AI-Forward Summit : les pays arabes appelés à construire une gouvernance commune de l’IA

La deuxième édition de l’AI-Forward Summit a démarré mercredi 9 septembre à Yasmine Hammamet, avec la participation de responsables, d’experts et d’acteurs du secteur de l’intelligence artificielle issus de plusieurs pays arabes et africains. Organisée par l’Organisation arabe des technologies de l’information et de la communication (AICTO), en partenariat avec le ministère tunisien des Technologies de la communication, la rencontre se tient sous le thème « Façonner l’avenir de l’IA, de la vision à la valeur ».

Les travaux ont notamment mis en avant la nécessité de mettre en place un cadre arabe commun pour la gouvernance de l’intelligence artificielle, alors que cette technologie s’impose progressivement dans les différents secteurs économiques et sociaux. Les participants ont également insisté sur le renforcement de la coopération régionale afin de réduire les fractures numériques et de limiter la dépendance technologique.

Intervenant à l’ouverture, le secrétaire général de la Ligue des États arabes, Nabil Fahmy, a estimé que les pays de la région devaient, parallèlement à la gestion des crises politiques et des défis immédiats, accorder davantage d’attention à la préparation de leur jeunesse aux mutations à venir. Il a rappelé que plus de 65 % de la population arabe âgée de moins de 30 ans constituait un potentiel majeur pour le développement de la région.

Nabil Fahmy a également présenté les grandes lignes de son initiative baptisée « Un nouvel agenda arabe », articulée autour de trois axes : la réponse aux problématiques régionales, le développement institutionnel et le développement durable. Il a appelé les organisations arabes à évoluer afin de participer à la définition de l’avenir de la région, plutôt que de se limiter à utiliser des technologies développées ailleurs.

Passer de la vision à la valeur
De son côté, le directeur général de l’AICTO, Mohamed Ben Omar, a souligné que l’intelligence artificielle était désormais présente dans l’ensemble des domaines de la vie et de l’activité économique. Il a expliqué que l’organisation avait notamment pour mission d’accompagner les pays arabes dans cette transformation et de les aider à relever les défis qui l’accompagnent.

Selon lui, le thème de cette deuxième édition traduit la volonté de permettre aux pays arabes et africains de tirer pleinement parti des opportunités offertes par l’IA. Il a notamment insisté sur la nécessité de renforcer les partenariats régionaux afin de faciliter les investissements dans les infrastructures, les centres de données et les différentes composantes de l’écosystème de l’intelligence artificielle.

Le partage des expériences et des initiatives ayant fait leurs preuves figure également parmi les priorités mises en avant lors du sommet.

Souveraineté numérique et capital humain
Pour sa part, le secrétaire d’État chargé de la Migration, Mohamed Ben Ayed, a insisté sur la nécessité de trouver un équilibre entre progrès scientifique et considérations éthiques. Il a estimé que l’intelligence artificielle ne constituait plus une simple technologie émergente, mais une force de transformation susceptible de modifier en profondeur les modes de vie, les économies et les relations internationales.

La Tunisie défend, selon lui, une approche faisant de l’IA un outil de réduction des disparités de développement plutôt qu’un facteur supplémentaire d’inégalités. Cette approche passe notamment par l’investissement dans le capital humain, l’éducation et la recherche scientifique.

Le responsable tunisien a également mis l’accent sur la nécessité de préserver la place de la langue arabe dans les systèmes d’intelligence artificielle et de garantir un accès équitable aux connaissances produites par ces technologies.

Au nom du ministre des Technologies de la communication, le président-directeur général du Centre d’études et de recherches des télécommunications, Haider Haragui, a, de son côté, souligné l’importance de la préparation numérique, du renforcement de la cybersécurité et du développement de la recherche technologique pour accompagner l’évolution rapide de l’IA.

Un indice régional pour mesurer la préparation à l’IA
Les travaux de l’AI-Forward Summit se poursuivront durant deux jours à travers plusieurs sessions de dialogue et ateliers consacrés à la gouvernance numérique, à l’innovation et aux conditions d’adoption de l’intelligence artificielle.

Parmi les initiatives annoncées figure le lancement d’un indice régional baptisé « Al-Mostakbal » (« L’avenir »), destiné à mesurer le niveau de préparation des pays arabes face à l’intelligence artificielle et à suivre leurs progrès.

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