Dans une analyse publiée ce samedi sur sa page Facebook, l’économiste et universitaire Aram Belhaj a livré un éclairage critique sur le débat entourant la trajectoire réelle de l’économie tunisienne. Répondant à la confusion des non-spécialistes, tiraillés entre les partisans d’une reprise basés sur une croissance annuelle de 2,6 % et ceux d’une récession s’appuyant sur un recul trimestriel de -0,3 %, l’expert a renvoyé les deux camps dos à dos. Selon lui, ces deux indicateurs sont mathématiquement exacts mais traduisent deux réalités temporelles différentes : l’économie tunisienne progresse par rapport à un passé lointain, mais elle s’essouffle nettement face aux dynamiques conjoncturelles immédiates.
L’universitaire a expliqué que le taux de 2,6 % est partiellement trompeur en raison d’un effet de base avantageux, le premier trimestre de l’année précédente ayant été particulièrement atone. A l’inverse, la contraction trimestrielle de -0,3 % reflète le véritable pouls instantané de l’économie, indispensable pour anticiper la trajectoire à court terme. Aram Belhaj souligne que la Tunisie souffre d’une faiblesse structurelle chronique, le PIB réel n’ayant entamé la récupération de son niveau d’avant-crise sanitaire qu’en 2025. Cette hausse apparente ne relève donc pas d’une prospérité nouvelle, mais d’un simple rattrapage partiel du terrain perdu.
En conclusion, l’expert qualifie cette croissance de précaire et déconnectée de tout investissement productif. Cette fragilité expose le pays aux chocs extérieurs, notamment aux tensions régionales qui risquent d’alimenter la flambée des cours de l’énergie, de creuser le déficit et de réactiver les pressions inflationnistes. Pour sortir de cette dynamique en trompe-l’œil, Aram Belhaj rappelle l’urgence absolue d’engager des réformes structurelles profondes, seules capables de générer une croissance authentique et de répondre aux défis pressants du chômage, de la pauvreté et des disparités régionales.
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