Une trêve entre la Russie et l’Ukraine est attendue ce weekend à l’occasion de la commémoration du 9 Mai à Moscou, plus connue par les russes sous la dénomination de « Jour de la Victoire » qui célèbre la capitulation de l’Allemagne nazie face à l’URSS en 1945.
La guerre avec l’Ukraine plane désormais sur ces commémorations, puisque les russes ont choisi de la célébrer sous un format « réduit » puisque le défilé d’armement lourd et de missiles seront annulés pour cette années « en raison des risques liés à la guerre en Ukraine » note TF1 Info.
Cependant, cette « trêve » semble ressembler à tout sauf à un vrai cessez le feu. En effet, les bombardements russes sur l’Ukraine se sont multipliés cette semaine. Rien que pour la journée du 5 Mai, 28 personnes ont perdu la vie dans des attaques intenses menées par les russes sur les fronts est et sud de l’Ukraine.
Ceci dénote pour les observateurs internationaux d’un manque de sérieux quant à la possibilité, annoncée par les russes d’ouvrir, à l’occasion de cette trêve, une voie devant la diplomatie afin qu’elle puisse faire son travail et remplacer les armes.
« Un cynisme absolu » a fustigé le président ukrainien Vlodymir Zelensky. Rapporte TF1 Info. Les ukrainiens, qui ont annoncé unilatéralement un cessez-le feu dès le mercredi 6 Mai, sont endeuillé dans cette guerre qui, désormais, ne respecte aucune éthique.
Selon les analystes interrogés par TF1 Info, malgré que ces offensives soient moins intenses que celles de l’hiver passé, la pression reste toujours de mise sur tout le territoire ukrainien.
Ceci n’empêche pas, selon ces mêmes analystes, cette pression reste toujours stérile et ne « masque pas les difficultés rencontrées par les russes sur les différents fronts terrestres sur lesquels ils sont engagés et où leur progression est gelée depuis des semaines ».
« Cette situation est symptomatique de problèmes profonds, et cela alors même que l’Ukraine ne bénéficie plus de l’aide matérielle américaine. Le rapport de force n’est pas forcément en train de s’inverser, mais les Ukrainiens tiennent tête », note un analyste.
Des discussions entre les deux parties sont-elles possibles
Sous ce fond de tension, et malgré la trêve ainsi que leur incapacité à gagner plus de terrain en Ukraine, les russes restent, sur le plan diplomatique, toujours sur la même position.
Nonobstant les critiques internes sur la conduite de cette guerre, qui émanent des groupes politiques nationalistes ou de la bouche d’anciens militaires qui dénoncent l’impasse dans laquelle leur pays se trouve, rien ne change sur le plan diplomatique.
Il ne reste pour eux qu’à espérer que le black-out imposé sur la guerre en Ukraine, par le fait du conflit armé irano-américain, ne constitue une opportunité pour la Russie d’effectuer une percée diplomatique, sur la base de ses conditions.
Ces partisans d’un achèvement final de la guerre renforcent leur argument par la fulgurance des prix des hydrocarbures dans le monde, dont la Russie est l’un des plus grandes bénéficières.
Les nouveaux bénéfices retirés de cette situation peuvent, selon eux, aider la Russie à compenser les effets liés aux sanctions qui lui ont été imposés, mais aussi, lui permettre de mieux utiliser l’arme du pétrole et du gaz pour éviter de nouvelles sanctions.
Mais d’un autre côté, dans le camp russe, certains mécontents de la politique de Poutine sur la question de l’Ukraine incitent ce dernier à avantager le choix d’une solution pacifique. Constatant que Poutine ne veut rien céder dans cette guerre et pense qu’il peut la poursuivre éternellement, ils commencent à se poser des questions sur
Le seul atout du côté russe actuellement, c’est d’ailleurs le black-out qui a été imposé sur la guerre en Ukraine, en raison du conflit en Iran, qui masque tout le reste. Il n’y a plus de pression pour imposer des négociations, une paix. Par ailleurs, le prix du pétrole monte, les Russes peuvent en retirer à nouveau des bénéfices et compenser les effets des sanctions. Mais diplomatiquement, ils restent toujours sur la même position, malgré l’échec évident de leur stratégie sur le terrain. D’où la grogne qui monte dans le pays, avec cette impression que Vladimir Poutine ne veut céder sur rien et pense qu’il est possible de continuer la guerre éternellement. Autour de lui, certains commencent remettre en cause cette politique et appellent à envisager d’autres alternatives capables de privilégier les intérêts de la Russie mieux que la guerre.
Krimi Abderrazek