troisième trimestre 2025. Chez les diplômés de l’enseignement supérieur, ce taux s’élevait à 24,9 %. Par ailleurs, les transferts de fonds de la diaspora tunisienne ont représenté 2,13 milliards de dinars (soit l’équivalent de 734 millions de dollars) au 31 mars 2026, selon des chiffres officiels.
Enfin, l’OFII, présent en Tunisie depuis les années 1960, demeure un acteur clé de la gestion des flux migratoires légaux. En 2025, la Tunisie s’est distinguée parmi les pays du Maghreb par la délivrance du plus grand nombre de visas vers la France, avec 116 000 visas et 20 000 titres de séjour.
MBY