Quelle relation unit le réchauffement climatique et les rapports établis entre les pays ? Des États européens fournissent à leurs éventuels voyageurs des indications sur les coupures d’eau et d’électricité en Tunisie. En même temps, par sa violence inouïe et soudaine, la tornade survenue en France, à Aude, incite la porte-parole d’EDF à la comparer aux bourrasques provoquées par les tornades américaines. De même, l’éboulement rocheux et la coulée de boue au Népal sont mis en rapport avec le réchauffement climatique.
Mises bout à bout, ces catastrophes naturelles pointent vers une certaine communauté humaine suggérée à la barbe des guerres meurtrières. « A quelque chose malheur est bon », dit-on. Mais le spectre de ce danger partagé n’a pas l’air de contribuer à solidariser les sociétés.
Les relations internationales suivent leur cours sans lien avec la fournaise infernale devenue partout quasi tropicale. Cependant, au plan des rapports internationaux, quelques initiatives tâchent de limiter la chienlit de la zizanie. Ainsi, la Turquie remerciait les États-Unis d’avoir mis fin à l’inscription de la Syrie parmi les pays souteneurs du terrorisme. Cette prise de position retire à Israël son prétexte pour grignoter le Sud libanais. Ces procédures, contradictoires en apparence, ne changent rien car elles trouvent leur cohérence dans l’objectif recherché par l’occupant implanté, d’après lui, pour longtemps. Semblable intention rejoint ce propos de Robert Brasillach : « L’histoire est écrite par les vainqueurs ». Mais n’en déplaise à l’auteur de pareille formulation, pour une part bornée, il s‘agit de préciser à quel moment de l’histoire elle serait dite achevée. La résistance palestinienne, sans répit attaquée, n’est guerre terminée. Le ressentiment soulevé de par le monde contre le « vainqueur » génocidaire suggère de ne guère stopper l’historicité là où elle outrepasse l’ici et maintenant. Arrêter l’exploration à l’année où Bourguiba fut emprisonné par le « vainqueur » du moment biffe le temps parcouru jusqu’à l’instant où l’insurrection, montée à l’assaut de la colonisation, vaincra l’occupant. Le ressentiment, nerf de l’histoire sociale, fut au principe de la décolonisation.
Le 25 août, Netanyahu dit : « Un accord diplomatique n’est pas possible avec ces sauvages. »
De même, lorsque les conquistadors, partis conquérir l’Amérique, massacrèrent les Indiens pour usurper leur territoire, un conclave romain posait la question : « Les Aborigènes ont-ils une âme ? »
Au cas où ils n’en auraient pas, les canarder ne commettrait pas de péché. Maintenant, Netanyahu reprend la même argumentation.
Les « sauvages » sont faits pour être massacrés. Les Palestiniens sont faits pour être génocidés.
Tirer sur les « sauvages » pour occuper leur territoire cligne vers le massacre des Aborigènes dépourvus d’âme. Dans les deux cas de figure, il faut diaboliser pour éliminer sans risquer de se voir accusé.
Ursula Von Der Leyen dénonce le drame sanitaire des Palestiniens livrés aux affres de la chaleur caniculaire.
Pour Netanyahu, Ben Gvir et leurs confrères, l’effet mortifère de la canicule sert leur affaire génocidaire.
Les sionistes ont-ils une âme ? Leur attribuer le moindre sens éthique méconnaît la raison de leur politique. Distribuer des armes aux colons pour déraciner les Palestiniens désarmés afin d’usurper leur terre en dit long sur le processus engagé depuis l’Irgoun et poursuivi jusqu’à aujourd’hui. Trump critique parfois Netanyahu et soutient toujours son action. Dans ces conditions, la création et l’existence d’Israël ont partie liée avec une pratique et une intensialité belliqueuses et crapuleuses.
Ainsi bâti sur la force imposée au droit, Israël donne à voir, aujourd’hui, le pays le plus haï par les insoumis au parti pris des États-Unis. γ