Par Feriel Berraies Guigny partenaire presse United Fashion for Peace le magazine pour une planète éthique (webzine.unitedfashionforpeace.com)
À l’occasion de ses 10 ans, Essence & Sense Gallery a lancé l’exposition inédite « Fragments de vie », une exposition collective réunissant des artistes engagé(e)s, porteurs de regards sensibles sur le monde et profondément attachés aux valeurs humaines et environnementales.
Dans un monde en proie à de multiples tragédies, l’art et la culture sont les étendards de la paix, les seuls capables de réunir là où les clivages idéologiques persistent.
UFFP, la plateforme franco-tunisienne pour la paix, était partenaire international à cette occasion, rappelant encore une fois la fraternité entre les Afriques, mais aussi l’importance de continuer à véhiculer des discours de paix, d’amour et de poésie dans un monde de plus en plus déshumanisé.
Quand les deux Afriques, justement, sont constamment confrontées, mises en opposition (question migratoire oblige), ce genre d’initiative rappelle encore une fois la force de la culture comme ambassadrice de la paix et de la fraternité entre des peuples frères d’un même continent.
Dominique Loubao, ingénieure culturelle franco-ivoirienne (également fondatrice du salon littéraire La Plume Noire et du Prix Senghor), qui en est la fondatrice, a visité notre beau pays, la Tunisie, il y a quelques années, à l’occasion d’un important rendez-vous culturel : le JACC 2023.
Elle a connu pas mal d’artistes, dont Houda Ajili, qui a eu un entretien pour Réalités Online.
L’occasion pour elle de venir découvrir le public tunisien, qui a eu un énorme coup de cœur pour tous ces artistes venus du Congo, du Burkina Faso et d’autres pays encore.
Pour les dix ans de cette formidable plateforme d’art en ligne, on découvre, à travers les couleurs, les matières, les formes et les symboles, une exposition qui fait la part belle aux différents fragments qui jalonnent nos existences : les joies, les espoirs, les racines, les épreuves et les renaissances aussi.
Oui, car même dans les aléas climatiques, politiques, les guerres fratricides, les crises endémiques, l’amour et l’espoir sont là et tout renaît du néant, pour peu qu’on sache voir la lumière et surtout qu’on la cultive.
Et ces artistes engagés qu’UFFP, en la personne de Fériel Berraies Guigny et de Dominique Loubao qui les représente, nous rappellent avec humilité que la vie est plus forte que tout.
Comme un éternel recommencement, la plupart des artistes viennent de pays en transition, parfois en crise ou en guerre, mais leur pinceau continue à transcender le néant par la force de la poésie et de la lumière.
Peintres, photographes, sculpteurs, installateurs, performeurs, les artistes, en chœur, redessinent l’univers par le biais de leurs créations artistiques, mais également les turpitudes de la société dans laquelle ils évoluent.
Ingénieure interculturelle de formation et médiatrice culturelle de conviction, depuis 30 ans, Dominique Loubao place la culture au cœur de ses engagements professionnels et continue à nous éblouir, comme à chaque fois.
La créativité sans engagement n’est pas dans l’ADN des choix que porte Dominique Loubao depuis toujours, quand il s’agit de représenter des artistes avant tout solidaires et engagés. Nous qui la connaissons depuis 22 ans au travers de ses salons, nous constatons que la passion est intacte, qu’importent les complexités d’une conjoncture et d’un univers artistique de plus en plus complexe, du Nord au Sud.
Car la culture, même si elle ne fait plus vivre, est le langage de la paix et le pont essentiel pour réunir là où les clivages persistent, dans un monde qui a tôt fait de diviser les catégories sociales, raciales et religieuses, du Nord au Sud.

Beauté architecturale, Burkinabè Léopold D. Segeuda, 2021 90 × 90 cm, huile sur toile
Notre 1er grand coup de cœur parmi tous ces artistes merveilleux est l’œuvre du Burkinabè Léopold D. Segeuda. Ce dernier déploie ici une vision poétique de l’espace où l’architecture cesse d’être un simple agencement de formes pour devenir le reflet d’un ordre intérieur. Inscrite dans l’esthétique de l’art naïf, la composition conjugue rigueur géométrique et foisonnement chromatique, transformant la ville en un paysage mental vibrant. Les constructions, minutieusement orchestrées, semblent dialoguer entre elles dans une harmonie presque musicale, célébrant la capacité de l’être humain à façonner son environnement tout en y projetant ses rêves, sa mémoire et son imaginaire. L’œuvre offre ainsi une méditation sur la beauté comme principe d’équilibre entre invention, culture et habitat.

Je suis un amoureux, pas un tueur Thierry Vahwere (TvCroki), 2022 Acrylique sur toile, 150 × 120 cm
2e coup de cœur : le travail du Congolais Thierry Vahwere. À travers le concept de « Fusitare » (fusil + guitare), TvCroki transforme une arme de guerre en instrument de création. Inspirée par la réalité des enfants soldats dans l’est de la RDC, cette œuvre célèbre la possibilité de la métamorphose : de la violence à l’expression, de la peur à l’espoir, de la survie à la vie. Le cœur remplace la guerre comme force motrice. Une ode à la résilience, à la paix et au pouvoir réparateur de l’art.
L’exposition s’est tenue du 15 au 21 juin. Le vernissage a eu lieu le 18 juin à partir de 18 h, à l’International Art Gallery, dans l’emblématique quartier des antiquaires, 78, avenue de Suffren, Paris.