Fermé depuis près de quatorze ans, le Musée national de Tripoli rouvrira officiellement ses portes le 12 décembre courant. Un événement symbolique fort pour un pays qui tente de reconstruire ses repères culturels après plus d’une décennie de bouleversements politiques et sécuritaires.
Entièrement restauré, le musée revient avec une nouvelle identité muséographique conforme aux standards internationaux. Les travaux ont concerné aussi bien les infrastructures que les espaces d’exposition et les dispositifs scénographiques. Des équipes nationales, issues de différentes régions libyennes, ont été mobilisées pour redonner vie à cette institution emblématique, appelée à reprendre sa place sur la carte du patrimoine mondial.
Cette réouverture s’inscrit dans une volonté affichée du gouvernement d’unité nationale de réhabiliter le patrimoine historique et de redynamiser les institutions culturelles. Le musée devient ainsi un instrument stratégique de reconstruction de la mémoire collective et de consolidation de l’identité nationale, longtemps reléguée au second plan par l’instabilité.
Des trésors archéologiques d’une valeur inestimable
Le public pourra découvrir des pièces archéologiques exceptionnelles, parmi lesquelles la célèbre momie de « Wan Muhijjag », considérée comme la plus ancienne d’Afrique, ainsi que la momie d’Al-Jaghboub datant de plus de 1 800 ans. Le musée abritera également des artefacts préhistoriques, des vestiges des civilisations romaine, grecque et byzantine, ainsi qu’une collection remarquable de mosaïques, dont la célèbre œuvre des « Quatre saisons ».
Un espace spécifique est réservé aux pièces archéologiques restituées de l’étranger, aux civilisations des anciennes tribus libyennes, à l’histoire islamique et au patrimoine traditionnel. Le musée comprend aussi des salles consacrées aux figures nationales et aux moudjahidines. Des technologies immersives — écrans interactifs, cartes numériques et reconstitutions virtuelles — permettront d’explorer les paysages désertiques et la diversité naturelle du pays.
La réouverture du Musée national dépasse la simple dimension culturelle. Elle s’inscrit dans un effort plus large visant à renforcer la stabilité à Tripoli, relancer le secteur touristique et stimuler l’économie liée à la culture. C’est aussi un message clair : la Libye refuse de rester prisonnière de ses crises et cherche à renouer avec son héritage millénaire.
La cérémonie d’ouverture sera marquée par un spectacle musical d’envergure assuré par l’Orchestre international italien de musique de cinéma, une première en Libye. Des performances artistiques et visuelles retraceront les grandes étapes de l’histoire libyenne. Le Premier ministre Abdelhamid Dbeibah, les membres du Conseil présidentiel, de hauts responsables de l’État, ainsi que plusieurs ambassadeurs et diplomates sont attendus.
La réouverture du musée s’inscrit dans le cadre de la cinquième édition des Journées médiatiques de Tripoli 2025, un rendez-vous devenu incontournable pour les acteurs des médias, les experts et les créateurs de contenu. L’objectif est clair : repenser le paysage médiatique libyen et ouvrir de nouvelles perspectives de coopération régionale.
En parallèle, l’ambassade de Libye en Tunisie organisera, le 12 décembre 2025, une cérémonie officielle pour marquer cet événement. Cette initiative vise à promouvoir le patrimoine libyen et à renforcer la coopération culturelle tuniso-libyenne, en présence de diplomates, d’intellectuels, de journalistes et d’acteurs de la société civile.