La chambre d’accusation spécialisée dans les affaires de corruption financière auprès de la Cour d’appel de Tunis a prononcé des mises en accusation pour blanchiment d’argent à l’encontre de Soumaya Ghannouchi, fille du président du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi, ainsi que 14 autres prévenus, dont l’homme d’affaires Adel Daâddaâ, le propriétaire de la société Instalingo, et huit représentants légaux de diverses entreprises, selon Hakaekonline.
La chambre d’accusation a également ordonné l’émission d’un mandat de dépôt à l’encontre de Haythem Kehili.
Pour rappel, l’affaire Instalingo est devenue l’un des dossiers judiciaires les plus suivis de Tunisie ces dernières années. Elle implique la société Instalingo, spécialisée dans la création de contenus numériques, et plusieurs personnalités politiques et économiques de premier plan. L’enquête a débuté en septembre 2021, suite à des soupçons d’atteinte à la sécurité de l’État, de manipulation de l’opinion publique via les réseaux sociaux et de blanchiment d’argent. Au total, plus de quarante personnes sont concernées, dont des journalistes et des personnalités publiques.
Le 5 février 2025, la chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis a rendu son verdict. Les peines prononcées vont de 5 à 54 ans de prison, selon les accusés. Les condamnations les plus lourdes concernent Salem Kehili (54 ans), Haythem Kehili (28 ans), Hichem Mechichi (35 ans, ancien chef du gouvernement) et Soumaya Ghannouchi (25 ans, par contumace). D’autres prévenus ont également été condamnés à de fortes amendes ou à la confiscation de leurs biens.
L’affaire Instalingo dépasse le cadre judiciaire. Elle est perçue par certains comme une dimension politique, en raison de la présence de figures d’Ennahdha parmi les condamnés dont le chef du mouvement Rached Ghannouchi.
264