Le poète, essayiste, traducteur et universitaire tunisien Abdelaziz Kacem vient de recevoir le Prix international de poésie « Ciudad de Cartago » 2026, dans la catégorie des littératures arabes. Le jury a voulu saluer l’ensemble d’une œuvre qui fait dialoguer, depuis des décennies, les cultures arabe et hispanique. Dans la catégorie des littératures hispaniques, la distinction est revenue, à l’unanimité, au poète, écrivain et éditeur espagnol Basilio Rodríguez Cañada, honoré lui aussi pour l’ensemble de son parcours.
Un prix tourné vers le dialogue des cultures
Le prix est organisé par la Faculté des lettres, des arts et des humanités de l’Université de La Manouba et l’Association tunisienne des hispanistes. Il s’inscrit dans les Rencontres internationales tuniso-espagnoles et hispano-américaines des intellectuels et écrivains. Son ambition est de faire rayonner Tunis et Carthage dans la littérature contemporaine et de distinguer des auteurs dont l’audience dépasse les frontières.
Il n’y a pas de candidatures : les noms sont proposés par les organisateurs, puis départagés par un jury international présidé par Ridha Mami, professeur à l’université de la Manouba. Ce jury réunissait des universitaires et écrivains de Tunisie, d’Espagne, de Colombie, de France, du Mexique et du Venezuela. Parmi les lauréats précédents figurent Luis Eduardo Aute, José María Paz Gago et Andrés Aberasturi, ce qui dit le prestige de la récompense.
Un parcours entre deux langues
Bilingue en arabe et en français, Abdelaziz Kacem n’a cessé, dans sa poésie comme dans ses essais, de rapprocher l’Orient et l’Occident. Il a enseigné à l’Institut de presse et des sciences de l’information, à l’École normale supérieure de Tunis et à la Faculté des lettres de La Manouba. Il a aussi donné cours et conférences à Bruxelles, Luxembourg, Leipzig, Bordeaux et Toulouse, et pris part à des colloques à l’Académie royale de Belgique, au PEN Club de Bruxelles et au Parlement européen.
Son œuvre poétique comprend notamment Nawbat hubb fî ‘asr al-karâhiyya, couronné par le prix Ibn Zaydoun de l’Institut hispano-arabe de culture de Madrid, et Zajals. Ses essais examinent les relations entre mondes arabe et occidental : Culture arabe / Culture française (2002), Al-Andalus : vestiges d’une utopie (2013) et L’Occident et nous, et vice versa (2016).
Il est Commandeur de l’Ordre du mérite culturel tunisien et Officier de l’Ordre des Arts et des Lettres en France. L’Académie française lui a décerné en 1998 le prix du Rayonnement de la langue et de la littérature françaises. Il préside d’honneur la Maison internationale de la poésie Arthur Haulot, à Bruxelles.
En l’honorant, le prix « Ciudad de Cartago » salue un passeur dont l’œuvre, nourrie d’héritage arabe, de références méditerranéennes et d’ouverture aux lettres européennes, rappelle que les identités s’enrichissent en se rencontrant.
(D’après rootstv.tn)