Lors du Tunisian Investment Forum 2026, le président d’Afreximbank, George Elombi, a soutenu que les engagements politiques ne suffisent pas à lever les obstacles structurels qui entravent les échanges entre pays africains. Il a relevé la coexistence de 42 devises nationales sur le continent. Par conséquent, les entreprises doivent recourir à des monnaies étrangères pour leurs transactions, ce qui génère une perte de compétitivité évaluée à 5 milliards de dollars par an. À cela s’ajoute un frein à la fluidité du commerce et au développement du marché unique africain.
Pour répondre à cette situation, George Elombi a présenté le système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), conçu conjointement par Afreximbank et l’Union africaine. Ce mécanisme autorise les échanges en devises locales entre opérateurs de pays différents. En plus, il réduit le recours aux monnaies internationales et simplifie les opérations, notamment pour les PME et le secteur informel. Il a cité le cas d’un agriculteur kényan pouvant commercer avec un partenaire sénégalais dans sa propre monnaie, ce qu’il a considéré comme un progrès pour l’efficacité de l’intégration régionale.
Par ailleurs, le responsable a annoncé la création d’un fonds d’ajustement d’environ un milliard de dollars. Ce fonds est destiné à soutenir le secteur privé africain et à renforcer ses capacités à l’exportation, avec une possibilité d’accès pour les gouvernements. D’autre part, il a insisté sur la digitalisation des échanges et le déploiement de guichets uniques frontaliers numériques, afin de faciliter le transit des marchandises et des personnes tout en optimisant les procédures douanières.
Enfin, George Elombi a rappelé que le commerce intra-africain a atteint 220 milliards de dollars en 2024, grâce aux avancées de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Qui plus est, il a noté que des défis subsistent, malgré cette évolution positive.