Un nouveau médicament destiné aux patients atteints de diabète de type 2 s’apprête à faire son entrée sur le marché tunisien au cours du mois de mai. Ce traitement se distingue par son efficacité dans la régulation de la glycémie, mais aussi par son action sur la réduction de l’hémoglobine glyquée, un indicateur clé du contrôle du diabète sur le long terme. Il contribuerait également à une diminution du poids chez certains patients, un facteur important dans la prise en charge de cette maladie chronique souvent associée à l’obésité.
S’exprimant lors d’une déclaration à l’agence TAP ce lundi 4 mai 2026, Pr Mehdi Khelthoum, spécialiste en endocrinologie et diabétologie à l’hôpital régional de Gafsa, a précisé que le principe de ce traitement repose sur une approche innovante qui agit sur plusieurs mécanismes de l’organisme. Il mime l’action d’une hormone naturellement produite par l’intestin, impliquée dans la régulation de la glycémie après les repas. Concrètement, il stimule la sécrétion d’insuline lorsque le taux de sucre augmente, tout en réduisant la production de glucagon, une hormone qui élève la glycémie. Par ailleurs, il ralentit la vidange de l’estomac, ce qui favorise une sensation de satiété plus rapide et durable.
Administré sous forme d’injection hebdomadaire, ce médicament se présente sous un système de quatre doses progressives, permettant une adaptation graduelle du patient au traitement. Cette fréquence d’administration constitue, selon le professeur Khelthoum, une avancée notable par rapport aux traitements quotidiens traditionnels.
Le spécialiste souligne par ailleurs que ce traitement est prescrit uniquement sur ordonnance médicale et nécessite un suivi strict par un médecin. Il affirme également qu’aucun impact négatif majeur n’a été observé à long terme sur les fonctions cardiaques et rénales dans les études cliniques disponibles, ce qui renforce son profil de sécurité.
Le prix de ce traitement est fixé à environ 355 dinars, et il n’est pas encore pris en charge par la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM).
Au-delà de l’innovation thérapeutique, ce nouvel outil pourrait contribuer à améliorer la qualité de vie des personnes diabétiques et à réduire les complications liées à la maladie, qui demeure un problème majeur de santé publique en Tunisie. Les estimations évoquent une prévalence élevée du diabète dans la population, touchant près d’un Tunisien sur cinq selon certaines études, tandis que les données mondiales font état de centaines de millions de personnes concernées.
Les spécialistes rappellent néanmoins que ce type de traitement ne remplace pas les mesures de base que sont l’alimentation équilibrée, l’activité physique et le suivi médical régulier, qui restent les piliers du contrôle du diabète.