Dans le cadre de sa nouvelle feuille de route climatique couvrant la période 2026-2035, la Tunisie entend réunir environ 55 milliards de dollars (soit plus de 161 milliards de dinars). Ce plan met l’accent sur des secteurs stratégiques : l’eau, l’agriculture, la sécurité alimentaire et l’énergie.
Ce dispositif s’inscrit dans la « Contribution déterminée au niveau national » (CDN 3.0), dévoilée à l’occasion du séminaire sur la politique climatique organisé à Gammarth, dans le cadre du Forum national sur l’adaptation au changement climatique. L’information a été rapportée par l’agence TAP.
La stratégie ambitionne de diminuer de 46,4 % l’intensité carbone de l’économie tunisienne à l’horizon 2030, puis de 62 % d’ici 2035, par rapport aux niveaux de 2010. Pour la première fois, le document inclut aussi un objectif absolu : une réduction de 34 % des gaz à effet de serre en 2035 comparé à 2010.
En matière d’adaptation, le dossier cible sept domaines exposés aux risques climatiques : la gestion des ressources en eau et l’assainissement, l’agriculture, la pêche et la sécurité alimentaire, la santé, les écosystèmes et la biodiversité, les infrastructures et les zones habitées, ainsi que le patrimoine culturel et les moyens de subsistance. Bien qu’elle soit un faible émetteur mondial, la Tunisie figure parmi les pays très vulnérables face à la hausse des températures, à la baisse des précipitations, aux sécheresses, aux inondations et à l’érosion côtière.
L’enjeu hydrique est au cœur du plan. Il prévoit de développer les eaux non conventionnelles, de porter la capacité de dessalement à 265 millions de mètres cubes par an d’ici 2035, et d’atteindre un taux de 50 % de réutilisation des eaux usées traitées pour l’agriculture. Par ailleurs, 1,2 million d’hectares de terres dégradées bénéficieront d’interventions spécifiques.
Le secteur de l’énergie représente environ 87 % des besoins d’investissement liés à l’atténuation des émissions. La Tunisie compte financer 26 % de ces efforts sur ses ressources propres, tandis que les 74 % restants dépendront d’un soutien financier international. En l’absence de mesures rapides, l’économie tunisienne pourrait subir une contraction de 3,4 % de son PIB d’ici 2030, selon les projections.
MBY