Pour son troisième rendez-vous, la 44ᵉ édition du Festival international de Boukornine a accueilli Noor et Selim Arjoun, le duo qui fait vibrer la jeunesse tunisienne. Quinze ans après leur dernière prestation sur cette scène, les deux artistes ont signé un retour particulièrement attendu.
Depuis le début de leur aventure commune, Noor et Selim Arjoun ont construit un univers qui leur ressemble : elle écrit et chante, lui compose et donne vie au piano. De cette complicité est née une pop tunisienne poétique, où se mêlent influences blues, jazz et sonorités orientales. Portées par des textes en dialecte tunisien, leurs chansons évoquent l’identité, les rêves et l’attachement au pays. Une formule qui a séduit le public, de leur premier album Identity jusqu’aux grandes scènes des festivals en Tunisie et à l’étranger.
Au cours de la soirée, le duo a interprété plusieurs de ses titres les plus appréciés, notamment Helma, Streams, Lik Snine et Houyem. Avant de reprendre Narjaâlek Dima, les deux artistes ont rendu un hommage émouvant au regretté Yasser Jradi. Des chansons qui touchent, parce qu’elles expriment avec des mots simples les aspirations et les émotions de toute une génération.
La soirée a également été marquée par la participation de Dhalma. Fidèle à sa collaboration avec le duo, l’artiste est remonté sur scène pour interpréter Streams, le morceau grâce auquel il s’est fait connaître du grand public. Une prestation qui a électrisé le public.
Au-delà du concert, cette soirée a rendu hommage à toute une génération de jeunes artistes tunisiens qui, avec talent et audace, écrivent une nouvelle page de la musique du pays.
Noor et Selim Arjoun ont également annoncé préparer un nouvel album intitulé Arjoons. Un projet mûrement réfléchi, fruit d’un long travail de sélection des morceaux et d’une volonté constante de rester ouverts aux collaborations artistiques. Le premier titre de cet album sera d’ailleurs interprété en anglais, illustrant leur désir d’explorer de nouveaux horizons.
Derrière cette énergie, les deux artistes disent avancer selon une règle qui leur est chère : les trois « P » — patience, passion et persévérance. Trois valeurs qui résument leur parcours, fait de travail, de constance et d’amour de la musique.
L’émotion a atteint son apogée en fin de soirée. Visiblement heureux de retrouver cette scène, Noor et Selim Arjoun ont confié : « Nous sommes très heureux de remonter sur la scène de Boukornine après quinze ans. Cet endroit nous tient particulièrement à cœur : notre conservatoire est à deux pas d’ici. » Une déclaration empreinte de nostalgie qui rappelle que Boukornine n’est pas, pour eux, une scène comme les autres, mais un lieu intimement lié à leurs premiers pas dans la musique.
Une soirée réussie, qui confirme que la chanson tunisienne a encore de beaux jours devant elle. Avec une programmation éclectique, la 44ᵉ édition du Festival international de Boukornine continue, chaque soir, d’offrir une nouvelle couleur musicale.
Khouloud Azzabi



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