Le Fonds monétaire international (FMI) tempère les attentes économiques de la Tunisie pour l’année 2026 et propose une trajectoire plus prudente que celle prévue par les autorités tunisiennes. Selon la fiche pays du FMI, la croissance réelle tunisienne est attendue à 2,1 % en 2026. Ce chiffre se situe bien en dessous des 3,3 % que le gouvernement tunisien a fixés comme objectif pour l’année en cours.
Cette prévision indique un possible ralentissement par rapport à l’année 2025. En effet, l’économie tunisienne a progressé de 2,5 % en 2025, selon les données de l’Institut national de la statistique. Cette croissance a été principalement portée par les contributions de l’agriculture et des services.
Dans ses prévisions, le FMI suit également de près l’évolution des prix à la consommation. Une hausse moyenne de 6,5 % est attendue pour 2026. Par conséquent, ce niveau continue de réduire le pouvoir d’achat des ménages et de limiter les marges de relance de la demande intérieure.
La divergence entre les perspectives du FMI et celles du gouvernement tunisien repose sur deux lectures différentes de la capacité du pays à accélérer sa croissance à court terme. D’une part, l’exécutif tunisien mise sur les investissements, le tourisme et la reprise de certains secteurs productifs. D’autre part, le FMI maintient une évaluation plus prudente, cohérente avec un contexte international marqué par la hausse des prix de l’énergie et des risques accrus pour les économies émergentes importantes de pétrole et de gaz.
Le Fonds a récemment revu à la baisse ses perspectives 2026 pour les économies émergentes et en développement. Il a souligné la vulnérabilité des pays importateurs nets d’énergie face aux chocs géopolitiques et aux fluctuations des prix des matières premières. Pour la Tunisie, le message du FMI est clair : la reprise existe, mais elle reste fragile. Qui plus est, l’écart entre les 2,1 % du FMI et les 3,3 % du gouvernement confirme que l’année 2026 sera décisive pour mesurer la crédibilité de la stratégie économique tunisienne. Cet équilibre reste délicat entre la croissance, la stabilité des prix et le besoin de financements.
MBY