Dans un communiqué rendu public le 5 septembre 2026, le Conseil de la Presse a exprimé sa vive inquiétude à la suite de l’arrestation du journaliste Mohamed Youssfi, également membre de son comité d’éthique. L’interpellation est survenue dans la soirée du vendredi 4 septembre, au moment où l’intéressé s’apprêtait à pénétrer dans les locaux d’une station de radio privée pour intervenir dans une émission dédiée à la crise de l’eau. L’organisation qualifie cet événement d’indicateur grave qui vient s’ajouter à un historique de pressions s’exerçant sur les médias et leurs acteurs.
Tout en rappelant le principe d’équité devant la loi et la légitimité des procédures d’enquête, l’instance d’autorégulation souligne que ces démarches ne doivent pas être détournées de leur cadre pour neutraliser les garanties légales accordées aux journalistes. Le Conseil met en garde contre la banalisation de ces poursuites répétées, estimant qu’elles entretiennent un climat d’intimidation propre à favoriser l’autocensure et à tarir les sources d’information, ce qui nuit directement au droit des citoyens à accéder à des données fiables et de qualité.
Afin de remédier à cette crise, l’organisation formule une série de revendications urgentes. Elle exige la libération immédiate de Mohamed Youssfi ainsi que le respect de l’indépendance de la justice. Elle appelle au respect strict du secret des sources, à la réhabilitation des mécanismes professionnels de régulation pour traiter d’éventuels manquements, et à la cessation de toute forme de harcèlement menaçant la liberté d’expression.
Le Conseil de la Presse attribue la responsabilité de la dégradation de ce paysage médiatique au pouvoir politique. Selon le communiqué, la réduction progressive des espaces de débat, de critique et de pluralisme fragilise l’exercice d’un journalisme d’intérêt public essentiel à la société.