Les tergiversations continuent au Moyen Orient. A chaque jour son lot d’incidents et de déclarations. Parfois des escarmouches, d’autres fois des combats frontaux. Tout ça sur fond d’une « trêve » supposée permettre à la diplomatie de gagner du terrain sur le bruit des armes.
Des déclarations contradictoires de part et d’autre, un jour on menace, un autre on appelle à l’apaisement. Entre temps, c’est le monde entier qui attend d’y voir plus clair étant donné les retombées sur l’économie mondiale, presque totalement dépendante des énergies fossiles et des routes maritimes permettant l’accès aux marchés et la fluidité de la circulation des marchandises.
Le détroit d’Ormuz est, dans cette mesure, incontournable. Un blocus de part et d’autre, ne peut qu’entraver le développement économique mondial et aggraver l’inflation. Une inflation qui semble, cette fois, durablement plus élevée », selon les experts. Et chaque jour de blocage supplémentaire ne fait qu’accentuer les conséquences économiques à long terme.
Qu’en est-il pour le prix du pétrole ?
Pour les marchés du pétrole, chaque nouveau jour sans réouverture du détroit d’Ormuz aggrave les conséquences économiques du conflit entre l’Iran et les Etats-Unis, en dépit du cessez-le-feu décrété entre les deux belligérants et des déclarations encourageantes de la Maison-Blanche.
Même au Etats Unis, la production de pétrole au Texas n’est pas à l’abri des conséquences du conflit en Iran, selon les investisseurs.
Le prix du baril de Brent s’est détendu mardi, passant de 114 à 110 dollars. Mais il reste quand même élevé, bien qu’il s’éloigne du record de clôture atteint durant le conflit à 118 dollars. Une situation qui risque de durer. Les contrats à terme suggèrent que le cours du pétrole sera encore supérieur à 95 dollars fin décembre.
L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a qualifié la situation actuelle de « plus grande perturbation de l’approvisionnement de l’histoire du marché mondial du pétrole ».
Avant la fermeture du détroit d’Ormuz, il y transitait plus de 20 % du commerce mondial de gaz liquéfié et de pétrole, ainsi qu’un tiers du commerce d’engrais cruciaux pour la production agricole de nombreux pays.
Selon les experts de l’AIE, e choc aura un impact durable sur les prix du pétrole et du gaz car s’il a suffi de quelques jours pour que la guerre affecte le trafic mondial des hydrocarbures, le retour à la normale sera beaucoup plus long.
Réduction de l’offre et augmentation de la demande
Le blocus du détroit d’Ormuz a créé au fait une situation de multiples chocs. Une production en chute dans la région du Golfe. Selon les chiffres fournis par l’AIE, la production du pétrole a chuté durant le mois de Mars 2026 de 10 millions de baril par jour.
Ce chiffre, confirmé par le site « Connaissance des Energies » est conjugué à une baisse importante à hauteur de 60 % au niveau de l’exportation, chose qui explique la hausse fulgurante des prix du pétrole.
Et pour cause. Les missiles et drones iraniens ont endommagé une dizaine d’infrastructures pétrolières, autant d’installations gazières et quatre pipelines. En outre, faute de capacités de stockage suffisantes, plusieurs pays ont volontairement réduit leur activité : au cours du mois de mars, le Bahreïn a pratiquement interrompu sa production de pétrole. Elle a chuté de 78 % en Irak, de 65 % au Koweït et de 25 % en Arabie saoudite, toujours selon le rapport de l’AIE.
Krimi Abderrazek