La visite de Donald Trump en Chine, bien que qualifiée d’officielle, a surpris plus qu’un. Le timing et les objectifs, malgré que la visite a pris fin, sont encore sujets de débat.
Cependant coté résultats, il y’a certaines choses qui ont été annoncées, d’autres jugées en deçà de ce qui était attendu, et d’autres, bien que tout le monde sont certains qu’il y avait eu des arrangements, mais qui n’ont pas été annoncés.
Par ailleurs, quelques soient les hypothèses énoncées par les uns et par les autres, une seule chose est certaine, c’est que cette visite a eu lieu sur un double fond de divergence entre la Chine et les USA. D’une part, la question des tarifs douaniers imposés par Trump sur les importations américaines de Chine et les négociations, avec des hauts et des bas, qui ont eu lieu autour de ce sujet. Et la guerre menée par les USA contre l’Iran, l’un des principaux partenaires économiques chinois et le blocus imposé devant le trafic au niveau du détroit d’Ormuz.
D’autres point de divergence non moins important sont passés sous silence. La question Taiwanaise en particulier. Pourtant leurs spectres planaient le long de la visite et ce à travers des manifestations diplomatiques contradictoires, parfois même paradoxales.
Et c’est ce qui justifie la question autour du bilan de cette visite.
Dans une news publiée par Reuters, un titre ne peut pas manquer d’attirer l’attention. « Trump quitte Pékin avec peu de résultats mais beaucoup d’éloges ».
Le « faste » de l’accueil qui cache les divergences
Coté protocole tout d’abord, Reuters n’a pas manqué de décrire le « faste » de l’accueil chinois réservé à Trump. Grandes réceptions, soldats marchant aux pas de l’oie, banquets copieux, visites privées de quelques sites privilégiés, incitant Trump à « couvrir le président chinois d’éloges tout en soulignant sa chaleur et son envergure ».
Trump n’a pas hésité ainsi à exprimer son impression lors de la dernière rencontre qu’il a eu avec le président chinois. « Ce fut une visite incroyable. Je pense qu’elle a porté ses fruits » a-t-il déclaré.
Ceci n’a pas empêché le ministre chinois des affaires étrangères de publier, juste avant le déjeuner organisé en l’honneur du président américain, un communiqué dans lequel il a exprimé la frustration de Pékin face à la guerre contre l’Iran, rapporte Reuters.
« Ce conflit, qui n’aurait jamais dû avoir lieu, n’a aucune raison de se poursuivre », a écrit le ministère chinois, ajoutant que Pékin soutenait les efforts visant à parvenir à un accord de paix dans un conflit qui a gravement affecté l’approvisionnement énergétique et l’économie mondiale.
Résultats économiques en deçà des attentes et discorde autour de la guerre contre l’Iran
Qualifiant la visite du président américain comme étant la première depuis 2017, Reuters a indiqué que Trump, en quittant la Chine, « a fait état d’avancées commerciales sans toutefois convaincre ». Et pour exemple, Trump a promis, avant de se déplacer en chine, qu’un accord pour la vente de 500 appareils Boeing sera conclu avec la Chine. Alors qu’en définitif, cet accord n’a porté que sur 200 appareils.
La chine n’a, en même temps, pas caché son gène face à la flambé des prix du pétrole dans les marchés mondiaux. Une situation causée par la guerre déclenchée par les USA et ses conséquences connues, notamment suite au blocus exercé par les deux parties et qui entrave à la fluidité du trafic des marchandises.
Trump a voulu se montrer sur ce point rassurant en déclarant qu’il a partagé, à propos de l’Iran, avec son homologue chinois des points de vue « très similaires » sans que le président chinois Xi Jinping n’ait fait le moindre commentaire.
Un compte-rendu succinct effectué par la Maison blanche des discussions tenues jeudi entre Donald Trump et Xi Jinping souligne la volonté commune des deux dirigeants de rouvrir le détroit d’Ormuz, voie par laquelle transite en temps normal un cinquième des livraisons énergétiques mondiales. Il note également un apparent intérêt de Pékin pour l’acquisition de pétrole américain afin de réduire sa dépendance au Moyen-Orient.
« Ce qui frappe, c’est qu’il n’y a aucun engagement de la part de la Chine à prendre des mesures spécifiques concernant l’Iran », constate Patricia Kim, chercheuse en politique étrangère à la Brookings Institution.
Si les observateurs s’attendaient avant la visite de Donald Trump en Chine que ce dernier exhorte son homologue chinois à user de son influence auprès de l’Iran pour parvenir à un accord. Cependant, nombre d’analystes doutent désormais que Xi Jinping soit disposé à faire pression sur Téhéran.
Krimi Abderrazek