Par Fériel Berraies Guigny, partenaire presse de webzine.unitedfashionforpeace.com
Le Théâtre de l’Opéra de Tunis présente une nouvelle production de Didon & Enée, chef-d’œuvre baroque composé par le Britannique Henry Purcell.
À rappeler que Carthage a séduit et attiré bien des convoitises au cours de son histoire. Entre apogée et déclin, elle a influencé puis nourri de nombreuses ambitions politiques, sociales, économiques et, bien sûr, culturelles. Du passé à aujourd’hui, son héritage reste inestimable. Elle a notamment inspiré, pour rester dans le registre britannique, deux grands créateurs : le peintre William Turner et sa série La Naissance et la destruction de Carthage. Rappelons l’anecdote selon laquelle ce dernier souhaitait être enterré avec l’un des tableaux de cette série.
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Elle a également inspiré Henry Purcell, virtuose de l’époque baroque, à qui l’on doit ce magnifique opéra consacré aux amours interdites et impossibles entre la reine de Carthage et un prince troyen.
Une version modernisée de l’opéra entre lyrisme et ballet moderne
Et oui, nous retrouvons bien la touche de Syhem Belkhodja, présidente de NESS EL FEN, que l’on ne présente plus. Grande dame de la scène de la danse contemporaine en Tunisie, nous avons eu le bonheur de collaborer avec elle lors du Festival Mode et Design de Carthage en 2010. Nous avons également eu l’occasion de partager un voyage à La Havane, où on a pu découvrir les bases de la danse contemporaine.
Un rendez-vous inédit pour la scène tunisienne et internationale ce mois de juillet
Tunisie, France, Liban : tout est réuni pour faire de ce rendez-vous un moment mémorable. Après l’Opéra de Tunis en mai dernier, la production investira ce fabuleux site historique, le plus beau et le mieux conservé des colisées au monde : El Jem.

Certes, le Colisée de Rome évoque les gladiateurs, ainsi qu’un célèbre animé japonais, mais El Jem est avant tout le temple des musiques de chambre, des grands virtuoses et des ténors. Même s’il faut rappeler que cette image a été quelque peu bousculée avec le récent concert de Bryan Adams, le célèbre rockeur canadien, nous entrons ici dans un tout autre registre.
Rappelons qu’El Jem, contrairement à Tabarka, a vocation à donner la part belle aux concerts classiques et lyriques. Justement, les ballets modernes de cette édition de l’opéra de Purcell viendront quelque peu casser le côté classique de la programmation.
Cette version, mêlant les genres, propose une production inédite : une relecture contemporaine qui réinscrit le mythe de Didon — reine fondatrice de Carthage — au cœur de son ancrage méditerranéen.
Sur scène, le Ballet de l’Opéra de Tunis, des musiciens ainsi que des chanteurs lyriques tunisiens et internationaux donnent vie à une œuvre à la croisée des cultures, entre héritage baroque et résonances contemporaines.
SYNOPSIS
Inspiré de L’Énéide de Virgile, l’opéra Didon & Enée de Henry Purcell met en musique l’un des récits fondateurs du bassin méditerranéen : la rencontre entre Didon, reine de Carthage, et Énée, prince troyen en exil.
Fondatrice d’une cité prospère, ouverte et pacifiée, Didon incarne une figure de pouvoir féminin, bâtisseuse et souveraine. L’arrivée d’Énée fait vaciller cet équilibre : entre amour et devoir, désir et destin, leur relation porte en elle les prémices d’une rupture irréversible. Derrière la tragédie intime se dessine une tension plus vaste entre deux visions du monde — Carthage, terre d’accueil, et Rome, puissance en devenir — annonçant symboliquement les conflits à venir.
En replaçant cette œuvre sur le sol même où s’ancre le mythe — l’actuelle Tunisie — cette production en ravive toute la portée historique et contemporaine. Elle interroge, à travers une histoire d’amour et de perte, les notions d’exil, d’appartenance et de frontière, dans un monde où les circulations humaines et les fractures géopolitiques résonnent avec une acuité particulière.
Figure à la fois puissante et vulnérable, Didon traverse le temps comme une héroïne profondément moderne, prise entre raison d’État et bouleversement intime. À travers elle, Didon & Enée révèle une humanité universelle, où se croisent mémoire, désir et tragédie.
Durée: 1 h 10
Équipe artistique
• Mise en scène & chorégraphie : Omar Rajeh (Liban)
• Direction musicale : Stéphane Fuget – Les Épopées (France)
Distribution
• Didon : Nesrine Mahbouli
• Enée : Haythem Hadhiri (14 mai) / Khalil Saied (15 mai)
• Belinda : Lilia Ben Chikha
• Sorceress : Maram Bouhbal
• First Witch : Wajd Akrout
• Second Witch : Oumaima Ben Amar
• Second Woman : Mayssa Attar
• Sailor : Houssem Ben Moussa (14 mai) / Hatem Nasri (15 mai)
• Spirit : Gaith Ben Saad (14 mai) / Mohamed Ali Zouch (15 mai)
Ensembles
• Musiciens baroques des Épopées et musiciens de l’Orchestre de Tunis
• Ballet du Théâtre de l’Opéra de Tunis
• Chœur du Théâtre de l’Opéra de Tunis
Crédits
Photos : Opéra de Tunisie
Accessoires et costumes : Anissa Aida


