La circulaire n°2 de 2026, émise par la Présidence du Gouvernement, fixe les orientations budgétaires pour l’année 2027. Ce document intervient dans un climat économique marqué par des pressions internes et des fluctuations extérieures. Le budget 2026 a révélé l’ampleur des difficultés avec un déficit financier d’environ 11 milliards de dinars, ce qui représente 6,4 % du produit intérieur brut. Par ailleurs, la masse salariale a dépassé 25 milliards de dinars en 2026. À cela s’ajoute le service de la dette. En conséquence, ces deux postes absorbent près des deux tiers du budget national. Le budget 2027 doit donc trouver un équilibre entre la maîtrise de l’endettement et le maintien du rôle social de l’État.
Le choix de l’autosuffisance repose sur des indicateurs précis. Les ressources fiscales constituent plus de 80 % des revenus de l’État. D’autre part, l’amélioration du recouvrement et la lutte contre l’évasion fiscale deviennent des piliers pour 2027. Le gouvernement mise également sur l’expansion de la production nationale dans des secteurs stratégiques, à savoir l’agriculture, les industries agroalimentaires, l’énergie et la pharmacie. L’objectif est de réduire la pression sur les importations et d’améliorer la balance commerciale. En sus, l’investissement public sera prioritairement consacré à l’achèvement des projets en cours et au déblocage de ceux qui sont arrêtés. Les infrastructures de santé, les stations de dessalement d’eau, les transports publics et les énergies renouvelables sont concernés. Qui plus est, la transition énergétique est perçue comme un levier pour diminuer la dépendance aux devises étrangères nécessaires à l’importation de carburants.
Le volet social occupe une place centrale dans ces orientations. L’année 2026 a été marquée par de nombreux recrutements destinés à stabiliser le climat social. Pour 2027, les futures embauches seront liées aux besoins effectifs des secteurs vitaux tels que la santé et l’éducation. Par conséquent, l’État entend ouvrir le dossier de la réforme des caisses sociales afin de garantir la pérennité des finances publiques. Les subventions seront par ailleurs orientées de manière plus ciblée vers les populations qui en ont réellement besoin. Sur le plan administratif, la numérisation est présentée comme un choix pour réduire les coûts et améliorer la gouvernance. L’État s’engage à plafonner la croissance des dépenses de fonctionnement à 3 % par rapport à l’année précédente. En simplifiant les procédures, la transition numérique doit également favoriser l’investissement en réduisant la bureaucratie. Le soutien aux entreprises citoyennes et à l’économie sociale et solidaire est renforcé pour stimuler l’initiative locale dans les régions intérieures. Ce budget 2027 constitue ainsi un test pour la capacité de la Tunisie à passer d’une gestion de crise à la construction d’un modèle économique plus équilibré et indépendant.
MBY