Une étude du Centre africain pour les études stratégiques et la digitalisation (CAESD) établit que l’intelligence artificielle modifiera profondément le marché du travail marocain avant la fin de la décennie. Concrètement, près de 9 millions de postes seront concernés par cette mutation. En effet, 1,5 million d’emplois devraient subir une pression de transformation significative d’ici 2030. Par ailleurs, 3,1 millions de positions connaîtront une transformation professionnelle marquée. À cela s’ajoutent 4,6 millions d’autres emplois qui seront touchés à des degrés divers, sans pour autant être bouleversés aussi radicalement.
Les banques, les compagnies d’assurance ainsi que certaines fonctions administratives figurent parmi les secteurs les plus exposés. Les emplois de base et ceux occupés par les femmes, souvent concentrés dans les services les moins protégés, sont également identifiés comme particulièrement fragiles. En parallèle, cette transformation s’accompagne d’une création de postes à haute valeur ajoutée. Ainsi, environ 180 000 nouveaux emplois digitaux devraient voir le jour d’ici 2030. En d’autres termes, la destruction de certains métiers s’accompagne d’une recomposition partielle du tissu professionnel.
Le Maroc occupe une place médiane dans le paysage africain et arabe en matière d’exposition à l’IA. Environ 14 % de l’emploi total du royaume est concerné. Qui plus est, ce taux place le Maroc derrière l’Arabie saoudite, qui atteint 23 %, et également derrière la Tunisie, avec 16 %. En revanche, le royaume devance la Côte d’Ivoire, dont le taux d’exposition est de 8 %. Cette situation reflète une économie suffisamment digitalisée pour ressentir les effets de l’IA, mais qui doit encore relever des défis en matière de développement des compétences.
Face à ces évolutions, le gouvernement marocain a élaboré une stratégie nationale intitulée « Maroc Digital 2030 ». L’objectif principal est d’augmenter la création d’emplois digitaux pour atteindre 240 000 postes directs d’ici 2030, dépassant ainsi les projections naturelles du marché. Par conséquent, les autorités misent sur un renforcement massif du capital humain. Concrètement, le pays prévoit de former 100 000 personnes talentueuses chaque année. De cette manière, les compétences seront maintenues au niveau des nouveaux standards imposés par l’économie mondiale.