Les Marocains se sont rendus aux urnes le mercredi 23 septembre 2026 pour renouveler les 395 sièges de la Chambre des représentants. Près de 15,8 millions d’électeurs étaient inscrits sur les listes, un chiffre en recul par rapport à 2021, notamment en raison d’une faible inscription chez les jeunes générations.
Les résultats provisoires, annoncés ce jeudi 24 septembre par le ministre de l’Intérieur Abdelouafi Laftit, consacrent la victoire du Parti authenticité et modernité (PAM), qui décroche 97 sièges. Il devance largement le Rassemblement national des indépendants (RNI), crédité de 66 sièges, ainsi que le Parti de l’Istiqlal, qui en obtient 65. Le Parti de la justice et du développement (PJD) réalise, pour sa part, un net redressement avec 54 sièges, contre seulement 13 en 2021, marquant ainsi son retour sur le devant de la scène politique après la déroute historique subie lors du précédent scrutin.
Ces résultats redessinent les équilibres au sein de la coalition gouvernementale sortante. Le PAM, jusque-là troisième force de cette alliance, la devance désormais nettement, tandis que le RNI accuse un net recul en perdant 36 sièges et l’Istiqlal 16. Réunis, ces trois partis totalisent 228 sièges, un score largement suffisant pour disposer d’une majorité absolue à la Chambre des représentants, fixée à 198 sièges. Le PAM devrait ainsi être en position de conduire la formation du prochain gouvernement.
Le scrutin a par ailleurs été marqué par une participation en net recul, avec un taux de 38,02 % à la fermeture des bureaux de vote, le plus faible enregistré depuis 2007. Ce chiffre doit toutefois être relativisé : en 2021, les élections législatives s’étaient tenues le même jour que les scrutins régionaux et communaux, ce qui avait mécaniquement dopé la mobilisation. Il n’en demeure pas moins que les jeunes électeurs restent largement absents du processus, les moins de 25 ans ne représentant qu’une infime part du corps électoral inscrit.
La campagne, elle, aura été marquée par des tensions internes au sein de la coalition sortante, tandis que le PJD a mené une mobilisation efficace de sa base électorale sous la conduite d’Abdelilah Benkirane, lui permettant de retrouver un poids politique significatif.
Ces élections ouvrent ainsi un nouveau cycle politique au Maroc, la majorité qui en sera issue étant appelée à gouverner le pays jusqu’à l’organisation de la Coupe du monde 2030, coorganisée avec l’Espagne et le Portugal.
0