La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a effectué une visite officielle en Algérie mercredi. Cette rencontre entre dans un contexte où l’Europe cherche à sécuriser ses approvisionnements en gaz, perturbés par le conflit en Iran et les tensions dans le détroit d’Ormuz.
À l’issue de son entretien avec le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, Mme Meloni a indiqué lors d’une conférence de presse conjointe que les deux pays s’étaient engagés à approfondir leur coopération. Cet engagement passe par l’exploration de nouvelles voies, notamment l’exploration offshore, afin d’accroître les livraisons de gaz algérien vers l’Italie.
La cheffe du gouvernement italien a par ailleurs rappelé que le gazoduc TransMed, également désigné sous le nom de gazoduc Mattei, relie les deux pays depuis les années 1980. Elle a souligné que cette infrastructure témoigne du rôle pionnier qu’ils jouent de longue date dans le domaine de la coopération énergétique.
Des préoccupations communes sur le Liban et la Palestine
Au cours de cette visite, les deux responsables ont également abordé des questions régionales. Mme Meloni a fait savoir que l’Italie et l’Algérie avaient exprimé leur inquiétude face à l’escalade militaire au Liban. Elles ont appelé la communauté internationale à agir en faveur de la stabilité régionale et d’une solution à deux États.
De son côté, M. Tebboune a affirmé que la fiabilité des exportations de gaz algérien conférait à son pays un statut de partenaire clé pour l’Italie et pour les autres pays européens en quête de sécurité énergétique. Le président algérien a annoncé que les deux parties s’étaient engagées à accélérer la création d’une Chambre de commerce algéro-italienne, dans l’objectif de renforcer leurs liens économiques.
Sur le dossier palestinien, M. Tebboune a réitéré la condamnation par l’Algérie des exactions commises contre les Palestiniens dans la bande de Gaza. Il a appelé à une intensification des efforts internationaux pour parvenir à une solution juste et durable garantissant leurs droits légitimes, notamment le droit à un État indépendant conformément au droit international.
Un contexte marqué par les tensions géopolitiques
Les deux parties ont également convenu que les solutions à la question du Sahara occidental devaient s’inscrire dans le cadre des résolutions des Nations unies. Cette visite intervient alors que la demande européenne de gaz naturel algérien ne cesse de croître. L’instabilité au Moyen-Orient, couplée aux tensions autour du détroit d’Ormuz, perturbe en effet les approvisionnements énergétiques mondiaux, ce qui renforce l’importance des partenariats alternatifs pour l’Europe.
MBY
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