Lundi 4 mai 2026, le monde culturel tunisien a perdu l’une de ses voix les plus lucides. Mohamed Messaoud Driss n’était pas simplement un critique de théâtre. Il était de ceux qui regardent, questionnent, analysent et donnent du sens.
Pendant des décennies, il a accompagné le théâtre tunisien avec une exigence rare. Là où certains se contentent d’aimer ou de ne pas aimer, lui cherchait à comprendre. Ses écrits ne jugeaient pas seulement les œuvres, ils les inscrivaient dans une histoire, dans une évolution, dans une réflexion plus large sur la société et la culture.
Professeur universitaire, il a aussi été un passeur. Dans les salles de cours comme dans les jurys, il formait bien plus que des étudiants : il formait des regards. Des générations entières ont appris, à travers lui, que le théâtre ne se limite pas à une scène, mais qu’il est un miroir, parfois dérangeant, souvent nécessaire.
Son parcours ne s’est pas limité à l’enseignement et à l’écriture. Il a également contribué aux politiques culturelles, avec la volonté constante de structurer, valoriser et faire évoluer les arts de la scène en Tunisie. Une implication discrète, mais essentielle.
Ce qui marque chez Mohamed Messaoud Driss, au-delà de ses fonctions et de ses publications, c’est cette fidélité au sens. Il croyait au rôle du critique, non pas comme arbitre, mais comme éclaireur. Quelqu’un qui accompagne, qui contextualise et qui aide à voir autrement.
Aujourd’hui, son absence laisse un silence particulier, celui qu’on ressent quand disparaît une conscience, une référence, un repère.
Mais ce silence n’est pas vide. Il est habité par tout ce qu’il a transmis : ses écrits, ses analyses, ses étudiants, et cette manière exigeante d’aborder l’art.
Le théâtre tunisien perd une voix, mais il garde une pensée.