Le Conseil ministériel restreint, réuni ce mercredi 12 août 2026 au Palais du Gouvernement à la Kasbah sous la présidence de Sarra Zaâfrani Zenzeri, a tranché : c’est bien la société Tunisie Autoroutes qui continuera d’exploiter les autoroutes A1 et A2. Deux nouvelles conventions de concession seront signées avec l’opérateur historique, l’une pour le tronçon Hammam-Lif – Msaken de l’A1, dont la concession actuelle arrive à échéance fin 2028, l’autre pour l’A2 Tunis-Jelma, encore en chantier, afin qu’elle soit prête à fonctionner sous péage dès la fin des travaux prévue en 2027.
En ouverture des travaux, la Cheffe du Gouvernement a tenu à replacer ce dossier dans une perspective plus large que la simple attribution de concessions : il s’agit, a-t-elle expliqué, d’assurer la pérennité et la rentabilité économique et sociale d’un service public stratégique, tout en préservant les intérêts de l’État et en garantissant le bon usage des investissements publics.
Le choix de reconduire Tunisie Autoroutes n’est pas anodin. L’entreprise gère aujourd’hui un réseau de 743 km de routes ouvertes à la circulation, dont 567 km sont déjà soumis au régime du péage. Son expérience accumulée, ses équipements et ses systèmes d’exploitation déjà rodés ont pesé dans la balance, le gouvernement y voyant la garantie d’une continuité de service et d’un maintien du contrôle étatique sur une infrastructure jugée d’intérêt national.
L’autoroute A2, qui relie Tunis à Jelma en traversant les gouvernorats de Ben Arous, Zaghouan, Kairouan et Sidi Bouzid, est un chantier d’ampleur inédite dans le pays : ses 186 km en font la plus longue autoroute jamais construite en Tunisie en une seule phase, pour un coût avoisinant les 1 700 millions de dinars répartis sur huit tranches. Le projet, dont le lancement avait été donné par le président Kaïs Saïed, recourt pour la première fois en Tunisie à des techniques de construction et des procédés d’ingénierie avancés, tant pour la chaussée que pour les ponts et ouvrages d’art. Il doit contribuer à désenclaver l’intérieur du pays et à dynamiser son développement régional.
Devant le Conseil, le ministre de l’Équipement et de l’Habitat, également en charge de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, Salah Zouari, a présenté les conclusions d’une étude passant en revue les différentes options envisageables pour l’exploitation des deux tronçons concernés. Les scénarios proposés ont ensuite été examinés sous l’angle juridique, économique, social et financier, avant que le choix ne se porte sur la reconduction de l’opérateur historique.
Au-delà de la question des concessions, Sarra Zaâfrani Zenzeri a rappelé le rôle structurant du réseau autoroutier dans le désenclavement des régions et la circulation des personnes et des marchandises, plaidant pour une approche équilibrée entre impératifs financiers, considérations sociales et bonne gestion des infrastructures. Elle a par ailleurs demandé une accélération des travaux de l’A2, appelant les entreprises chargées du chantier à mobiliser tous les moyens humains et logistiques nécessaires pour éviter les retards et respecter les délais contractuels.
Rappelons que cette décision intervient dans un contexte tendu pour les usagers de l’A1. Les chantiers de renforcement de la chaussée menés ces derniers mois entre Sousse et Tunis — notamment au niveau de Sidi Khalifa et sur le tronçon PK 69-PK 84 — ont provoqué à plusieurs reprises d’importants embouteillages, certains automobilistes rapportant des temps d’attente dépassant l’heure. Ces désagréments se sont trouvés amplifiés par les fortes chaleurs estivales, Tunisie Autoroutes ayant elle-même appelé à plusieurs reprises les usagers à la vigilance face aux risques que la canicule fait peser sur les véhicules immobilisés dans les bouchons. La société s’est défendue en rappelant le caractère indispensable de ces travaux pour la sécurité routière, tout en pointant aussi le comportement de certains conducteurs comme facteur aggravant des ralentissements.