La Chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière près le Tribunal de première instance de Tunis a décidé, ce jeudi, de reporter l’examen de l’affaire dite « Instalingo » à la séance du 2 avril prochain. Ce dossier implique plusieurs suspects dont Yahya Kehili, Soumaya Ghannouchi et Adel Daâdaâ.
Ce report intervient après que la chambre d’accusation de la Cour d’appel de Tunis a ordonné, en novembre dernier, le renvoi de quinze prévenus devant la juridiction criminelle financière. Les accusés font face à de lourdes charges liées à la constitution d’une entente criminelle dans le but de blanchir de l’argent. La justice leur reproche notamment d’avoir exploité des facilités découlant de leurs activités professionnelles et sociales pour commettre ces infractions. Dans le cadre de cette procédure, un mandat de dépôt a été émis à l’encontre de Yahya Kehili, propriétaire de l’entreprise Instalingo.
Pour rappel, l’affaire « Instalingo » constitue l’un des dossiers judiciaires les plus denses et les plus médiatisés. A l’origine, cette affaire concerne une société de production de contenu numérique basée à Kalâa Kebira, initialement suspectée en 2021 de mener des activités attentatoires à la sûreté de l’État. Ce qui n’était au départ qu’une enquête sur la diffusion de fausses nouvelles s’est rapidement transformé en une instruction d’envergure touchant aux fondements mêmes de la stabilité institutionnelle et à la transparence des flux financiers.
Le cœur du dossier repose sur de graves accusations de blanchiment d’argent et de constitution d’une entente criminelle. La justice soupçonne les responsables de l’entreprise d’avoir utilisé leurs structures professionnelles comme une façade pour introduire des fonds illicites en Tunisie, tout en orchestrant des campagnes de désinformation visant à déstabiliser l’ordre public. L’implication de figures de premier plan, telles que Rached Ghannouchi, sa fille Soumaya, l’ancien chef du gouvernement Hichem Mechichi ou encore l’homme d’affaires Adel Daadaa, confère à ce procès une dimension nationale et internationale, d’autant que plusieurs prévenus sont actuellement poursuivis en état de fuite à l’étranger.
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